Les nosodes intestinaux de Bach et Paterson
Par le Dr. Paterson
Depuis 1929, le Docteur PATERSON publie dans la presse
homéopathique anglaise des articles doublement intéressants en ce qu'ils
répondent d'abord à une préoccupation qui fait honneur aux médecins
homéopathes, celle de mieux guérir les maladies chroniques, ensuite à un
voeu cher à beaucoup, celui de combler la grande lacune de notre école,
l'expérimentation scientifique.
Huit ans de pratique homéopathique et de recherches
bactériologiques conjuguées ont permis à notre éminent confrère anglais,
médecin à l'hôpital homéopathique d'enfants de GLASGOW, d'apporter une
contribution scientifique à l'action des remèdes dynamisés et des
vaccins dilués ou nosodes.
L'analyse de 8.000
cultures coprologiques de malades traités par la méthode hahnemannienne, tel est
l'impressionnant travail qui l'autorise aujourd'hui à affirmer que les
remèdes dynamisés sont capables de modifier la flore intestinale.
De quelle nature est donc ce changement?
On sait que le colibacille est considéré comme l'hôte
normal de l'intestin et qu'il a un certain nombre de propriétés sur
lesquelles nous n'insisterons pas, nous contentant de mentionner son
aptitude à fermenter le lactose. Sous certaines influences et
précisément sous celle de remèdes dynamisés ces colibacilles cèdent la
place à différents micro-organismes dont la caractéristique principale
est de ne pas fermenter le lactose.
Cette transformation s'opère dans des proportions relatives
d'un microbe à l'autre, allant de 1 % à 100 % (une à cent bactéries
fermentant le lactose pour cent colibacilles), après une période latente
variable suivant les remèdes. Sa durée va de quelques jours à plusieurs
mois.
Cette constatation constituait à elle seule un apport
extrêmement précieux à la réalité de l'action des remèdes homéopathiques
de par son caractère objectif, scientifique. Mais le Docteur PATERSON ne
s'est pas arrêté là. Clinicien et thérapeute en même temps que
bactériologiste, il s'aperçut que certains groupes de médicaments,
administrés suivant la loi de similitude, faisaient apparaître dans la
flore intestinale des bacilles appartenant à une même famille modifiant
cette flore presque toujours dans le même sens.
En notant patiemment d'une part les remèdes administrés,
parce qu'indiqués par les symptômes et de l'autre les résultats de
l'analyse, il lui devint possible d'établir des groupements de remèdes
en relation avec un micro-organisme qu'il consigna dans un tableau
publié dans l'article suivant sous la signature du Docteur PATERSON
lui-même.
Ce tableau demande
quelques explications en ce qui concerne la nomenclature
bactériologique. On connaît le bacille de Morgan, mais ces bacilles de MORGAN-GAERTNER,
MORGAN X, etc..., ne nous sont pas familiers, on les chercherait en vain
dans le manuel de bactériologie le plus complet. Ils constituent, en
effet, des sous-groupes que le Docteur PATERSON a été amené à établir et
voilà dans quelles circonstances :
Au début des recherches, le Docteur PATERSON, utilisant la
technique de BACH, identifiait, comme celui-ci, les micro-organismes
auxquels il avait affaire suivant leurs réactions vis-à-vis des
différents milieux sucrés (glucosés, lactosés, dulcites), sans faire
intervenir la notion de durée. Tous les bacilles ne fermentant pas le
glucose au bout de huit heures étaient étiquetés bacilles de MORGAN,
quelles qu'aient pu devenir leurs réactions après un temps plus long.
Or, dans certaines colonies, par exemple celles que faisaient apparaître
l'administration de Lycopodium, on trouvait bien ces bacilles ne
fermentant pas le lactose au bout de huit heures, mais soixante-quatre
heures plus tard elles manifestaient vis-à-vis des milieux dulcités les
propriétés de bacille de GAERTNER. C'est, pour des motifs analogues,
réactions un peu différentes vis-à-vis des milieux de culture, que sont
mentionnés un bacille de MORGAN X «dixième d'une série appartenant à un
sous-groupe) un bacille n° 7, etc...
De ces observations bactériologiques, le Docteur PATERSON
ne tira pas seulement une satisfaction spéculative. Faites en étroite
liaison, ne l'oublions pas, avec l'analyse clinique la plus minutieuse,
elles lui permirent de tirer des éléments thérapeutiques.
Quand BACH introduisit dans le clan homéopathique les
nosodes intestinaux, on lui soumit cette critique qu'il n'y avait pas eu
d'expérimentation faite sur l'organisme humain. Le Docteur PATERSON
croit pouvoir pallier à cette lacune. Et, à la vérité, ne peut-on
trouver dans ses observations une véritable pathogénésie du microbe et
par conséquent du nosode? Tous les symptômes soigneusement observés
pendant que l'on retrouvait dans les selles ces bacilles, l'action des
vaccins dynamisés préparés à l'aide de ces nouveaux sous-groupes de
bacilles, tout cela nous sera communiqué en détail dans l'avenir.
Quelques caractéristiques se trouvent déjà citées au hasard des
publications faites jusqu'à aujourd'hui : Mutabile et les dermatoses
alternant avec l'asthme, les soudaines explosions de colère de Proteus,
etc.
Le résultat de ces observations permet même au Docteur
PATERSON d'ébaucher des notions de pathologie générale. En relation avec
le groupe Morgan, il voit des troubles tégumentaires, avec le groupe
Mutabile une action sur les éléments figurés du sang, de celui de
Proteus sur le plasma, le n° 7 agissant sur le tissu fibreux et le
Gaertner sur la cellule nerveuse.
Mais quittons ces hauts sommets des généralités pour en
arriver enfin à la partie plus directement thérapeutique des travaux du
Docteur PATERSON.
Quand et comment se sert-il de ces nosodes?
Premier point, partant de cette notion nouvelle des groupes
médicamenteux, il envisage les nosodes comme des remèdes complexes dont
les éléments simples ont été dûment reconnus valables en clinique. Le
nosode couvre tous les symptômes du plus haut au plus bas, c'est, par
essence, le remède qui doit agir en profondeur.
Second point qui découle de sa conception très
hahnemannienne des diathèses et du rôle du microbe dans la pathologie,
il envisage l'apparition dans les selles des bacilles ne fermentant pas
le lactose comme une réaction de défense de la part de l'organisme. Il
ne fait là qu'étendre à un cas particulier l'hostilité qu'il nourrit
contre la théorie microbienne voyant dans la maladie l'effet de
micro-organismes. C'est alors que l'on aperçoit avec beaucoup de plaisir
un bactériologiste rejoindre HAHNEMANN et KENT et interpréter la
conception fondamentale en homéopathie des diathèses. II serait trop
long d'entrer dans le détail de l'argumentation. Qu'il nous suffise d'en
récolter les fruits en ce qui concerne ce point particulier de la flore
intestinale. Cliniquement et bactériologiquement on en arrive à la
conclusion que le nombre des bactéries ne fermentant pas le lactose
mesure la vitalité du malade, que plus abondante en est la production,
plus la diathèse est marquée. Ces notions toutes nouvelles devaient
logiquement bouleverser la conception du nosode et c'est ce qu'elle fit,
du moins dans la pratique du Docteur PATERSON.
Si le pourcentage est élevé, 80 à 100 %, l'expérience
clinique a montré que le nosode est nuisible.
Avec une culture positive de moins de 20 % par rapport au
colibacille, il emploie sans hésitation le nosode correspondant ou un
auto-vaccin dynamisé, à condition, toutefois, qu'irait la certitude que
le malade n'était pas en voie de réaction vis-à-vis de remèdes
homéopathiques.
Que fait-il alors dans un cas de pourcentage élevé,
contre-indiquant l'usage du nosode? Il choisit un remède du groupe
correspondant couvrant, si possible, la totalité des symptômes présentés
à ce moment.
Quant à la dilution, les résultats les plus rapides ont été
obtenus avec des millièmes, chez les enfants, en quatre jours. Les
réponses les meilleures apparaissent après dix jours et disparaissent
après un temps variable avec la profondeur de l'atteinte de la maladie.
Pour obtenir cette réponse chez l'adulte avec une dilution
basse (3° Xle), le nosode doit être administré pendant quelques jours,
en moyenne une semaine. L'aggravation est alors exceptionnelle. Elle
peut être notée après une seule dose de haute atténuation; en pratique,
il emploie les millièmes, une seule dose ou trois doses en 24 heures et
ne la répète qu'au bout de trois mois.
Au début de son expérimentation, dit-il en insistant à
plusieurs reprises, les données cliniques ont toujours eu la priorité
sur les renseignements de laboratoire, ceux-ci n'influençant pas la
prescription.
Cette règle, il la respecte encore maintenant, dans les cas
où la clinique le permet, mais dans le cours des maladies chroniques,
devant la pauvreté des symptômes, il lui arrive souvent d'utiliser les
remèdes du groupe du microbe trouvé. Il y fut conduit par les
expériences répétées qui lui donnèrent l'occasion d'observer Natrum
muriaticum. Le Proteus suivait très souvent la seule absorption de ce
dernier remède, donné suivant la loi de similitude. Plusieurs cas
difficiles, sans signes cliniques suffisants mais où l'on retrouvait
seulement du Proteus dans les selles lui firent renverser le problème.
Si Natrum muriaticum fait apparaître le Proteus, pourquoi ne pas
l'essayer là où l'on trouve ce bacille en forte proportion?
Les résultats cliniques furent si encourageants qu'il
étendit cette méthode aux autres groupes.
Voilà, résumées, les idées originales que nous avons
recueillies dans les publications du Docteur PaTERSON. Nous en avons
fait un exposé aussi objectif que possible. Il est possible que ces
idées déchaînent par la suite de longues discussions et critiques. Il ne
nous appartient pas d'entrer dans ces discussions. Tels qu'ils se
présentent, abondamment parsemés d'observations dont beaucoup sont
convaincantes, ces travaux nous ont paru pleins d'intérêt, théorique
d'abord en ce qu'ils tendent à apporter une contribution scientifique à
la méthode homéopathique, ensuite pratique particulièrement pour nous,
médecins français, qui n'employons guère les nosodes intestinaux.
Introduction
Par une coïncidence étrange, au moment où
l'homéopathie Moderne me demandait un article sur les nosodes
intestinaux, j'ai appris la disparition du Docteur EDWARD BACH, dont le
nom fut le premier associé à ces nosodes. C'est donc avec le sentiment
de la très grande perte qu'est, pour moi, cette mort, que j'écris cet
article, mais je suis heureux de l'occasion qui m'est donnée de rendre
hommage au Docteur BACH et à son oeuvre. Cet hommage est d'autant plus
nécessaire que, dans un numéro précédent de votre revue, on paraissait
croire que le Docteur BACH avait abandonné l'homéopathie après ses
premiers travaux; j'espère démontrer qu'il n'en est rien. Je propose,
pour préciser l'historique de ces recherches, de les diviser en deux
périodes de 10 années d'études, l'année 1927 en étant l'axe.
Pendant les dix
premières années, le Docteur BACH travailla à Londres comme
bactériologiste. Il fut, peu de temps d'ailleurs, attaché à l'hôpital
homéopathique de Londres, et c'est à ce moment qu'il rencontra le
Docteur CHARLES E. WHEELER qui présida, vous le savez, cette année, le
Congrès International homéopathique de Glasgow.
Le Docteur BACH
avait remarqué la présence, dans les selles, de bacilles ne fermentant
pas le lactose, surtout chez des sujets atteints de maladie chronique. A
la suite de ces observations, il utilisa ces germes, en vaccination
hypodermique, avec des résultats encourageants.
En collaboration
avec le Docteur WHEELER, il publia ces résultats dans un ouvrage
intitulé : «Chronic Disease. A Working Hypothesis.» Dans ce livre, les
auteurs concluaient ainsi : «Les résultats cliniques de ces traitements
par vaccination, dont nous avons, depuis 10 ans, étudié un grand nombre,
tendent à confirmer que ces infections (bacilles non lactiques) ont une
relation de cause avec les maladies et que cette thérapeutique paraît
agir favorablement.» Il faut remarquer que ces auteurs ne revendiquaient
pas l'honneur d'avoir découvert ces bacilles non lactiques.
De nombreux
bactériologistes avaient bien signalé la présence dans les selles de
bacilles ne fermentant pas le lactose, mais c'est le Docteur BACH qui a,
le premier, constaté leur existence au cours des maladies chroniques.
Jusqu'alors, ces germes n'étaient pas considérés comme pathogènes.
«La guérison de la
maladie par des vaccins composés avec ces germes nous donne la meilleure
preuve que ceux-ci doivent réellement être incriminés.»
A la suite de ces
publications un grand nombre de praticiens «orthodoxes» utilisant cette
vaccination hypodermique, un vaste champ d'observations s'ouvrit et en
1927 le Docteur BACH avait une grande réputation comme bactériologiste.
A cette époque, le
Docteur DISHINGTON, de Glasgow, s'intéressa à cette question des
maladies chroniques et des vaccinations du Docteur BACH qui lui suggéra,
probablement, de les essayer en dilutions et par voie buccale. J'eus la
bonne fortune d'avoir le Docteur DISHINGTON comme chef de service au
«Scottish Homoeopathic Hospital for Children» et ensemble nous essayâmes
les nosodes dilués.
En combinant
plusieurs auto-vaccins selon leur parenté microbienne, nous préparâmes
des nosodes de germes divers tels que Morgan Co, Dysentercus Co, Proteus
Co, etc.
Au Congrès
International homéopathique de 1927, les Docteurs BACH, WHEELER et
DISHINGTON présentèrent un travail sur cette question et, à cause de mon
expérience dans l'emploi des nosodes, j'eus le privilège d'ouvrir la
discussion.
Le Docteur BACH,
pleinement convaincu de l'efficacité des vaccins dilués selon la méthode
du Docteur DISHINGTON, cessa de faire des vaccinations par voie
hypodermique et conseilla même cette nouvelle méthode à ceux qui, à la
suite de son enseignement, utilisaient la voie parentérale. Il se fit
toujours le défenseur de ce procédé, sachant parfaitement qu'il nuirait,
par là même, à sa situation de bactériologiste.
Malgré cela, il
refusa de s'écarter de cette voie et consacra son temps à réunir une
nouvelle série de stock-vaccins intestinaux dans le but bien défini de
les diluer. Il supporta, volontairement, les frais de laboratoires
nécessaires pour préparer des centaines de vaccins, les diluer et en
faire chaque nosode. Quelle meilleure preuve pouvait-il donner de sa
croyance aux principes homéopathiques ?
Quand les nosodes
furent au complet, il les présenta à la Société Britannique
d'homéopathie; ils sont connus depuis, dans le monde entier, sous le nom
de nosodes de BACH.
Pour citer les
paroles du Docteur BACH au Congrès de 1927 : «J'apporte à votre école,
pionniers de l'utilisation de la maladie pour guérir la maladie, un
remède qui sera utile, je le crois, dans la plus profonde des
affections, dans cette affection chronique que le génie de HAHNEMANN a
pressenti et nommé. Si j'éclaircis la nature de cette maladie, je n'ôte
rien à la gloire de HAHNEMANN auquel j'apporte, au contraire, le seul
hommage qu'il eût désiré.»
Il a été dit que
«le Docteur BACH abandonna l'homéopathie après ses premiers travaux».
Une telle affirmation ne rend pas justice à la mémoire d'un homme qui,
ainsi que les faits exacts le démontrent, abandonna volontairement une
situation brillante de bactériologiste à cause de son attachement aux
principes homéopathiques.
Sur la proposition
du Docteur BACH, j'acceptais de travailler dans son laboratoire et plus
tard commençais, dans mon propre laboratoire de Glasgow, une étude
approfondie de la flore microbienne intestinale. Je sais qu'il était
heureux de penser que ce travail se poursuivrait au sein de l'école
homéopathique aux doctrines de laquelle il l'apparentait lui-même.
Peu de temps
après, il ferma son laboratoire, abandonna sa clientèle et se retira à
la campagne.
Au Docteur BACH,
médecin et bactériologiste «orthodoxe», l'École homéopathique doit une
dette de gratitude et j'estime que je ne peux publier un article sur les
nosodes intestinaux sans fixer cet historique de la question.
Au début de 1928,
nous entreprîmes, dans mon laboratoire, l'examen systématique de la
flore intestinale selon la technique précédemment établie par le Docteur
BACH. Le Docteur DISHINGTON s'occupa de la partie clinique de cette
étude et ensemble nous réunîmes, pour les publier, les résultats obtenus
avec les différentes espèces de bacilles.
En avril 1929,
nous publiâmes un article intitulé : «The
Pathogenesis of Dysentery and the Provings of the Nosode Dysentery Co.»
Cet article, le premier touchant ce problème, fut aussi le
dernier. Le destin ne nous fut pas favorable. Le Docteur' DISHINGTON
tombant malade, fut incapable de poursuivre cette tache qui lui était
pourtant chère, et une mort prématurée arracha cette grande intelligence
à sa tache. Je dus assumer les doubles recherches de clinique et de
bactériologie : mon désir d'approfondir l'aspect bactériologique de la
question et le vide non remplacé d'un collaborateur clinicien expliquent
le temps qui s'est écoulé entre ma première publication et cet article.
En temps utile et je réclame quelque indulgence en raison de la grandeur
de la tache qui incombe à une seule personne - j'espère publier les
résultats obtenus par l'emploi des nosodes intestinaux. En attendant,
j'essayerai de montrer, dans cet article, quelques aperçus du travail
effectué et les conclusions auxquelles nous sommes arrivés durant la
décade s'étendant de 1927 à aujourd'hui.
Mon éducation de
bactériologiste me poussait à croire que le point le plus important,
dans l'étude d'une maladie, était l'isolement et l'identification d'un
germe spécifique, et que le traitement le plus efficace reposait sur une
vaccination à partir de ce germe.
Cependant de
nombreux échecs suivaient l'administration des nosodes apparemment bien
choisis, tandis que, lorsqu'il n'y avait pas de microbes, des succès
étaient obtenus en donnant les vaccins d'après les signes purement
cliniques.
Je décidais donc
de renoncer à l'administration des nosodes dilués paraissant indiqués
par l'analyse bactériologique et de reprendre l'administration du remède
indiqué -selon notre pratique habituelle- par le tableau clinique, la
connaissance de la matière médicale et le répertoire. On ne cessait pas,
en même temps, d'examiner la flore intestinale.
Il devint bientôt
évident que les médicaments dilués avaient une action sur la flore
intestinale. Les selles qui, à des examens antérieurs ne contenaient pas
de bacilles non lactiques, en présentaient brusquement et dans beaucoup
de cas ce changement coïncidait avec une amélioration définitive de
l'état clinique du sujet.
Dans cette
modification de la flore intestinale, trois points méritaient d'être
notés :
1° La nature du germe trouvé.
2° Le pourcentage de ces germes.
3° La période latente.
Comme résultat de
ces observations, on peut établir la liste des remèdes qui, administrés
selon les principes homéopathiques, ont provoqué l'apparition d'espèces
définies de bacilles non lactiques.
|
BACILLES DE TYPE «NON LACTIQUES» |
REMEDES ASSOCIES |
1 |
B. Morgan (Bach). |
|
A. |
B. Morgan (pur)
(Paterson).
|
Alumina.
Baryta carbonica
Calcarea carbonica
Carboneum. sulfuratum
Graphites
? Kalium carbonicum
Magnesia carbonica
Natrum carbonicum
Petroleum.
Sepia.
? Silicea.
Sulfur Medorrhinum.
|
B. |
B. Morgan-Gaertner
(Paterson). |
Lycopodium.
|
2. |
B. Morgan x (Paterson). |
Natrum sulfuricum
Thuya
|
3. |
B. Mutabile |
Ferrum phosphoricum
Kalium sulfuricum
Pulsatilla
|
4. |
B. Proteus (pur).
|
Natrum muriaticum
|
5. |
B. «No.
7». |
Kalium bichromicum
Kalium bromatum
Kalium carbonicum
Kalium iodatum
Kalium nitricum.
|
6. |
B. Gaertner (pur). |
Phos.
Silicea Syphilinum.
|
Il est nécessaire
de faire une digression pour dire quelques mots de la technique de
laboratoire employée et de la nomenclature que nous avons adoptée,
d'autant plus que, j'ai appris que plusieurs bactériologistes n'avaient
pu obtenir les résultats que j'avais annoncés au Congrès Homéopathique
de 1927. Autant que j'ai pu le vérifier, j'ai trouvé que ces échecs
étaient dus au fait que ces expérimentateurs n'avaient pas suivi les
détails de technique indiqués par BACH. Cette technique est pourtant
simple, si simple même que les erreurs sont probablement dues à
l'adoption de méthodes plus précises dans l'espoir d'obtenir des germes
mieux isolés.
Technique du prélèvement des germes intestinaux
Cette technique
est facile; deux points toutefois méritent d'être précisés.
On donne au malade
un porte-coton stérilisé analogue à ceux qui sont utilisés pour les
prélèvements de gorge (il est préférable qu'il y ait peu de coton et
qu'il soit solidement roulé autour de la tige de métal). En évitant
autant que possible toute contamination extérieure, le porte-coton est
enfoncé dans une selle fraîchement émise, légèrement tourné à
l'intérieur de celle-ci, puis replacé dans le tube de verre
soigneusement bouché et expédié au laboratoire. Il n'est pas
recommandable de prélever un échantillon des matières fécales si ce
n'est en pratique hospitalière lorsqu'on peut le préparer immédiatement
au laboratoire. Cette méthode du porte-coton, en évitant de prélever
trop de matière fécale, permet de conserver les germes intacts pendant
assez longtemps.
Préparation des souches.
1° Emulsionner les
matières fécales en versant 5 cc. d'eau distillée dans le tube qui a
servi au prélèvement avec le porte-coton chargé de germes.
2° Ensemencer une
boîte de Petri en étendant régulièrement à la surface de celle-ci une
gouttelette de l'émulsion au moyen d'une baguette de verre. (N.B. : La
surface du milieu de culture doit être sèche et parfaitement lisse.)
3° Mettre à
l'étuve à 37°5 pendant 18 heures.
4° Examiner les
boîtes à la lumière du jour.
5° Prélever une
colonie bien isolée avec une spatule de platine stérilisée et la
repiquer dans un tube de gélatine.
6° Mettre à
l'étuve 18 heures.
7° Identification
: ensemencer des solutions de sucre judicieusement choisies : glucose,
lactose, saccharose, dulcite.
8° Préparation des
vaccins : couvrir d'eau distillée la surface de gélatine pendant 18
heures, puis sceller dans des tubes la solution, et chauffer au
bain-marie pendant 30 minutes à 60°.
Un point de détail
mérite d'être souligné : l'emploi d'eau distillée de préférence à l'eau
salée habituellement utilisée. On a remarqué, en effet, que l'émulsion
avec de l'eau salée modifiait la nature des germes, de plus la présence
de sels de sodium avec le nosode n'est pas désirable si l'on veut
observer très exactement les effets de celui-ci.
Nomenclature.
Primitivement, la
réaction du bacille sur les différents sucres était fixée à 18 heures,
ce qui déterminait la nomenclature. Par exemple, un bacille ne
fermentant le glucose qu'au bout de 18 heures appartenait au type du
bacille de MORGAN, quels que soient les changements ultérieurs. Au
laboratoire, j'avais remarqué qu'il était possible de distinguer un
sous-groupe; au point de vue clinique, cette distinction m'a paru
nécessaire. L'administration de quelques remèdes, dont Sulfur, était
suivie de l'apparition, dans les selles, d'un bacille de MORGAN qui
fermentait le glucose seulement au bout de 18 heures et dont l'action
restait constante après une nouvelle mise à l'étuve jusqu'à la 72°
heure. Par contre, le bacille de MORGAN qui apparaissait après
l'administration de Lycopodium ne restait pas constant mais après une
plus longue mise à l'étuve faisait fermenter aussi le dulcite. D'après
la nomenclature de BACH, à la 18e heure, ce serait un bacille de MORGAN,
mais à la 72e il serait désigné comme un bacille de GAERTNER.
J'ai donc adopté
une nouvelle nomenclature, le bacille de MORGAN (BACH), désignant un
germe constant pendant 72 heures, et le bacille M0RGAN-GAERTNER
possédant vis-à-vis des sucres les caractéristiques de MORGAN et de
GAERTNER. Cette distinction, notons-le bien, n'existe pas seulement au
laboratoire, mais en clinique.
Je voudrais
attirer l'attention sur le point suivant. Au bacille de MORGAN
correspond Calcarea carbonica, Lycopodium, Sulfur. Au MORGAN pur
correspond Sulfur et Calcarea carbonica et au MORGAN GAERTNER
Lycopodium. Ceci permettra peut-être de concilier la doctrine de l'unicisme
soutenue par les auteurs anglais et celle du pluralisme adoptée par
l'école française.
Les vieux
cliniciens ont remarqué, par expérience, qu'un remède d'action aussi
profonde que Sulfur, même bien indiqué, ne couvre pas toujours
l'ensemble des symptômes constatés et qu'il est souvent nécessaire de le
faire suivre de Calcarea carbonica ou de Lycopodium. Ils ont également
remarqué qu'un certain ordre est nécessaire (KENT disait que Sulfur suit
bien Lycopodium mais que Lycopodium ne suit pas Sulfur). Il était donc
intéressant de faire des subdivisions bactériologiques permettant de
rattacher Sulfur et Calcarea carbonica à l'une et Lycopodium à l'autre.
Le nosode obtenu
avec le germe du type MORGAN pur doit être considéré comme un remède
d'action profonde et étendue, réunissant les caractères de Sulfur et
Calcarea carbonica. Le nosode MORGAN-GAERTNER se rapproche de
Lycopodium. Quant au nosode MORGAN (BACH) il réunit l'action de ces
trois remèdes. Lorsqu'on donne, donc, une simple dose d'un nosode
complexe, on donne en une fois au moins trois remèdes homéopathiques
bien connus. Ces nosodes présentent, cependant, des caractères bien
définis.
Bien plus, on
constate que Lycopodium contient à la fois de l'alumine et de la silice,
et on trouve ces deux remèdes en association avec le bacille de MORGAN.
Il semblerait donc que non seulement dans les plantes, mais aussi dans
le corps humain existent des substances complexes qui, diluées,
possèdent une action non négligeable en thérapeutique.
Mon expérience des
maladies chroniques me suggérerait volontiers qu'une plus grande
connaissance des nosodes intestinaux et leur utilisation pourraient
heureusement remplacer l'administration de plusieurs remèdes simples.
D'après cette
thèse, les nosodes permettraient de concilier le désir des unicistes de
n'employer qu'un seul remède et la nécessité, selon les pluralistes,
d'en utiliser plusieurs à la fois.
Le bacille de
MORGAN est, de beaucoup, le plus commun des bacilles non lactiques,
puisqu'on le rencontre dans la proportion de 25%. Il est en rapport,
rappelons-le, avec plusieurs remèdes parmi lesquels Sulfur et Calcarea
carbonica. Rappelons de même que Proteus est en rapport avec les Natrum
et N° 7 avec les sels de potassium.
J'ai le sentiment
que les bacilles sont en rapport avec les troubles de l'état général et
varient avec la nature de cette perturbation, ce qui n'est pas
négligeable, comme nous le verrons plus loin, pour diriger le
traitement.
Période latente.
Entre
l'administration des remèdes dilués et l'apparition, dans les selles, de
bacilles non lactiques, il s'écoule un certain laps de temps
habituellement de 10 à 14 jours, mais parfois plus court. Le
raccourcissement de la période latente a une signification que nous ne
développerons pas cette fois-ci.
Pourcentage des bacilles ne fermentant pas le lactose.
Leur proportion
varie de 1 à 100%. Une certaine élévation de cet indice suivie d'une
chute au taux normal peut être considérée comme un élément de bon
pronostic et est souvent suivie de la guérison. L'apparition de ces
bacilles après administration d'un remède est également heureux -
traduisant une bonne réaction du malade, mais on a encore remarqué que
tant qu'un chiffre élevé de ces bacilles persiste, le malade ne semble
pas s'améliorer. Ceci est à rapprocher de la constatation, dans le
cancer, dont l'issue fatale est trop connue, d'un taux élevé de ces
microbes.
À la suite de ces constatations, il a été possible non seulement de
grouper des remèdes mais aussi d'individualiser les nosodes :
1° Par les
symptômes présentés par les malades ayant ces bacilles dans leur
intestin;
2° Par la
disparition de ces symptômes après administration du nosode.
Pour les raisons
que nous avons formulées, nous n'avons pu publier les preuves cliniques
de ces faits, mais dans quelques articles parus dans le British
Homoeopathic Journal, nous avons donné quelques-unes des indications les
plus importantes de l'emploi de ces nosodes.
Ce travail sur les nosodes intestinaux confirme la théorie
homéopathique des miasmes, nous en avons présenté une partie au Congrès
de Glasgow.
Je désire résumer
ces conclusions ainsi :
1° Les symptômes
que l'on trouve associés à la présence de bacilles non lactiques dans
les selles ressemblent de très près aux signes décrits par HAHNEMANN
sous le nom de Psore.
2° En étendant ces
recherches aux autres microbes de l'organisme, on a trouvé un coccus ne
fermentant pas le lactose qui entraîne un syndrome se rapprochant de la
Sycose.
Ce dernier point a
été développé dans une monographie intitulée : «Sycosis and Sycotic Co.»,
présentée en février 1933 à la Société Britannique d'homéopathie. Nous y
donnions une liste de cas cliniques et leur relation avec les germes en
cause, ainsi qu'une étude bactériologique de l'entérocoque dans ses
rapports avec :
1° Les germes des
appareils respiratoire et génital, en particulier pneumocoques et
gonocoques.
2° Et des germes à
morphologie bacillaire trouvés dans l'intestin.
Des recherches de
laboratoire ont montré qu'il était possible de transformer la
morphologie de l'entérocoque : sous l'influence de certains milieux de
culture il peut, en effet, présenter la forme bacillaire. Ce
plémorphisme de l'entérocoque peut faire supposer que sa forme première
est analogue à celle du coli. A l'appui de cette thèse on peut citer le
fait suivant : si au cours d'une infection rénale à colibacilles on fait
des frottis de prélèvements uréthraux, on constate des germes analogues
au diplocoque et au gono, mais qui, après ensemencement, reprennent la
forme en bâtonnet du colibacille.
Ces constatations
bactériologiques confirment l'hypothèse que les cocci peuvent être des
formes de mutation de bacilles et, puisque nous avons précédemment
démontré que le bacille est associé à la Psore et le coccus à la Sycose,
on peut trouver dans ces observations un appui à la conception de
HAHNEMANN faisant de la Psore la base de toutes les maladies.
Voyons maintenant le rhumatisme dans ses différentes
manifestations. Est-il d'origine psorique
ou sycotique? Le rhumatisme aigu, en rapport avec une gonorrhée, est une
entité clinique bien individualisée; il est associé, nous le savons, au
gonocoque.
Le streptocoque
est si souvent rencontré au cours des autres formes de rhumatisme qu'il
peut en être considéré le germe responsable.
Dans une
communication présentée au Congrès de Glasgow sous le titre : «Some
bacteriological and clinical aspects of Rheumatism», nous avons montré
l'existence de cas de rhumatisme chronique avec présence dans l'intestin
de bacilles non lactiques, et grandement améliorés par la vaccination.
Ainsi, dans les formes aiguës, nous trouvions un germe appartenant au
groupe des cocci, et dans les formes chroniques au groupe des bacilles.
Ceci confirme notre impression que la phase de la maladie conditionne la
morphologie microbienne. Plus la maladie est aiguë, plus on rencontre de
microbes cocciformes; plus la maladie est chronique, plus les germes
sont bacilliformes.
L'étude du
rhumatisme nous enseigne autre chose. Quelle importance faut-il
attribuer respectivement aux germes trouvés dans une lésion locale et à
ceux qui existent dans l'intestin? Dans le cas d'un rhumatisme subaigu,
par exemple, on trouve dans les articulations un streptocoque et dans
l'intestin un bacille non lactique. D'après mon expérience personnelle,
je préférerais utiliser comme nosode le germe intestinal et non le germe
local, articulaire. Le bacille est, en effet, plus proche de la maladie
elle-même, le streptocoque n'étant qu'une forme de mutation en rapport
avec la localisation de la lésion. Des guérisons, il est vrai, sont
parfois obtenues avec le streptocoque comme nosode, mais j'attribue les
nombreux échecs constatés au fait que ce nosode ne couvre pas toute la
symptomatologie du malade.
Un argument semblable peut être proposé pour la tuberculose.
Quel est le germe fondamental si l'on trouve chez un
malade des B. K. dans les crachats et 100 °%, de bacilles non lactiques
dans les selles? J'ai donné quelques détails au sujet d'un cas semblable
au Congrès de Glasgow.
Comme traitement
médicamenteux homéopathique, j'avais choisi comme remède Ferrum
phosphoricum, or, le bacille trouvé dans les selles était le mutabile;
en se reportant à la table de comparaison, on trouve que Ferrum
phosphoricum appartient au type mutabile. Ceci montre qu'il existe des
rapports entre le remède choisi et le bacille trouvé dans les selles.
Mais autant que je puisse m'en rendre compte, on n'a pas encore établi
de rapports entre le bacille tuberculeux et le remède.
C'est sur ce sujet
que je me tourne avec espoir vers mes confrères français dont les
travaux sur les tuberculines nous ont vivement intéressés. Je pense que
les publications actuelles de l'homéopathie Moderne nous éclaireront sur
les relations existant entre ces nosodes et le remède individuel. Ces
nosodes préparés à partir du bacille tuberculeux doivent avoir une
action sur la lésion locale, mais il nous semble, d'après nos études sur
la flore intestinale, qu'un nosode intestinal doit couvrir le cas plus
complètement.
Rhumatisme et
tuberculose sont des manifestations de la Psore, mais cela ne doit pas
limiter la Psore au rhumatisme ou à la tuberculose. Ces manifestations
ne sont que des parties d'un tout, une vaccination se limitant à un de
ces aspects de la maladie, ne peut être que partiellement active.
Quelle attitude
adopter vis-à-vis de ces formes différentes, comment se familiariser
avec l'étude de ces nosodes intestinaux? En premier lieu, il existe une
publication traitant des résultats obtenus par les nosodes intestinaux;
elle est malheureusement introuvable actuellement; mais les détails les
plus importants concernant ces nosodes ont été publiés depuis 1932 dans
le British Homeopathic Journal. J'ai reçu beaucoup de demandes me priant
de publier ces faits, je me permets de rappeler que je dois assumer
l'ensemble de ce travail. J'espère toutefois, avec la collaboration du
Docteur CHARLES E. WHEELER, de Londres, le faire le plus vite possible.
En second lieu,
c'est à l'examen bactériologique des selles que j'ai attaché le plus
d'importance. Vous devez vous souvenir que la première partie de mon
travail était entièrement consacrée à l'étude de l'action des remèdes
dilués sur la flore intestinale. Dans tous ces cas, le remède avait été
donné selon les plus stricts principes homéopathiques, ce qui nous a
permis de déterminer les remèdes en rapport avec un type bien défini de
bacilles.
Dans le cas des
maladies chroniques, il arrive souvent qu'on ne puisse fixer exactement
le simillimum; c'est alors que l'examen bactériologique des selles peut
aider à préciser le diagnostic. Si, comme ce travail semble le prouver,
il existe des remèdes bien définis en relation avec des bacilles non
lactiques, eux aussi définis, il semble logique de supposer que
l'identification du microbe peut permettre de préciser le remède. Cette
méthode a fait ses preuves et je l'offre à ceux qui ont la possibilité
de faire des cultures microbiennes.
Soit par exemple
le cas d'une maladie chronique, dont le remède n'est pas évident,
l'examen des selles ayant révélé la présence de bacilles de MORGAN
(pur), vous pourrez, en vous reportant à la table. trouver la liste des
remèdes. Si les germes trouvés sont des Proteus, on pensera aux sels de
sodium; si ce sont des bacilles n° 7, aux sels de potassium. On est
ainsi guidé vers le remède juste, et, qui plus est, vers la dilution
optima.
Quand doit-on utiliser le vaccin intestinal?
Lorsque le
pourcentage des bacilles non lactiques est élevé, dépassant 50 %, il est
préférable de ne pas l'employer et d'utiliser de préférence le remède
homéopathique, comme nous l'avons expliqué. L'identification du germe en
cause n'est pas la seule connaissance utile, il en faut connaître
également le pourcentage et la persistance. Lorsque ce pourcentage est
bas, le vaccin peut être administré, et les plus belles guérisons ont
été obtenues lorsque le pourcentage était de 5 à 10 %. La persistance
des bacilles ne doit pas être négligée; ils existent en effet.
quelquefois, pendant des semaines et des mois.
Nous nous
souvenons que l'administration du remède peut avoir une influence sur
les selles. Lorsqu'une selle montre un pourcentage bas, il est prudent
de répéter cet examen au bout de quelques jours pour s'assurer que cette
proportion n'a pas augmenté; en effet, l'administration du vaccin
pourrait causer un désastre si le taux des bacilles était de 100 %. Il
suffit dans ce cas d'attendre que ce chiffre ait baissé. Si l'on a
affaire à une maladie chronique, où aucun remède n'est vraiment indiqué,
et où l'on ne trouve pas de bacilles non lactiques dans les selles, on
pourra donner soit le remède homéopathique qui semble le plus utile,
soit un vaccin intestinal polyvalent. Les selles examinées
ultérieurement peuvent alors contenir des bacilles non lactiques, indice
d'une bonne réaction vitale et clef d'un autre traitement.
On a l'habitude,
en France, d'administrer les dilutions basses de remèdes avant les plus
élevées pour éviter les risques d'aggravation (canalisation). Dans notre
administration de nosodes intestinaux, on peut commencer le traitement
aussi bien par les hautes que par les basses dilutions, selon la nature
de la flore intestinale.
Notre travail nous
donne aussi une explication possible de la pratique de la canalisation.
On note en effet que lorsqu'on donne une dilution élevée du nosode à un
malade présentant un pourcentage élevé de bacilles, ces symptômes sont
aggravés si l'on observe une baisse rapide de ce pourcentage. Cette
aggravation n'a pas été observée après administration de basses
dilutions du nosode. Les basses dilutions sont pourtant actives, même
jusqu'à la souche mère, puisqu'elles agissent toutes sur la flore
intestinale.
Considérations finales
Ces considérations
donneront, je l'espère, à mes collègues français une idée du travail
entrepris par le Docteur BACH, poursuivi par moi-même. Il y a
certainement beaucoup de notions à préciser; ces conclusions, je ne les
présente pas comme irréfutables, mais comme point de départ de nouvelles
recherches.
|