Par le Dr. Maria Vera Moreira, de Rio de Janeiro

Troisième partie : notes et bibliographie

Chap. 2. Epidemiologie

Historique

Afrânio Peixoto fit le commentaire suivant sur la résistance de l’Europe à admettre la contamination épidémique : « Les maladies avaient des noms qui étaient des déshonneurs continentaux « la peste était « orientale « ; le choléra « indien « ; la fièvre jaune typho « américaine ». Aucun maléfice ne fut européen, ni la dyphtérie, ny la typhoïde, ni la tuberculose… Ce fut elle, l’Europe, qui inventa les « maladies tropicales ». Et comme il n’y avait pas de tropiques en Europe »(23:36).

Malgré le nombre croissant de cas, beaucoup continuaient à nier l’épidémie. On se moquait du choléra en vers, en caricatures et dans de nombreux bals masqués. De nombreuses personnes furent emmenées à l’hôpital encore déguisées en pierrots et colombines, sans avoir eu le temps de passer chez eux. Certains furent enterrés avec leurs déguisements. Eros et Thanatos vont de pair (27:118).

Une des descriptions les plus douloureuses de Taunay fut celle du moment où le nombre croissant de malades rendit impossible leur transport par les autres soldats, le commandant ayant donné l’ordre d’abandonner les cholériques dans une clairière. « Ordre terrible à donner et terrible à exécuter, mais dont il faut le dire, ne suscita ni désaccord ni censure. Les soldats se mirent tout de suite au travail comme s’ils obéissaient à un ordre commun et ensuite (le sens moral avait disparu chez eux sous l’empire de la nécessité) mirent dans la forêt avec la spontanéité de l’égoïsme, tous ces innocents condamnnés, ces misérables cholériques, beaucoup d’entre eux de vieux camarades parfois de vrais amis avec lesquels ils avaient partagés les dangers » (28:155).

ETIOLOGIE ET MODE DE TRANSMISSION

Bien que cette oeuvre montre qu’en 1855 à Rio de Janeiro, on soupçonnait déjà que la transmission de la maladie se faisait par les selles, le texte de Taunay met en évidence l’ignorance en 1867, lors de la guerre du Paraguay, quant au mode de transmission de la maladie :

« A quoi devions-nous attribuer une telle invasion du choléra ou mieux, à quelle cause pourrions-nous l’attribuer ? Serait-ce peut-être la viande avariée que nous étions obligés de manger – ou à la faim que nous souffrions quand le dégôut l’emportait sur la nécessité – ou encore l’intolérable fournaise des incendies qui nous embrasait le sang – ou l’empoisonnement par toutes les substances végétales que nous dévorions ? »

Chap. 5 – Phases évolutives et symptômes

Comme illustration, nous transcrivons la 35ème observation clinique faite par le Dr. Malaise :

« Adriano Vanderbroeck, 14 ans, artisan de papeterie de Mr. Renoz, est attaqué le 8 octobre 1833 à cinq heures du matin par une forte diarrhée de matières un peu laiteuses, mélangées de caillots albumineux. Ces déjections furent suivies d’une grande prostration et accompagnées de grand bruit dans le ventre avec de violentes coliques. A onze heures apparurent les vomissements de même nature et des crampes dasn les membres.

J’ai vu le malade à 5 heures de l’après-midi. Les traits du visage décomposés, les yeux enfoncés dans leurs orbites; la voix éteinte, les extrémités violacées et froides; les crampes faisaient cruellement souffrir le malade; pouls filiforme presque insensible; le coeur battait faiblement; les déjections et les vomissements se répétaient par intervalles courts; soif intense; langue froide et bleutée; grande chaleur dans la cavité de l’estomac; urines supprimées depuis le début des malaises. Le malade était victime d’agonies vives; petite respiration Qui se faisait avec difficultés. Je prescris 4 doses d’Hellebore blanc 12 à prendre de demi-heure en demi-heure. Ce médicament fit disparaître les crampes et les vomissements; les déjections continuèrent par intervalles de 2 à 3 heures. Le matin suivant le malade présentait les symptômes d’une fièvre inflammatoire avec affection cérébrale tels que délire et sursaut des tendons. Je lui donnai 3 doses d’Aconit.18 à prendre de 6 en 6 heures. L’après-midi on m’informa que le malade était baigné de sueur et se reposait avec un sommeil tranquille. A 10 heures la fièvre et la soif étaient absentes et les symptômes cérébraux disparus; le pouls était calme et sans fréquence; il eut 3 déjections de nature cholérique. Je prescris 6 globules d’Acide Phosphorique 9. La convalescence s’établit et le malade ne tarda pas à jouir d’une heureuse santé » (20:220).

Chap. 6 – TRAITEMENT

6.1. CONSIDERATIONS GENERALES

Nous trouvons de nouveau dans Taunay l’interdiction de la médecine allopathique de laisser les malades boire de l’eau:

« Cela faisait mal de voir ces malheureux en agitation extrême, déchirant les chiffons avec lesquels nous cherchions à les couvrir, roulant l’un sur l’autre, à se tordre de crampes, vociférant, émettant des rugissements qui se confondaient en un seul cri articulé : de l’eau!

Les médecins n’avaient pas de moyens, les infirmiers, au début pleins de zèle et actifs, s’étaient découragés devant le nombre croissant de malades et malgré l’ordre qui interdisait comme fatal l’usage de l’eau, leurs en donnaient un peu pour satisfaire du moins un instant les moribonds »(28:141).

1. ACADEMIA REAL DAS SCIENCIAS DE LISBOA. Cholera Morbus Epidemica . Lisboa: Typ da mesma Academia, 1833.

2. BERMAN, Marshall. Tudo que é sólido desmancha no ar. São Paulo: Companhia das Letras,1986.359 p.

3.BOENNINHAUSEN,C.M.F. von: The Lesser Writings of . Nova Delhi: B.Jain Publishers Pot Ltd.350 p.

4. CANDIDO,Francisco de Paula. Guia para o Povo se dirigir no tratamento curativo e preservativo do cholera-morbus. Rio de Janeiro: Typ. Nacional, 1855.

5.CAIRO, Nilo.Tratamento Homeopathico das Moléstias Tropicais . Curitiba: Typ. Alfredo Hoffmann,1909,98 p. (Fascículo I).

6. CARVALHO, Maximiano M. de. Tratamento Homeopathico da Cholera Morbus. Clínica da Enfermaria N. Sra. da Conceição. Rio de Janeiro: Typ. Imperial e Cont. de J. Villeneuve e C.,1856,99 p.

7. CECIL, Loeb.Tratado de Medicina Interna. Editorial Interamericana, S.A., 1968.1856 p.

8. CHARGÉ, A. e Jahr, G.H.G. Tratamento Homeopathico Preservativo e Curativo do Cholera Epidemico .Trad. do francês pelo Dr. Pedro D’Albuquerque Lobo Moscozo. 2a ed. Pernambuco: Typ. de M.F. de Faria,1855.

9. COSTA, Emigdio e A.M.V. A Cholera-Morbus Epidemica na sua Invasão em Portugal . Rio de Janeiro: Typ. Comm. de Soares e C.,1855.

10.DUDGEON,R.E. Lectures on the Theory and Practice of Homeopathy .Nova Delhi: B. Jain Publishers Pvt. Ltd.,585 p.

11.KENT, James T. Filosofia Homeopatica. Madrid:Casa Editorial Bailly.Bailliere S.A.,926.342 p.

12. GAUCHER, Catherine. Étude Clinique Ouvert sur 20 cas . Montpellier, França: Homeopathes sans Frontières, 1991.

13. GAUCHER,Catherine. La Homeopathie face au Cholera. Montpellier, França: Homeopathes sans Frontières, 1991.

14. HAHNEMANN,S. Chronic Diseases. Nova Delhi: B. Jain Publishers Pvt. Ltd., 1985.2 vols.

15. HAHNEMANN,S. Lesser Writings , Nova Delhi: B. Jain Publishers Pvt. Ltd.,1990,784 p.

16. HAHNEMANN,S. Materia Medica Pura . Nova Delhi: B. Jain Publishers Pvt. Ltd.,1984,2 vols.

17. HAHNEMANN,S. Organon. 6a ed.Santiago do Chile: Editorial Hoch,1980.249 p.

18. INSTRUÇÕES para se conhecer e tratar o cholera morbo dirigidas aos senhores fazendeiros. Rio de Janeiro: Typ. Universal de Laemmert, 1855.

19. MARQUES,Gabriel G. O amor nos tempos do cólera.9a ed. Trad. Antonio Callado.Rio de Janeiro: Record.429 p.

20. MARTINS,João Vicente. A Cholera-Morbus tratada homeopathicamente. Rio de Janeiro:Typ. Universal de Laemmert, 1849.328 p.

21. MINISTÉRIO da Saúde, Serviço Nacional de Vigilância Sanitária. Cólera. 3a ed. Brasília: 1991. 50 p.

22. OLIVEIRA, Pedro Ernesto Albuquerque d’.Cholera -Morbus. Memória escrita e publicada por …,médico homeopata.Rio de Janeiro: Emp.Typ.Nac. do Diário,1855.

23. PEIXOTO, Afranio. Clima e Saúde . São Paulo: Companhia Editora Nacional. 295 p. (Coleção Brasiliana,129).

24. REYS, João Francisco dos. Da Cholera Morbus epidemica e seu tratamento homeopathico ao alcance de todos. Rio de Janeiro: Typ. do Correio Mercantil de M. Barreto, Mendes Campos e Comp., 1863.

25. SÄ,M.C.P. Considerações sobre a Cholera Morbus. Rio de Janeiro: Emp. Typ. Dous de Dezembro de Paula Britto, 1855.

26. SEVERINO, Antonio J. Metodologia do Trabalho Científico. 12a ed. São Paulo: Cortez Editora-Autores Associados , 1985.237 p.

27. SOURNIA, Jean C. e Ruffie, Jacques. As epidemias na história do homem. Lisboa: Edições 70, 1984. 247 p.(Coleções Perspectivas do Homem,23).

28. TAUNAY, Alfredo E. A retirada da Laguna. 5a ed. Rio de Janeiro:Livraria Garnier,1919,237 p.

29. TRATADOS Hipocraticos. Madrid: Editorial Gredos S.A., 1989. 6 vols. (vol. V-epidemias).

30. TYLER, Margareth L. Homeopathic Drug Pictures. Nova Delhi: B. Jain Publishers Pvt. Ltd.,1989-868 p.

31. VERONESI, Ricardo.Doenças infecciosas e parasitárias. Rio de Janeiro: Editora Guanabara Koogan S.A.,1969, 1095 p.

RETOUR AU DÉBUT DE L’ARTICLE

Tags: , ,

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour poster un commentaire.