Cinquième raison d'être
homéopathe
Dr James Compton
Burnett
(Commentaires de Pierre Schmidt)
Je vous laisse le
soin d'étudier tous les aspects de la vaste thérapeutique d'Aconit dans
les états fébriles courants et comme préventif des localisations
inflammatoires, ainsi que l'affinité élective spécifique de la blanche
Bryone pour les membranes séreuses, comme il a été démontré dans mon
propre cas, aussi bien que dans les deux autres.
Je ne vous ai pas
promis des conférences didactiques sur tous les divers sujets que je
vous expose, mais seulement de vous exposer mes cinquante bonnes
raisons. Ainsi, maintenant, nous arrivons à ma cinquième: la voici:
l'homéopathie m'a élevé d'un seul coup de la position dépendante d'un
guérisseur de maladies, peinant et tâtonnant, à la glorieuse position
d'un maître de l'Art de guérir. Laissez-moi vous démontrer par un exposé
quelque peu détaillé un cas publié il y a quelque temps sous la
rubrique:
Sur l'usage de
l'hydrate de chloral dans le sommeil léthargique.
Ceux qui ont
observé de vieux buveurs de chloral auront pu noter qu'ils devenaient
progressivement apathiques somnolents, puis léthargiques. L'évolution
complète du chloralisme chronique aboutit à une dégénérescence
graisseuse extrêmement lente, et la manière de mourir de ces cas semble
quelque peu étrange. J'ai vu le cas d'une femme qui en a consommé de si
grandes quantités que son fils, un commerçant, le cherchait à la
pharmacie dans d'énormes flacons et c'était leur médecin qui l'avait
ordonné. Cette femme gisait étendue, complètement inerte depuis
plusieurs jours et il était très difficile de déterminer si oui ou non
elle était morte! Occasionnellement, il nous arrive d'observer des cas
typiques de somnolence et même de pseudo-léthargie, ce qui doit
immédiatement éveiller nos soupçons vis-à-vis de l'emploi de
narcotiques.
Je vais vous
exposer rapidement deux cas de ce genre dans ma propre pratique:
Premier cas:
Les amies d'une
mère de famille d'environ 45 ans, forte, d'excellente mine, étaient
frappées de la voir trop fréquemment somnolente et souvent dans un état
de demi léthargie où elle semblait ne plus entendre ce qu'on lui disait.
Sa faiblesse par moment était si grande qu'il lui paraissait même
impossible de traverser la rue. Elle était molle, sans énergie, et
dormait presque constamment. Le matin, quoique après un long et bon
sommeil, on la voyait se lever, puis obligée en s'habillant de
s'asseoir, et, à peine assise, fermer les yeux et dormir profondément.
Cet état de chose durait déjà depuis des semaines et même des mois et
tout ce que lui avait conseillé son médecin allopathe s'était révélé
absolument inutile.
Désabusée, elle
vint me consulter et je lui donnai d'abord Arnica, le remède de la
fatigue, puis Opium, vu son constant besoin de dormir, mais sans le
moindre succès. Lorsqu'un beau jour, il me vint tout à coup l'idée que
ce cas ressemblait fortement à celui d'un buveur de chloral invétéré que
j'avais eu à traiter dans ma clientèle. C'est ainsi que je lui ai donné
Chloralum en dilution basse.
Ma prescription
fut couronnée de succès; elle fut radicalement guérie et redevint
active, pleine de feu et complètement réveillée.
Deuxième cas
:
Une dame d'un
certain âge vint réclamer mes soins le 21 avril 1881 ; elle souffrait de
langueur, de somnolence, et de crises de léthargie.
Ma prescription
Chloralum hydratum 15 g de la 2e trituration décimale - 6 globules dans
un peu d'eau toutes les trois heures.
7 mai: à cette
date, je relève dans mon carnet les trois notes suivantes:
1. - Se sent comme
une autre créature.
2. - Fortement améliorée.
3. - Décidément moins apathique et moins léthargique.
Je passe à la 3e
trituration décimale, au lieu de la seconde, et 6 globules seulement
deux fois par jour. Mais, elle put rapidement arrêter tout traitement
étant guérie, ce qu'elle vint me dire un jour à l'occasion d'une
consultation avec son mari qu'elle avait profité d'accompagner.
Eh bien, vous vous
rendez compte maintenant de ce que je vais dire:
J'avais devant moi
des cas qui ne pouvaient s'insérer dans des cadres nosologiques courants
et cependant j'ai été capable de traiter ces cas vraiment en maître.
C'est là précisément l'indépendance thérapeutique que j'aime et qui me
fournit une excellente raison d'appliquer l'homéopathie. Si je n'avais
pas encore beaucoup d'autres raisons à donner, j'aimerais tant pouvoir
m'étendre encore sur cet avantage transcendant de l'homéopathie, à
savoir: la loi des semblables, un véritable guide dans les maladies les
plus obscures, ce que je vais développer dans le prochain chapitre.
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