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11. -
Quand l'homme tombe malade, cette énergie vitale
immatérielle (principe de vie), active par elle-même et partout
présente dans son corps, est, dès le début de la maladie, la seule
qui ressente l'influence dynamique (a) de l'agent morbide hostile à
la vie.
Seul le principe vital, après avoir été ainsi
désaccordé, peut procurer à l'organisme les sensations désagréables
qu'il éprouve et le pousser aux actions insolites que nous appelons
maladies. Car, étant invisible par elle-même et reconnaissable
seulement par ses effets dans l'organisme, cette entité énergétique
n'exprime et ne peut révéler son
dérèglement que par des manifestations
pathologiques dans les sensations et fonctions, c'est-à-dire par des symptômes morbides (manifestations qui seules sont
accessibles aux sens de l'observateur et du médecin).
(a) Qu'entend-on par
influence dynamique, par force dynamique? Nous constatons que notre
Terre, grâce à une force mystérieuse, invisible, fait tourner la
Lune autour d'elle en vingt-huit jours et quelques heures, et que
cela, combiné avec l'attraction solaire, produit dans nos mers
alternativement à des heures déterminées (avec quelques différences
au moment de la pleine et nouvelle Lune) le flux et le reflux, c'est-à-dire la marée.
Nous voyons cela et
nous nous en étonnons parce que nos sens ne se rendent pas compte de
quelle manière cela se produit. Évidemment il ne s'agit pas là d'un
travail réalisé par des machines, par des instruments mécaniques
comme ceux qu'utilisent les hommes. Et nous voyons ainsi, autour de
nous, encore bien d'autres faits résultant de l'action d'une
substance sur une autre, sans qu'on puisse y reconnaître un
enchaînement visible de cause à effet. L'homme cultivé, habitué à la
comparaison et à la déduction, peut seul s'en faire une idée
transcendante. En réfléchissant sur ces phénomènes, il les conçoit
comme dégagés de toute influence matérielle ou mécanique. Il appelle
ces effets dynamiques, virtuels, entendant par
là qu'ils résultent de la puissance et de l'action souveraine,
spécifique et pure, c'est-à-dire sans relation matérielle, d'un
élément sur un autre.
Ainsi, par exemple,
l'action dynamique des influences pathogènes sur l'homme sain, de
même que la puissance dynamique des médicaments sur le
principe vital pour rétablir la santé de l'être humain, ne sont rien
autre qu'une «contagion» absolument exempte de toute influence
matérielle ou mécanique, comme l'est la force d'un aimant quand il
attire puissamment un morceau de fer ou d'acier placé à proximité.
On voit que le morceau de fer est attiré par une extrémité (pôle) de
l'aimant, mais on ne voit pas comment cela se produit. Cette force
invisible de l'aimant n'a besoin pour attirer le fer d'aucun moyen
mécanique (matériel), crochet ou levier; elle l'attire et agit sur
lui ou sur une aiguille d'acier, par sa force purement immatérielle,
invisible - comme spirituelle en quelque sorte - et qui lui est
propre. C'est là une manifestation dynamique. Elle communique
ainsi invisiblement (dynamiquement) la force magnétielle à
l'aiguille d'acier. Celle-ci devient magnétique elle aussi, même
sans aucun contact avec l'aimant, si elle se trouve à une distance
assez courte de lui et communique à son tour à d'autres aiguilles
d'acier une propriété magnétique (dynamique) semblable à celle
qu'elle vient d'acquérir.
D'une manière
analogue un enfant atteint de variole ou de rougeole, contaminera en
l'approchant un enfant bien portant et cela sans le toucher. Cette
contamination s'opère d'une façon invisible (dynamique), à distance,
sans qu'aucune parcelle matérielle n'ait été communiquée ou ait pu
être transmise de l'un à l'autre, pas plus que du pôle de l'aimant à
l'aiguille d'acier voisine. Une influence spécifique purement
immatérielle a propagé à l'enfant placé dans le voisinage, la
variole ou la rougeole, d'une manière similaire à celle dont
l'aimant a transmis la propriété magnétique à l'aiguille voisine.
L'action des
médicaments sur l'homme vivant doit être jugée d'une façon analogue.
Les substances naturelles qui s'avèrent être des médicaments, ne le
sont qu'autant qu'elles ont le pouvoir (spécifique à chacune
d'elles) de modifier l'organisme humain, grâce à une influence
dynamique, incorporelle (par l'intermédiaire de la cellule vivante
et sensible) s'exerçant sur le principe vital immatériel qui régit
la vie.
Seul le pouvoir de
provoquer des changements dans l'état de la vie animale confère des
propriétés médicinales aux substances naturelles, que dans un sens
plus restreint nous appelons médicaments. Ce n'est qu'à ce principe
vital, incorporel, que s'étend l'influence immatérielle (dynamique)
des médicaments capables d'agir sur l'organisme. De même, la
proximité du pôle d'un aimant ne peut communiquer à l'acier qu'une
force magnétique immatérielle, (comme par une espèce de contagion)
et non transmettre d'autres propriétés purement physiques (par
exemple plus de dureté ou de malléabilité).
C'est ainsi que
chaque substance médicamenteuse, par une sorte de contagion modifie
l'état de l'homme d'une manière qui est essentiellement spécifique,
et non comme le ferait quelqu'autre médicament, cela aussi
certainement que le voisinage d'un enfant varioleux ne communiquera
à un enfant bien portant que la variole et jamais la rougeole.
C'est dynamiquement,
à la façon d'une contagion, que cette influence des médicaments se
produit sur notre organisme et cela sans la moindre transmission de
parcelle matérielle de la substance médicamenteuse.
La plus petite dose
d'un médicament très consciencieusement préparé et dynamisé - dans
laquelle, d'après les calculs, il y a si peu de matière, que son
infime quantité ne peut être imaginée ou conçue par les meilleurs
mathématiciens - manifeste, dans le cas de la maladie à laquelle ce
médicament convient, beaucoup plus de puissance
curative que de fortes doses matérielles du même médicament. Cette
dose extrêmement subtile, ne contenant presque uniquement que la
puissance médicinale immatérielle, dégagée et libérée, exercera, par
la seule action de cette puissance dynamique, des
effets si considérables, qu'il serait impossible d'en obtenir de
semblables avec la substance médicamenteuse à l'état brut, même
absorbée à dose massive.
Ce n'est pas dans les
atomes matériels de ces médicaments fortement dynamisés, ni dans la
grandeur de leur surface physique ou mathématique (interprétation
assez grossière du reste, mais vaine, du pouvoir considérable des
remèdes dynamisés) que réside, sous une forme invisible, une
puissance médicinale spécifique. C'est au contraire dans le tout
petit globule imprégné ou dans sa dilution, que demeure cette
énergie spécifique dégagée et libérée autant qu'il est possible de
sa substance brute. Cette puissance médicamenteuse, au moindre
contact de la cellule animale vivante, agit dynamiquement sur tout
l'organisme, (sans lui communiquer la moindre parcelle matérielle
quelconque, si subtile soit-elle) et d'autant plus fortement que par
le processus de dynamisation elle est devenue plus libre et plus
immatérielle (§ 270).
Est-il absolument
impossible à notre époque, qui se vante d'être si riche en esprits
éclairés et réfléchis, de se représenter la puissance dynamique
comme une chose incorporelle, alors que tous les jours nous voyons
des phénomènes ne pouvant s'expliquer autrement? Est-ce par un
vomitif absorbé à dose substantielle, dont l'action sur l'estomac
provoque des mouvements antipéristaltiques, que vous éprouverez un
haut-le-cour à la vue de quelque chose de répugnant? Ne s'agit-il
pas ici de l'action dynamique de ce spectacle écourant sur votre
seule imagination? (*). Est-ce par le moyen d'un levier ou d'un
outil matériel visible que vous levez le bras? N'est-ce pas
uniquement par la force immatérielle, dynamique (trad - psychique
- trad) de votre volonté qu'il se lève ?
(*) (trad -
Par le réflexe conditionné de Pavlov comme on dit
aujourd'hui - trad).
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