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TROISIÈME raison d'être
homéopathe
Dr James Compton
Burnett
(Commentaires de Pierre Schmidt)
Vous pouvez avoir
l'opinion qui vous plaît au sujet de ma vieille affection pleurétique.
Je souffris de cette empoisonnante histoire jusqu'au jour où je pris
Bryonia et depuis, je ne l'ai plus jamais ressentie. Pour moi-même je
suis très agréablement satisfait de cette seconde raison d'être un
homéopathe.
Je n'ai jamais dit
que les homéopathes ont été les premiers à employer ce remède, cela
n'est nullement le fond de ma pensée. Depuis que j'ai passé dans le camp
homéopathique, j'ai souvent eu l'occasion de traiter des pleurésies;
cela, vous n'aurez pas de difficulté à le croire. Aconit et Bryonia sont
certainement des grands personnages dans cette thérapeutique pour la
pleurésie. Mais j'ajouterai, comme modeste contribution de ma propre
expérience, que l'indication nette de ce remède se trouve dans la
pleurite rhumatismale et que c'est surtout dans cette affection qu'on
marque vraiment le but.
Permettez-moi de
vous rappeler ici un cas qui sera ma troisième raison d'être un
homéopathe. Il y a quelques années, je fus appelé d'urgence en dehors de
la ville, dans la maison privée d'un commerçant, qui avait attrapé un
refroidissement, avec frissons, deux jours auparavant, en rentrant d'une
réunion politique. A mon arrivée, je fus en présence du plus joli cas
qu'un médecin puisse désirer, pour réunir tous les symptômes cliniques
d'une pleurite rhumatismale absolument typique. La femme de ce gentleman
m'informa qu'elle était tracassée de voir son mari ainsi malade et que
c'est sur la pression de plusieurs amis qu'elle avait accepté de faire
venir un homéopathe. Elle se demandait cependant ce que pouvait faire
cette méthode dans un cas qui lui semblait sérieux. Plusieurs de ses
amis lui dirent également que cette thérapeutique était peut-être
excellente pour les femmes et les petits enfants, mais qu'il ne
s'agissait pas de risquer la vie de son cher mari en la confiant pour ce
cas particulier à un praticien homéopathe. Aussi était-elle prête à
faire venir le Docteur X., qui habitait tout près de chez elle, mais
cette fois la règle qui dit que « l'homme propose et la femme dispose »
était ici renversée et c'est le mari qui refusa froidement et
catégoriquement le traitement de tout autre médecin proposé par sa
femme, mais exigea l'homéopathie, d'où ma présence à cette consultation.
Il souffrait d'une
fièvre très élevée avec de fortes douleurs thoraciques et à mon arrivée,
grommela: «Oh, Docteur, je vous en supplie, soulagez-moi de cette
douleur affreuse et faites-moi dormir ». Je lui administrai
immédiatement Aconit, puis Bryonia.
Le jour suivant,
il avait déjà doublé le cap et était hors de danger; la douleur avait
considérablement diminué. Puis, sans sembler avoir réfléchi, il me dit:
« Docteur, mon ami, Monsieur X., qui habite juste dans la rue ici en
haut, souffre, à ce qu'on vient de me dire, exactement de la même
affection, seulement il souffre davantage dans les épaules et il vient
de me téléphoner, me disant d'être prudent et de ne pas continuer avec
l'homéopathie. Il est prêt à m'envoyer son médecin qui a une grande
réputation, car il craint pour mon état; qu'est-ce que je dois dire? »
Je lui répondis: «
Dites-lui de ma part que vous serez, grâce à mon traitement, dans votre
bureau dans quelques jours, en train de travailler et qu'en rentrant le
soir, vous lui téléphonerez pour lui demander comment il va, car vous
verrez qu'il sera encore au lit et toujours malade et vous lui
conseillerez alors de profiter de votre expérience en comparant les
traitements ». Eh bien, Messieurs, c'est exactement ce qui arriva
quelques jours plus tard - je ne m'en rappelle plus le nombre - mon
patient descendit à la ville, à son bureau, pour voir son courrier et,
en rentrant, téléphona à son ami qu'il trouva toujours souffrant et
encore malade, comme je l'avais prédit. Voilà, Messieurs, ma troisième
raison pour être un homéopathe.
On voit par là
que le Dr Burnett n'avait pas la plume froide et savait ce qu'il disait;
et que sa façon d'exposer ses cas est très pertinente. Il y a, du reste
dans les autres cas, des indications pour des remèdes qui ne sont pas
très courants: cela peut aider chacun du reste dans sa pratique. Ce sont
des cas qui sont si plaisamment décrits qu'ils restent fixés dans la
pensée, et cela vaut la peine de les connaître.
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