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Réponse aux critiques
Par le Dr. Samuel Hahnemann
ADDITION.
J'ai lu plusieurs critiques qui portaient à faux sur la seconde partie
de ma MATIÈRE MÉDICALE
PURE et notamment sur le mémoire intitulé : Esprit
de la médecine homéopathique.Je pourrais, à l'exemple de tant
d'autres, les présenter ici dans toute leur nudité; mais, je n'en
ferai rien. Je ne veux pas
me charger du péché d'éterniser ces folies et leurs auteurs, et
j'aime mieux ne point révéler ces faiblesses de mes contemporains à
la postérité, qui sera sans nul doute plus éclairée. (Mouais : commentaire de REM !)
Cependant
je me permettrai quelques réflexions générales.
Jouer
sur les mots, tordre le sens des phrases, se perdre en longs discours
inintelligibles auxquels on croit donner un vernis scientifique,
accumuler des injures, et emprunter des doutes à la théorie, quand il
faudrait prouver le contraire par des faits, me semble un système
d'attaques par trop ridicule contre une chose telle que, l'homéopathie.
Elle n'a rien à craindre de si misérables moyens, dont tout
l'effet retombe sur ceux qui les emploient. Mais je vais indiquer à
mes adversaires un moyen plus puissant, infaillible, pour
renverser, s'il est possible, cette doctrine qui menace d'étouffer leur
art conjectural. L'homéopathie
repose uniquement sur l'expérience.
Imitez-moi, dit-elle à haute voix, mais imitez bien, et vous
verrez à chaque pas la confirmation de ce que j'avance.
Ce que nulle matière médicale, ce qu'aucun système de médecine,
aucune thérapeutique n'avait fait ni pu faire jusqu'ici, elle le
demande à grands cris ; elle veut être jugée d'après les résultats.
La voilà donc précisément où
vous voulez qu'elle soit. Vous
pouvez donc lui donner le coup de mort. Prenez
des cas de maladie l'un après, l'autre, décrivez les d'après la
marche tracée dans l' Organon, peignez les si bien, d'après tous leurs
symptômes perceptibles, que l'auteur lui-même de l'homéopathie n'ait rien à dire contre l'exactitude du tableau, et, en supposant que
ces cas soient de ceux pour lesquels on peut trouver un remède parmi
les médicaments essayés jusqu'aujourd'hui, choisissez la substance médicamenteuse
qui y est le mieux appropriée, homéopathiquement parlant, donnez la
seule et sans mélange, à des doses aussi faibles que le prescrit la
doctrine, en éloignant toute autre influence médicinale, et si le
malade ne guérit pas, s'il ne guérit pas promptement, s'il ne guérit pas
doucement, s'il ne guérit pas d'une manière durable, couvrez
publiquement l'homéopathie de honte, en proclamant l'insuccès d'un
traitement suivi rigoureusement d'après ses principes. Mais
abstenez-vous, je vous prie, de tout faux.
L'imposture tôt ou tard est démasquée et flétrie d'ineffaçables
stigmates. Si, après que vous aurez agi en conscience, d'autres non
moins consciencieux que vous arrivent aux mêmes résultats en répétant
vos essais, si tout ce que l'homéopathie promet à celui qui la suit
fidèlement n'arrive point, alors cette doctrine peut être considérée
comme perdue. Elle est
perdue si elle ne se montre pas efficace, si même elle ne déploie pas
une efficacité remarquable. Connaissez-vous un meilleur moyen d'accabler
cette doctrine, qui n'a besoin que d'en appeler au bon sens et aux
esprits dégagés de préjugés pour trouver accès partout?
On serait tenté de le croire. Continuez donc, dans vos livres et
dans vos journaux, à prôner, jusqu'au dégoût, le jargon journalier
de votre école, et à fausser par malice le sens de ce que l'ignorance
n'a pas pu dénaturer. Continuez
à calomnier, à injurier. L'homme
impartial n'en verra que mieux de quel côté est le bon droit.
..
L'homéopathie n'en paraîtra que plus avantageuse par comparaison. Elle
dissipera la nuit des absurdités consacrées par le temps ; car
elle enseigne à procurer des secours certains dans des maladies contre
lesquelles on n en avait point encore trouvé. Que direz-vous en voyant
l'auteur de l'homéopathie et ses vrais disciples guérir
proportionnellement beaucoup plus de malades atteints des affections les
plus graves et les plus chroniques, que vous n'en pourrez soulager, et
le faire sans peine, d'une manière durable, avec des médicaments en
petite quantité. qui sont doux et sans goût désagréable?
Ce que vous appelez votre art vous permet-il d'en faire autant?
Un pareil résultat ne renverse-t-il pas votre misérable
scepticisme théorique et l'impuissant charlatanisme de votre pratique?
Voulez-vous
obtenir les mêmes succès? Imitez-moi
franchement et loyalement.
Ne
le voulez-vous pas? Continuez
à vous traîner dans votre ornière d'aveugle observance, dans la nuit
des systèmes que vous avez rêvés, attirés çà et là par les feux
follets de vos autorités solennelles, qui vous laissent dans l'embarras
là précisément où leur secours vous serait nécessaire. Et si votre
aventureuse pratique, dans laquelle vous voyez ordinairement arriver ce
que vous ne vous proposiez ou promettiez pas, fait naître en vous de la
bile, qui cherche à s'épancher en calomniant un art qui vaut mieux que le vôtre, continuez à dire
qu'ils sont aigres ces raisins que le pédantisme ou la paresse vous empêche
d'atteindre et laissez-les à d'autres qui méritent mieux que vous de
les avoir.
Continuez,
si vous y trouvez plaisir, à lancer vos traits envieux contre l'homéopathie;
mais sachez bien qu'en s'attaquant à la vérité, l'envie est comme le
serpent, qui s'use les dents plutôt que d'entamer la lime.
S.
Hahnemann, 1813
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