Christophe et Sabine sont deux enfants d’une même fratrie.

Chaque cas m’a semblé intéressant et je n’ai pu me résoudre à ne parler que d’un seul. L’un, celui du garçon, parce que courant de situations pour lesquelles on sollicite un homéopathe; l’autre, celui de la fille, parce que nous permettant d’évoquer un remède trop peu prescrit.

sthetoscopeChristophe, né le 23 11 85. Amené pour des pneumonies à répétition, surtout à g. Vu le 10 02 93, à l’âge de 8 ans, déjà 4 pneumopathies lobaires. L’une au pneumocoque (hémocs +, etc). Pour les autres je n’ai pas d’informations. On lui a bien sûr fait maints bilans qui ne montrent pas grand chose à part du fer sérique assez bas (j’ai eu à l’époque la flemme de noter les chiffres).

Il est très maigre, par périodes il dévore sans parvenir à prendre un peu de poids, à d’autres il mange très peu. Il boit énormément de lait, adore les oeufs (sa mère précise qu’il s’en fait des ventrées).

Très sensible et timide, volontiers apeuré.

Enurésie.

BCG trois fois négatif (no comment).

Transpire énormément de la tête, surtout en dormant.

Le premier remède améliore considérablement l’enfant et sera monté jusqu’en LM en octobre 93. A cette date, il se porte fort bien, n’a plus été malade, etc. Mais subiste l’énurésie et la LM a produit peu d’effet. Il a une petite toux sèche qu’il traîne depuis des semaines, sans autre signe auscultatoire. Ses goûts alimentaires se sont déplacés, il aime tout ce qui est salé bien plus qu’avant, mais maintenant aussi le saucisson et le jambon.

Le premier remède donné en 200 Kent provoque une réaction abominable dès le soir de la prise. Toux accrue, vomissements, sueurs, insomnie, agitation, colères. L’état mental persistera pendant environ une semaine. Depuis la première prise en le 12 01 94, Christophe a encore de temps en temps besoin du même remède quand il refait un épisode de toux sèche. Ces toux sont de plus en plus faibles et cet hiver (96-97) il n’a encore eu besoin de rien.

Questions :

Quel est le premier remède ?

Comment interpréter le fait que la LM ait échoué ? (évoquer 2 cas de figure).

Quel est le second remède ?


Sabine, née le 17 12 76. Artiste, se lance dans la chanson. Vient pour des questions de poids, d’éruptions du front avant les règles.

Elle met une quantité énorme de sel dans ce qu’elle mange. Très sensible à la musique.

Elle a eu plein de vaccins et de réactions fébriles importantes après beaucoup d’entre eux.

Eu de nombreuses verrues aux mains et aux doigts, traitées localement.

La transpiration du visage est plutôt grasse. Celle des pieds sent mauvais.

Elle est très facilement irritable, fort caractère.

Le premier remède donné le 7 12 94 va rater lamentablement. Devant cet échec, puisqu’elle ne digère rien et puisqu’elle semble aimer aussi ce qui est sucré, je la revois le 12 1 96 et lui donne un second remède. Ce second médicament fonctionne tant bien que mal jusqu’en juillet 96.

A cette date le tableau se ré-aggrave. Elle fait de grosses colères, ne supporte rien ni personne, « j’en pleurerais tellement les gens m’énervent« .

Elle est désespérée de son état nerveux. Elle en bégaie. Elle se trouve elle même insupportable tellement elle est jalouse de tout le monde.

Fait plein de cauchemards, qui semblent beaucoup la frapper, notamment de voir un homme qui viole des petites filles, ou des visages très détaillés qui la regardent.

Cerise sur le gateau, elle a une douleur de plus en plus fréquente dans la région iliaque d.

Le troisième remède entraine une amélioration considérable. Le retour d’un peu de nervosité fait répéter en novembre 96. Sa mère que je revois en janvier 97 est ravie, sa fille pour l’instant se porte bien.

Questions :

Quel est le premier remède que vous auriez donné ?

Quel est le second remède de dépannage qui soulage un peu ?

Quel est le troisième remède ?

A vous de jouer:


« Jean-Claude.Ravalard » <Jean-Claude.Ravalard de wanadoo.fr>

1° cas Christophe :
Je retiens qu’il adore les oeufs, appétit dévorant mais reste maigre transpire énormément de la tête en dormant
Inflammation pulmonaire
Premier remède:Calcarea Carbonica
La LM aurait échouée du fait d’une similitude partielle ou d’une barrière ?
Deuxième remède : Tuberculinum
désir de salées et de gras,
toux sèche chronique avec les rubriques croisées fait apparaitre Tub
Cela me convient bien avec ses antécédents de pneumonies, de BCG négatifs .

La prescription de Calc ne fait pas un pli. Le désir d’oeuf marqué à ce point est incontournable. Ce symptôme général dicte la suite du cas. Le second point intéressant: transpiration de la tête en dormant.
Parvenus à ce point seuls trois remèdes couvrent le cas: Calc, Calc-p et Carc (nous avons vu lors de l’un de nos derniers séminaire qu’il faut ajouter Tub et Carc à la rubrique transpiration de la tête en dormant). Bien des signes manquent pour envisager Carc (pas méticuleux, pas de côté trop responsable, etc). Restent Calc et Calc-p en lice. Le côté peureux et timide penche énormément pour Calc, Calc-p ayant chez l’enfant plus volontiers le côté irritable, mécontent, et lent sur le plan intellectuel. De plus c’est très rare de voir un enfant Calc-p qui n’a pas de douleurs de croissance.
Pour finir, il faut jeter un coup d’oeil à la rubrique inflammation des poumons: belle rubrique avec plus d’une centaine de remèdes. Or, Calc-p n’y figure pas. Voilà à quoi servent ces rubriques générales: elles ne permettent pas de désigner un remède mais au contraire, une fois que l’on évoque quelques candidats possible, elles permettent de faire un tri.

L’échec de la LM. C’est peut être le point le plus intéressant qui m’a incité à vous entretenir de ce cas. Nous venons de parler pendant deux jours de la conduite à tenir pour la seconde prescription, aussi, je vais essayer d’être bref. Se pose avant tout la question de la similitude. Si celle-ci semble correcte, il s’agit alors d’un problème de hauteur de dynamisation. Dans ce cas, chez l’enfant, il serait plausible qu’on soit déjà trop haut et je donnerais volontiers une 200 pour recommencer à monter ensuite. Mais ici, il apparaît nettement que les symptômes se sont déplacés: saucisson, jambon, sel. Dans ces conditions je rapelle qu’il faut toujours avoir le réflexe de vérifier que Sanicula n’est pas indiqué (chaque fois que vous donnez Calc ou Sil, gardez une pensée pour Sanic). Or, il n’a pas de signes mentaux évocateurs (irritabilité, instabilité), et la transpiration de la tête a disparu. A ce propos, il faut se souvenir que la transpiration de la tête chez Sanic survient sur les parties sur lesquelles on est allongé, alors que Calc et les autres tanspirent par le seul fait du sommeil. Ce petit détail peut parfois être décisif. Reste maintenant à se poser la question: quels sont les remèdes de toux sèche chronique chez l’enfant ? Il faut en citer deux, (bien que le répertoire n’en donne qu’un): Lyc et Tub. Ceci étant posé, tout cadre fort bien avec Tub. D’autre part, les remèdes s’enchainent souvent avec une certaine logique: Calc est très souvent suivi de Lyc, et est un proche parent de Sulph. Tuberculinum lui-même est un parent très proche de Sulph. CQFD.

2 ° cas Sabine :
1 ° Remède sans même l’aide de l’ordinateur : Thuya . Tout semble l’évoquer
Après Thuya, j’aurai tenté Natrum Mur. puis du fait de ces colères rageuses, je tenterai un plus petit remède mais tu nous as orienté peut-être vers l’erreur, un Stramonium d’autant que je note dans la MM de Stram. « inflammation du caecum 3° »
Ca chauffe dur …Ho, ho, ho :-))

Ca me remonte le moral de voir que tu aurais prescrit Thuj comme moi. Je crois que tout y est pour l’évoquer. Ensuite, j’ai négligé à tort le goût intense pour le sel et donné Lyc en fonction du caractère très fort. Cela a donné quelques maigres résultats… jusqu’à prescrire le troisième remède. Ton idée de Stram me semble très intéressante. Je ne l’avais pas vu du tout celui là. Beaucoup de choses collent avec, mais… pas l’envie démesurée de sel, entre autres…


BEAU Remy.Beau de wanadoo.fr

Pour christophe : Ce désir d’oeuf à ce point, chez un enfant de surcroît, nous permet de ‘verrouiller’ cette rubrique ce qui met en évidence Calc. Le caractère peureux, la transpiration de la tête en dormant et à un moindre degré la tendance à l’anémie confirment le remède.

Après la prescription du médicament en sur toute la gamme jusqu’en LM, on note une amélioration conséquente mais la modification du tableau clinique initial avec déplacement des gouts alimentaires entres autres, indiquerait que le remède choisi n’était pas le plus complet pour le cas. Il est possible également qu’une LM dépasse les capacités réactionnelles de cet enfant.

Le deuxième remède soulage une toux sèche à tendance chronique chez cette enfant maigrichon, qui aime le salé et qui présente un BCG trois fois négatif. Moi je lui donnerais volontiers Tuberculinum.

Pas de commentaires ! Très belle étude du cas, c’est net et sans bavures. Tu peux toujours regarder mes commentaire à Jean-Claude histoire de passer le temps.

Pour sabine : Les mauvaises (très) réactions aux vaccinations, la sensibilité à la musique, la transpiration grasse du visage,les verrues, évoquent Thuya . J’avais pensé à Natrum mur initialement à cause du fort désir de sel, de la sensibilité, du caractère irritable et de l’éruption au niveau du front mais les réactions aux vaccinations n’étaient pas intégrées.

Je passe lachement au troisième remède car je vois plusieurs seconds remèdes possibles et je suis pris par le temps.

La clé du troisième remède nous est révélée par un rève, particulier s’il en fut, original, ‘voir un homme qui viole des petites filles’ ! Voilà qui n’est pas banal et nous simplifie la tache puisqu’il n’existe qu’un seul remède dans cette rubrique, au second degré, le fameux Lachesis de droite ou Lachesis décalé de Voisin : Cenchris Contortris. Il ne reste plus qu’à vérifier que ce remède est bien compris dans les rubriques jalousie, bégaiement….

Bien amicalement à tous. Rem

joli coup ici encore, mon cher Rém. En effet, il faut autant que possible dégager ce qui est caratéristique dans chaque cas. Ici, indiscutablement, voir un viol, ce n’est pas courant. Cenchris est le seul remède connu à présenter ce rêve. Cela ne signifie pas qu’il faille le prescrire automatiquement, je rappelle que par principe les rubriques du répertoire doivent être considérées comme incomplètes. Il faut aussi que le remède couvre les autres signes du cas. Et là: pas de problème ! Envie de sel effrénée, jalousie. Le signe caractéristique de Cench est la douleur de l’ovaire droit.
Bon, j’admets que j’ai été un peu dur de ne pas vous dire le mot ovaire, mais après tout les patients montrent la région iliaque ou inguinale, c’est à nous de comprendre. Cenchris est un énorme remède que Kent n’a pas eu le temps de mettre à jour dans son répertoire; d’autant que c’est lui qui a conduit une magnifique pathogénésie du copperhead snake, publiée dans The homéopathician en 1913. Il résulte de cela un bon millier d’ajouts que vous aurez dans le futur répertoire. S’il est un remède qui a des rêves frappants, horribles, vivaces, etc il faut retenir Cenchris.


XXX <Ggmed58 de aol.com>

Christophe:
Le premier remede est sans doute CALCAREA CARB
Comment interpreter le fait que la LM ait echoue ?
Je ne vois pas trop pourquoi cela echoue, peut etre manque-t-il des details et des modalites quant aux symptomes psychiques, est il frileux, y a t il une origine a ses pneumopathies ? une causalite ?
Quel est le second remede ? je lui donnerais surement PHOSPHORUS (tropisme pulm, toux seche et tous les autres symptomes). Je poserai volontiers des questions sur les modalites de la toux pour me conforter.

Bienvenue, Cher Ggmed58 (ça fait un peu guerre des étoiles comme appellation). Voyez plus haut mon commentaire sur l’échec de LM. Pas de modalités connues pour les pneumopathies, sinon l’exposition au froid, qui ne nous suffit pas hélas pour mener directement au bon remède.
Autrement, la suggestion de Phos est excellente et parfaitement bien justifiée, d’autant que ce sont là deux remèdes cousins. Quelques nuances cependant font pencher la balance vers Tub. Le goût pour le saucisson et le jambon appartient bien plus à Tub qu’à Phos. La notion de chronicité, petite toux qui traîne, sans modalité marquée, est très caractéristique de Tub à cet âge

Sabine:
Le premier remede auquel je pense et que j’aurais donne au debut est Thuya: ses reactions aux vaccinations, les verrues (suppression), les modalites de la transpiration, le caractere, sensibilite etc, le desir de sel , le remede de depannage pourrait etre Natrum mur mais je ne serais pas passe par la,
On pense devant ce tableau psychique tres marque a Nux Vomica ou Lycopodium, mais la << cerise >> (douleur de la FID dte), en est absente et nous fait sortir : Kali carb et Cocculus indicus :
En faveur de Kali carb : reves tres frappants (trouves a la rubrique :vivaces), l’irritabilite, la colere, la jalousie, et en plus il y a ces douleurs iliaques droites que ne presente pas Cocculus meme si c’est un remede de douleurs abdominales et il n’a pas non plus la jalousie, je tenterais, je pense, Kali Carb.

OK pour le premier remède et l’évocation de Nat-m. Je partage aussi votre point de vue entre Nux et Lyc, d’autant que j’avais fini par donner ce dernier. En tirant par les cheveux on aurait pu assimiler l’envie de sel à l’envie de choses assaisonnées dans Nux.
Enfin, très bien vu le Kali-c ! Je ne l’avais pas du tout envisagé non plus, ou plutôt je l’avais tout de suite écarté car il manque l’envie de sel qui est tellement marquée qu’il ne faut pas la négliger. De plus, elle n’a pas tendance à sursauter facilement, et c’est rare de trouver un Kali-c sans sursaut ni hyperesthésie cutanée (chatouilleux, etc). De fait la douleur en question doit faire évoquer l’ovaire, et dès lors Cenchris couvre élégamment les symptômes. Pour le reste, je vous invite à regarder mes commentaires plus haut sur Cench.

Merci de votre excellente contribution, et à bientôt (je m’en vais vous préparer de quoi faire chauffer les méninges!).


Popowski pierre <popowski de club-internet.fr>

Chers amis,
Ce forum est très intéressant. En tant que pédiatre, je trouve surprenant que vous attribuiez autant de valeur aux désirs et aversions alimentaires, chocolat, oeufs, lait ou autres…, alors qu’en pratique et en théorie, il y a bien d’autres choses de valeur hiérarchiquement. Prenons le cas de Sabine : les rêves d’hommes qui violent et de visages sont les plus valorisés, car « curieux, inusités, originaux… » : ils orientent d’emblée vers SEPIA. Et comme l’ensemble du cas semble correspondre, j’aurais donné en premier SEPIA. D’autant que le comportement de cette enfant est en accord avec le génie du remède : elle ne se supporte pas, et ne supporte pas les autres -cf ce qu’en disait J. Barbançay.
Signalons au passage que ce remède est sous – evalué en pediatrie, ce qui le fait ressembler à THUYA, NATRUM MUR., ARSENICUM…
Pour Christophe, d’accord pour un CALCAREA, mais PHOS., suivi de TK.

Aha ! Tu démarres très fort sur la valeur des symptômes. Plutôt que de développer partiellement cette très importante question, je me fais un plaisir de te renvoyer à la lecture de mon petit article sur le sujet (au départ c’est un texte qui s’adresse aux étudiants de l’un de mes séminaires précédents, mais je crois que cela pourra intéresser tous nos lecteurs).

Pour le cas de Sabine, tout le monde est d’accord: rêver de voir un viol, c’est le signe le plus frappant, on peut et même on doit commencer par là. Un remède seulement: Cenchris. Bien sûr, la seconde question à se poser: le remède couvre-t-il le reste du cas, étant entendu que Cench est très mal représenté dans le répertoire. L’autre signe mental concerne le rêve de visages très nets. Dans le répertoire, il n’y a pas de tels rêves. Mais nous disposons de bien d’autres ressources. Très souvent, il faudra recouper les rubriques des rêves avec celles de Illusions. En creusant un peu l’interrogatoire, ce n’est pas rare qu’en fait de rêves, le malade ait ces visions au moment du passage de l’état de veille au sommeil. Voir des visages, des mains, des animaux, etc, la rubrique la plus générale est Illusion Visions. Si tu prends la rubrique Illusion Visage, tu ne retombes sur tes pattes que grâce au système des références croisées qui lient cette rubrique à Illusion Images, Spectres et Vision.

ValRu

b

r

i

q

u

e

Cench Cupr Calc-sil Laur Stry Bell Op Ambr
12 12 10 10 10 8 8 8
2 1 1 1 1 1 1 1
3 2 1 1 1 3 3 2
Som: REVES / viol / voir un 3 2 Degré
+ Psy: ILLUSIONS… / visages… 3 1 2 1 1 1 3 3 2 Degré

+: La rubrique possède des références croisées.

+: Les remèdes sont recherchés dans la rubrique, mais aussi, éventuellement, à travers les références croisées.

1, 2, 3: Degré du remède.

1, 2, 3: Le remède est absent de la rubrique, mais présent dans l’une de ses références croisées (sous PcKent, il est possible de connaitre la référence en question).

1, 2, 3: Le remède présente une rareté relative (il est absent de la rubrique de sens plus générale).

1, 2, 3: Le remède présente une rareté relative, et provient d’une référence croisée.

Ces deux signes importants doivent faire
vérifier Cench dans la matière médicale. Ma bible dans ce cas particulier est
l’article de Kent dans The homéopathician, fév 1913 (ça ne nous rajeunit pas),
page 47. Le tableau mental est frappant: egoïste, envieux, nerveux et irritable,
pleurs et soupirs très fréquents (p 47), très vite émue aux larmes (p 51), etc.
Envie irrésistible de bacon salé (p 50). Ce symptôme s’est toujours trouvé
confirmé en pratique, et on peut ajouter sans crainte Cench à la rubrique désir
de choses salées (ou de sel). Enfin, les cas cliniques rapportés par Kent, p 65,
sont assez édifiants pour se faire une idée de sa pratique géniale et du remède.
Il en ressort très nettement la douleur de l’ovaire droit, qui est absolument
caractéristique de Cench.

Tu m’as envoyé la répertorisation sur les symptômes suivants, qui te donne Sepia :

1 x2 <0 1 3> SOMMEIL REVES,viol

2 x2 <0 0 2> SOMMEIL REVES d’ un visage

3 [0 7 10] PSYCHISME PLEURS,les symptômes sont amél. par les

4 [1 11 11] MEMBRES VERRUES des doigts

5 [7 11 10] MEMBRES VERRUES de la main

6 [5 19 31] BOUCHE DISCOURS, élocution,bégaiement

7 [9 14 15] MEMBRES TRANSPIRATION du pied,malodorante

Pour le premier symptôme, il n’existe pas de rubrique générale rêve de viol dans Kent et je crois que c’est fort bien ainsi car cela revient à généraliser de façon abusive des signes qui n’ont pas le même sens. On trouve cela par exemple dans le « Complete Repertory ». Du coup dans la même rubrique cohabitent Petr, qui rêve d’avoir commis un viol, Cench qui en voit commettre, Kreos qui est poursuivi par quelqu’un qui veut le violer. Comme Kent le dit ailleurs à propos du Boenninghausen: c’est dénaturer le sens du symptôme. Cela nous pose l’angoissante question des « ajouts » et « compléments » que l’on apporte au répertoire sans avoir d’idée bien nette de comment il faut procéder. Je t’avoue qu’à mon sens le meilleur côtoie le pire dans bien trop d’ouvrages récents…
Bref pour revenir à mon propos, Cench est le seul remède connu qui voit des viols.
Tu vas râler que j’écorne ta répertorisation, mais le symptôme suivant, rêves de visages, et un ajout dont j’ignore la provenance (des auteurs ont cru bon d’ajouter les rêves depuis Allen, et c’est trahir Kent qui les avait à sa disposition et ne les a pas mis dans son répertoire). La seule rubrique utilisable à mon avis est celle des Illusions.

Ensuite dans la hiérarchie des symptômes viendrait l’envie effrénée de sel, puis le bégaiement. Ce dernier symptôme, Cench le possède comme con copain Lachesis.

Et puis, qu’est-ce que je vois ? Tu interprètes ce que dit la patiente à propos des pleurs: elle est tellement énervée que ça lui donne envie de pleurer un bon coup… mais ce n’est pas que les pleurs >.

Pour finir, les signes locaux sont plus que plantoirs pour un remède que l’on sait peu expérimenté.

Voilà, je suis trop bavard, alors j’arrête ici.

Merci de ta participation, à très bientôt.

Popowski pierre <popowski de club-internet.fr>

Pour compléter ma contribution à ton cas clinique, je me permets de signaler ces quelques faits :

-pour le symptôme  » rêve de viol « , il y a bien SEPIA dans la rubrique. La référence émane de G.H.G. JAHR, dans son  » Systematisch Alphabetischen Repertorium der Homoöpathishen Arzneimittelehre.  » Les autres remèdes de la rubrique sont PETROLEUM (Kent), KREOSOTUM (Jahr), CENCHRIS (Kent, Schmidt) ;

-pour le symptôme  » rêve d’un visage « , il existe bien une référence à SEPIA dans Hahnemann et Künzli, où l’on trouve un  » rêve d’un visage défiguré  » pour ce remède;

-pour ce qui est de l’introduction de symptômes locaux dans une répertorisation : la pratique m’a montré qu’on ne peut pas valablement répertoriser (chez l’enfant en tout cas) et aboutir au bon remède (celui qui marche quasi  » miraculeusement « ) sans intégrer ce que j’appellerais des  » concomitants locaux  » aux symptômes mentaux et aux étiologies.

-enfin, pour ce qui est de  » l’interprétation  » d’un symptôme important ou du cas dans son ensemble : là encore, la  » bonne pratique  » me semble être de tenter de comprendre le cas dans sa globalité et  » en mouvement « , c’est à dire de ne pas se figer (je dirais  » bêtement  » ) sur la répertorisation pure et dure, mais de tenter (par un effort interprétatif justement) d’entrer dans la dynamique du cas.

A bientôt pour la suite. Je trouve tout cela très intéressant.

Je pense à un article plus général.
Salut.
Pierre.

Hello Pierre ! Je suis très content que notre site te plaise, et c’est aussi le tien et j’ai intérêt à ne pas raconter de bêtises maintenant que tu es là. On va passer pour des obsédés à force de parler du même symptôme. Merci de ta contribution intéressante et des précisions que tu nous apportes sur les sources des ajouts.

Symptômes locaux: absolument d’accord, une fois qu’est établi un groupe de remèdes couvrant les signes généraux, le choix définitif se fait souvent d’après les signes locaux mais il ne faut pas perdre de vue le fait que la matière médicale est bien incomplète et fragmentaire et que nombre de remèdes manquent de signes locaux (c’est d’ailleurs cela qui rend « plantoir » la méthode de Boenninghausen comme le dit Kent). Si nous avions expérimenté tous les remèdes sur 1000 personnes pendant 25 ans, tous les symptômes auraient la même valeur et l’homéopathie se réduirait en grande part à additionner « bêtement » des symptômes. Hélas on en est loin… et il nous faut avoir de la souplesse intellectuelle pour prendre des symptômes et en laisser d’autres, un peu comme Tarzan, il ne faut pas hésiter à sauter sur une autre liane si celle sur laquelle on est mène à une impasse.

Percevoir le cas, littéralement voir à travers, tout l’art est là, tu as cent fois raison. C’est pour cela que Kent disait en parlant de l’usage du répertoire: use it with your brain, not mechanically. Le danger du répertoire vient de la façon dont on l’utilise.

Impatient de te relire, je vais sélectionner un prochain cas pour vous faire bien gamberger.

Amitiés.


DuBois Jacques-Henry <jhdubois de bluewin.ch>

Cher Edouard,

Voici un très beau cas qui mériterait un plus long développement que celui que je ferai. Le temps me manque un peu.

THUJ. est le premier remède auquel je pense.Une répertorisation avec l’irritabilité, sensibilité à la musique, désir de salé, transpiration et visage huileux,verrues aux mains et doigts puis les suites de vaccinations le « confirme ».

Suite à l’échec possible de ce remède et en ajoutant le désir de sucré, SULPH. pourrait être le deuxième remède. Les rêves de viol peuvent nous aiguiller sur SEPIA.

Sous REVES/Viol/voir un, ne figure qu’un remède, CENCH. Une rapide lecture de la Concordant MM de Vermeulen me porte à croire que cette piste est intéréssante d’autant plus qu’on y trouve de la jalousie et surtout qu’elle serait querelleuse par jalousie. Je n’ai pas approfondi plus.

Si je reviens au motif de sa consultation, soit les éruptions au front avant les règles, son irritabilité, ses colères et désir de sucré me portent vers MAG-M. Je doute toutefois que ce soit le bon remède.

J’en termine ici pour aujourd’hui mais au moins je t’ai fait part de mon grain de sel!

Je me réjouis de te lire.

Amitiés, Jacques-Henry

Cher Jacques Henry, je suis content que tu te sois jeté à l’eau: tu vois ce n’est pas compliqué de nous envoyer une contribution. Et en plus elle est intéressante ! Excuse le retard que j’ai pris pour intégrer ta lettre: je l’avais laissée se noyer parmi un tas d’e-mail…. honte à moi.

J’avoue ne pas avoir pensé à Sulph, tant elle était énervée, j’ai foncé vers Lyc. C’est un moindre mal, car tu sais que Sulph suit bien Lyc. Autrement tu envisageais aussi comme Pierre Popowski l’indication de Sepia, qui est loin d’être absurde et qui colle bien avec le caractère. Mais, j’ai développé (sûrement un peu trop) les arguments contre.

Il va falloir que je me creuse pour vous trouver un cas digne de vos cerveaux….

Amitiés.


«  » <Jean.Lafeuillade de wanadoo.fr>

A propos de cette jeune Sabine… difficile d’en parler, puisque je la vois à travers tes propres yeux, mon cher Ed.
Il ne s’agit donc que de simples réflexions pour animer le forum.
« Les désirs de sel, la sensibilité à la musique, l’irritabilité (guerrière), les transpirations de mauvaise odeur, la sensibilité vaccinale..» forment un syndrome unique et cohérent ( que l’on pourrait appeler «syndrome bouclier » ou « A »). J’aurais très certainement donné THUYA sans trop me poser de questions, ne serait-ce que pour voir.
Le premier remède aurait déplacé la symptomatologie vers la sphère mentale ? piste peut-être intéressante, très certainement à suivre. Comme le dit le Ling Shu ( traité de Médecine chinoise ) :
« Quand l’énergie Yang est à sa fin, l’énergie Yin est à son apogée, on dort. Les rêves sont la correspondance externe de la partie «mentale » des organes. » l’apparition des rêves revêt une importance primordiale qui l’emporte sur l’irritabilité réactionnelle.
« La peur des jeunes filles d’être poursuivies» ( quand on pousse un peu l’interrogatoire)… me paraît un symptôme relativement courant d’adolescente, ou du moins qui manque d’individualité.
Par contre, je me serais accroché à « voit des visages », car cela sent d’avantage la sycose ( si l’on peut dire ! ), et semblerait confirmer l’ensemble du tableau clinique. J’ai toujours été étonné d’entendre les précisions apportées sur l’orientation spatiale des visages et des spectres, par rapport au patient. En tout cas, je n’aurai pas prescrit Medh. sans ré-interroger la patiente à ce sujet !…
Sans parler de LM, mon impression est que le deuxième tableau est incomplet. Ma deuxième hypothèse aurait été de vérifier un glissement possible vers un deuxième syndrome ( « syndrome doublure » par exemple, ou « B » ) qui associerait : « rêves abondants, pertes de mémoire, asthénie matinale, diarrhées d’aliments non digérés ou diarrhées de l’aurore, petit bassin froid et douloureux, face interne des genoux douloureux, oligurie ou rétention d’urine, langue tendre, pâle avec enduit blanc glissant. ». Je sais bien que ce n’est pas très satisfaisant, mais cela peut être une grille de recherche clinique.
Si je dois me jeter à l’eau, je retiendrais et valoriserais:
1/- voit des visages;
2/- désirs de sel et de sucre ( confirment cliniquement un déséquilibre de Rein et de Rate ).
3/ les transpirations d’odeur offensive, odeur des pieds ( intéressant surtout si elles sont pires en hiver ? ).
Il y a deux remèdes: Arg. et Medh. Je crois que sous la torture, j’aurai prescrit Medh. XM.
Tout cela, mon cher Ed, reste bien entendu dans l’ordre conjoncturel, spéculatif, supputatif et imaginatif…

Pffoui ! Comme d’habitude, le Jean se déchaîne !

Tu as bien raison de dire que tu vois Sabine à travers mes yeux. J’essaie à la fois de ne pas induire vos réactions sur tel ou tel symptôme, et d’autre part d’indiquer aussi ce qu’il y a à se mettre sous la dent. Apprendre à voir, c’est justement la grande pierre d’achoppement de l’enseignement de l’homéopathie. C’est d’ailleurs dans cette optique que j’ai créé les Séminaires Aude Sapere où défilent de « vrais » patients afin que les étudiants puissent s’entraîner efficacement.

Ceci dit, je te trouve dur avec les ados: déjà qu’il paraît que je suis macho, tu n’hésites pas à sous entendre que les ados (femelles) rêvent toutes de se faire violer ou quoi ? Justement, en l’occurence, elle voit quelqu’un se faire violer, ce qui me semble très original, et posséder bien plus de valeur que des rêves (ou illusions) de visages qui sont eux relativement courants.

Je réfléchis aux diverse tortures auquelles je pourrais te soumettre (peut être te jeter entre les griffes d’une ado maniaque ?? vieux grigou !). C’est toujours un plaisir de te lire. Et surtout garde ton super sens de l’humour.

Amitiés.

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2 réponses à “Cas clinique 02. Pneumonies à répétition. Obésité et éruptions. Calcarea carbonica, Thuja, Tuberculinum” Subscribe

  1. coutant jean 30/03/2010 at 19:51 #

    c’est quel Sanicula?

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