Neuvième
raison d'être homéopathe
Dr James Compton
Burnett
(Commentaires de Pierre Schmidt)
Vous objectez à mon ton
moqueur et sarcastique?
Puis-je vous rappeler, Mon
Cher Confrère, que c'est vous, en tant qu'officiel, qui avez commencé à
rompre la première lance! Comme votre oncle, vous vous glorifiez d'être
un « médecin officiel », et pensez pouvoir regarder de toute votre
grandeur ces pauvres petits homéopathes! Vous insistez pour avoir mes
cinquante raisons, je vous les envoie aussi vite que je puis. Si par
aventure je commets quelques petites moqueries, souvenez-vous, je vous
prie, que j'ai le plus absolu et le plus inqualifiable mépris pour votre
ignorance, du sommet de laquelle vous avez l'impudente effronterie
d'appeler les homéopathes des charlatans! Vous, d'une ignorance crasse,
« médecin classique » bourré de préjugés, vous osez m'appeler ainsi
irrévérencieusement pour que je justifie à vos yeux ma situation
professionnelle. Quand je parle de votre ignorance, j'entends bien votre
ignorance de l'Art de guérir, car sur les autres points de votre
connaissance médicale, je sais que vous êtes comblé! Un médecin, en
effet, peut être un homme charmant, un gentleman, même un érudit et
cependant être un parfait ignorant dans l'Art de guérir!
Je viens de vous développer un cas de douleur dans l'hypochondre gauche,
guéri par Juglans regia; peu de semaines après sa guérison, une jeune
femme vint me consulter au sujet d'une douleur très similaire, mais
cette fois du côté droit, vers le sommet du poumon droit. Elle en
souffrait depuis trois mois, ce qui l'avait beaucoup affectée et rendue
faible et anémique.
Chelidonium majus 1, 5 gouttes dans un peu d'eau soir et matin fut le
remède spécifique de cette situation. Guérison complète en une quinzaine
de jours. J'aurais du plaisir à discuter avec vous la raison de la
latéralité dans le choix du Juglans regia dans le cas de douleur
éprouvée d'un seul côté, ici à gauche, puis de Chelidonium majus du côté
droit, mais je n'en ai pas le temps, cela termine l'exposé de ma
neuvième raison pour être un homéopathes.
Commentaires de Pierre
Schmidt
Vanadium.
Le Vanadium cité par
Jousset dans « L'Art médical » était du métavanadate de sodium. Les
expériences sur l'animal ont rapidement produit la respiration Cheynes
Stockes, qui est un symptôme terminal dans les urémies et bien d'autres
maladies: c'est un très vilain symptôme; quand vous avez du Cheynes
Stockes chez un malade, vous savez que la barque de Caron n'est pas
loin, que c'est une question de semaines ou de mois. C'est un symptôme
que je déteste voir. Je n'ai pas encore vu de malade qui présente du
Cheynes Stockes et qui n'ait pas vraiment la mort dans les dents... Il
est d'origine bulbaire.
Ce remède fut expérimenté
sur deux cents personnes souffrant de neurasthénie, de tuberculose, de
chlorose, de rhumatisme chronique, de diabète et d'artériosclérose. Sur
presque tous, on constate l'augmentation de l'appétit, des forces et la
reprise du poids; et l'élimination de l'urée dans l'urine augmente. Le
vanadium peut être considéré comme un excitant énergétique de la
nutrition et un excellent oxydant, autant qu'un catalyseur stimulant les
combustions de l'organisme en détruisant la virulence des toxines. De
plus, c'est un remède qui stimule la phagocytose. Il est indiqué dans
les neurorétinites, la cécité, les tremblements et les vertiges,
l'anémie et la maigreur. C'est un remède qui a aussi la « sensation de
coeur serré » et « comme si le sang n'avait pas assez de place pour
circuler dans l'aorte». Je me rappelle d'un cas vu autrefois alors que
je ne connaissais pas ce remède, qui avait cette dernière sensation.
Impression anxieuse de
tout le thorax. Coeur gras.
C'est un remède des
dégénérescences et du ramollissement cérébral annonciateur souvent de la
fin avec ce symptôme de Cheynes Stockes.
Chelidonium.
Il y a un symptôme que je
vous recommande beaucoup de ne pas oublier et qui est très utile: la
sensation douloureuse à l'épigastre qui part des deux côtés et tourne en
arrière en ceinture ou en ficelle.
Evidemment, la douleur
sous l'omoplate droite est aussi très connue.
Avec Chelidonium vous avez
presque toujours des troubles vésiculaires, angiocholites,
cholécystites, etc. La douleur vésiculaire classique est la douleur qui
monte à l'épaule. Mais il y a aussi la douleur en ceinture sur laquelle
Chelidonium agit admirablement.
Il est aggravé ou amélioré
après manger.
Juglans regia.
C'est un médicament des
troubles glycorégulateurs et de diabète. Il a été rapporté que, dans
l'âge d'or, hélas que nous n'avons pas connu, alors que les hommes se
nourrissaient de glands, les Dieux, eux, vivaient de noix: d'où le nom
de Juglans (Jovis glans) ou noix de Jupiter.
L'apparence de
circonvolutions cérébrales de son fruit le fait populairement considérer
comme un remède du cerveau. Il produit en effet un état d'excitation le
soir au lit, comme si la tête flottait dans l'air.
Quinteux, maussade,
pleurnicheur, avec un état d'indolence mentale. Douleurs lancinantes au
front.
C'est un remède à inscrire
comme très caractéristique des flatulences et de la distension de
l'abdomen. Il rivalise avec Argent nitr., China, Carbo veg., et tous les
grands remèdes de la distension abdominale.
Inflammation et ulcération
des organes sexuels de l'homme.
Il affecte plus la rate
que le foie. C'est le contraire de Juglans catartica qui agit plutôt sur
le foie.
Pour Farrington, c'est un
de nos meilleurs remèdes de la teigne faveuse. Grande action sur la
peau. Il affecte de plus le creux axillaire. Il va de droite à gauche.
Cela nous intéresse parce que vous savez que le remède spécifique du
creux axillaire est Sepia. Quand vous avez une éruption, quelle qu'elle
soit, dans le creux axillaire, souvent Sepia agit très bien.
Le mouvement aggrave. Il
est aggravé par les nourritures grasses. Prurit pire la nuit.
|