Cas clinique. Stramonium. Bégaiement

Il est souvent trompeur de tenter deviner un remède sur l’aspect physique ou quelques traits de caractère ou généraux qui paraissent évidents.

Une tendre et douce Stramonium

 Ici, dans ce cas clinique, il s’agit d’une cousine, ce qui complique évidemment le cas. En effet, si nul n’est prophète en son pays (donc à Grenoble), il est encore plus redoutable d’affronter la famille. Obligation de résultat sans faute et surtout, ce qui va de soi, sans honoraires.

Nathalie, jolie jeune fille porte allègrement ses 16 ans, mais elle se trouve atteinte d’un incoercible et handicapant bégaiement. C’est une camarade de Lycée, guérie d’une acné rebelle, qui lui a suggéré de voir ce médecin homéopathe à la renommée établie. La bonne conseillante ignorant la parenté de Nathalie avec le praticien…

Transparent No 1 (Observation)

Nathalie 1Nathalie est une personne douce, calme de caractère docile et réservée. Il est vrai que le bégaiement, quand il est bien marqué, n’incite pas particulièrement à la loquacité. Sans doute ce trouble du langage oblige à la personne de se tenir à distance du babillage et du bavardage spontanés de son âge. Ainsi, Nathalie est calme, douce, elle recherche plutôt la compagnie, sans craindre la solitude. Sa soif est modérée. Elle n’est pas frileuse à l’extrême, elle n’a pas non plus une chaleur vitale débordante.

Sur ces traits apparents, des confrères ont prescrit Pulsatilla assez souvent, entre autres remèdes, mais à l’efficacité nulle contre cette élocution gênante.

L’interrogatoire apporte quelques symptômes secondaires non caractéristiques, tels une fatigabilité matinale, des règles anarchiques et peu abondantes. Des leucorrhées modérées et non irritantes complètent un tableau peu significatif.

Par contre au cours de la conversation, la jeune fille accuse deux symptômes phobiques inattendus.

1/ Peur du bruit de l’eau, peur de l’eau en général. (Section Psychisme 684). Nathalie demeure sur les premiers contreforts du Massif de la Chartreuse. Ce paysage aux coteaux multiples est sillonné de ruisseaux et de petits cours d’eaux débordants souvent en cas de pluie même modérée. Elle redoute le bruit de l’eau qui ruisselle parfois autour de la maison. Elle n’est pas à l’aise non plus près de l’Isère, et elle ne s’attarde pas sur ses rives pittoresques en rentrant chez elle.

2/ Peur dans le noir, dans le sombre en général.

(Section Psychisme PSY 711). Sans aller jusqu’à la nécessité de placer une veilleuse dans sa chambre, elle redoute fortement une panne de courant inopinée. Elle évite, en général, de fréquenter les endroits sombres, peu éclairés.

Transparent No 2 (étude informatique)

ANathalie 2ux deux phobies, peur dans le noir et peur de l’eau nous avons ajouté en troisième position le signe objectif motivant la consultation :

3/ Bégaiement (Bouche 103)

Le remède qui s’affiche avec éclat est Stramonium. Ce remède affiche le maximum 9/9 sur 3 symptômes. Nathalie progressivement s’est débarrassée de son handicap.

Aujourd’hui, Nathalie est mère d’un petit garçon qui braille fort et ne semble pas affublé d’un bégaiement pour le moment…

Remarques :

a/ L’étude complète du document No 2 montre que les 4 simile suivants, à savoir, Belladonna, Cannabis Indica, Phosphorus et Cuprum Metallicum sont au degré 3 ou 2 dans le bégaiement.

b/ Le nosode qui apparaît dans cette étude est Lyssin ou Hydrophobinum. Il se trouve dans le premier symptôme retenu, la peur du bruit de l’eau.

c/ La hiérarchisation nous avait conduit à favoriser la peur de l’eau, le symptôme le plus singulier. La peur dans le noir était marquée sans une intensité extrême. Le bégaiement, symptôme lésionnel si je puis dire a été placé au troisième et dernier rang.

Cette remarquable observation appelle quelques commentaires. En effet, Stramonium est souvent décrit caricaturalement comme violent dans l’image qui en est donnée de l’école française, toujours prompte à la simplification. Le groupe de médicaments « psychiques » que forment Stram, Hyos, Bell, Acon, Lyss, Cann-i, Verat, Agar, Manc se caractérise par des tableaux protéiformes. Stramonium ne fait pas exception dans sa forme douce et sensible, mais chez laquelle la violence et la peur se manifestent dans le sommeil, lorsque la garde du conscient est abaissée. La peur est souvent le facteur causal chez les deux classiques que sont Hyosciamus et Stramonium.

Dans mon expérience clinique on peut distinguer les formes subtiles de peur qui mènent à ces médicaments.

-Dans Stramonium, c’est une peur terrible où l’on s’est senti directement menacé dans sa survie mais tout en étant acculé sans pouvoir s’échapper. Typiquement c’est le cas des personnes retrouvées vivantes après un tremblement de terre, un bombardement, etc. Cela devient une habitude de le prescrire chez les personnes qui ont connu une peur in utéro comme lorsque la main du gynécologue fait irruption pour tripoter le foetus et le retourner dans le ventre de sa mère.

-Dans Hyosciamus, la peur est mêlée avec le sentiment d’abandon. Typiquement un enfant se sent abandonné parce que sa mère doit être hospitalisée, etc.

-Dans Aconit, la peur a été tellement soudaine, brutale et inattendue que tout le système est sidéré. Il s’ensuit un état de tension permanente, avec un éréthisme cardiaque, etc. C’est LE médicament de routine à donner en 50m dans les suites même lointaines de frayeur. Typiquement l’enfant assiste au décès soudain d’un proche, ou on est pris dans un séisme avec l’état de panique qui s’ensuit. Le cas historique du roi du Portugal après le tremblement de terre de Lisbonne en 1755 en est l’incarnation la plus parfaite.

Cette observation nous amène à souligner tout l’importance qu’il y a à bien comprendre dans chaque cas « ce qui est indubitablement morbide ».  Bien souvent, les homéopathes actuels, peu versés dans l’Organon, amalgament gaiement les signes provenant du tempérament du patient, et qui ne sont donc en rien pathologiques mais simplement appartenant à sa constitution, avec les signes morbides, qui sont eux seuls à consiérer quand on recherche la similitude avec un médicament donné.

EB.




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(1812-1888) Born in Prussia, educated in Berlin before going to the United States in 1838 to register in the first and only homeopathic medical college in the world in Pennsylvania, known as the Allentown Academy. The Academy closed soon after his outstanding graduation. Considered by many to be one of the most clinically successful homeopathic physicians in our great legacy, Dr. Lippe's countless publications provide a blueprint for homeopathic practice. He helped launch several of the best homeopathic journals ever to be published, including the Organon, the Hahnemannian Monthly, and the Homeopathic Physician.

17 réponses à “Cas clinique. Stramonium. Bégaiement” Subscribe

  1. Ottavio Binetti 13/01/2012 at 18:48 #

    I think a stroke of luck. Of course the Dr. G.B .is good,but the fear of water appears spontaneously,its’not a doctor’ s question . Idem for the fear of dark. The stammer (begaiement)is evident.The rest goes from itself. But it is good that ends good.
    Greetings
    Ottavio Binetti.

  2. Delaunay Alain 15/01/2012 at 15:58 #

    Tout simplement un chef d’œuvre de classicisme homéopathique. Hé oui,
    G.Broussalian nous rappelle qu’il faut toujours rechercher les symptômes
    les plus curieux bizarres appartenant au malade que ce soit depuis toujours,
    ou depuis que…
    Je trouve que Stram est souvent indiqué chez beaucoup de gens stressés.
    Avis aux confrères Parisiens avec cette
    récente panne du RER A ; Gens bloqués dans un tunnel pendant
    3 heures….

  3. Joséphine Dedet 15/01/2012 at 19:02 #

    Pardon de poser une question de néophyte, mais cette phobie de l’eau a -t-elle été révélée spontanément par la patiente, ou bien lui avez-vous posé la question en songeant à Stram qui faisait partie des remèdes possibles ?

  4. Georges 16/01/2012 at 14:33 #

    Excellente question Madame Dedet Joséphine et je répondrai au médecin d’expression anglaise en même temps.
    Je pose toujours la question: aimez vous vous promener au bord de l’eau ?
    En effet, l’Isère arrose Grenoble et ses rives sont buts de promenades et de commerces divers.
    Si la réponse est non, je demande de préciser:
    Supportez-vous de regarder ou passer près d’une eau stagnante, une rivière, un lac ?
    Si le patient accuse une frayeur , une réticence ou une attirance, je fais préciser:
    Peur du bruit de l’eau ? Idées de suicide ?
    dans le cas cité, il y avait la peur de passer ou s’attarder au bord de l’eau.
    Puis ayant isolé ensuite le peur du bruit de l’eau, j’ai considéré ce dernier symptôme plus valorisant que la peur simple de l’eau.
    C’est pourquoi, peur du bruit de l’eau est le symptôme numéro 1.

  5. Michèle Bärtschi-Guedj 04/02/2012 at 13:23 #

    Bonjour Monsieur Broussalian,

    Heureuse de vous relire sur PH ! Merveilleux de découvrir vos cas, toujours très bien expliqués et un plaisir aussi de lire les commentaires d’Ed.
    Merci à vous de nous faire partager !
    J’ai 2 observations :

    Un jeune étudiant de 20 ans, look puls, qui souffrait d’asthme depuis sa naissance me consulte en 2003 suite aux conseils de sa mère thérapeute. Il doit partir au service militaire pendant 3 semaines il joue dans la fanfare militaire et doit souffler 8 heures par jours dans sa trompette. Impossible car les corticoïdes ne l’aident plus. Il vient me demander de l’aide. Je lui réponds qu’il doit me donner des symptômes particuliers, personnels et frappants. Je n’avais pas le programme pckent et je notais tout sur papier. J’étais en train d’écrire ses coordonnées sur sa fiche quand il me dit : « Madame est-ce que je peux vous dire quelque chose? Vous écrivez : votre stylo bouge, c’est ok mais j’ai l’impression que votre main, elle, s’agrandit..elle devient de plus en plus grande ! »
    Je le remercie et lui dis que c’est exactement le genre de symptômes qui va m’aider. J’ouvre le répertoire de Kent : illusion, agrandissement..
    corps, parties du : alum., Hyos.1, op., pic-ac., stram.
    D’ailleurs nous avons presque le remède. Quelles sont vos peurs ?
    « Je ne peux pas revenir seul du conservatoire la nuit, c’est maman qui vient me chercher. Et je ne passe jamais par le tunnel souterrain pour traverser le carrefour, j’ai trop peur du noir. Tous les autres symptômes collant avec le remède : mal de tête aggravé à la lumière, peur d’être seul la nuit
    « En plus depuis petit, j’ai peur d’étouffer ». Il est parti avec stram LM1 en phase liquide. Plus d’asthme il a terminé ses études d’ingénieur et se porte à merveille

    Le 2 ième cas, c’est mon fils qui avait à l’époque 6 ans qui se réveille après minuit en hurlant, se penche sur son lit et vomit. Estomac, vomissements redressant dans le lit, en se : acon.88b, Ail.12, ars.88b, colch.88b, Stram.88
    Il ne me reconnait pas, s’accroche à moi. Je ne sais comment le calmer. l’enfant s’éveille terrifié, ne reconnait personne, s’agrippe à ceux qui sont près de lui : bor.7, stram.1
    D’un coup il se tourne vers le mur et remet un cadre droit. Il se calme et se rendort.
    Le lendemain, j’écris un mail à Ed pour lui demandais dans quelle rubrique je trouve ce symptôme particulier. Il me répond : « vas voir dans Vision, objets obliques. OBLIQUES, les objets semblent : nux-m., stram.
    Je lui donne donc stram avec succès il n’a plus fait de terreurs nocturnes

    Bien cordialement et encore merci ! Michèle

  6. ROMEU Régine 14/06/2012 at 21:35 #

    simplement Merci Monsieur BROUSSALIAN pour les précieux conseils que vous prodiguez si généreusement sur le net .
    J’ai encore appris mille choses aujourd’hui , moi qui aurait donné Arsenicum à l’enfant du Dr Guedj , parce qu’il redressait le cadre … alors que son geste était généré par la perception visuelle  » oblique » qu’il en avait ! et non pas parce qu’il était objectivement  » pas droit » …
    Quelle extrème finesse de trait chez Madame l’Homéopathie , à son âge si belle , et de plus en plus !
    Respectueusement
    Régine ROMEU 81200 MAZAMET

  7. Souad 20/07/2012 at 11:48 #

    Bonjour Monsieur Broussalian,
    Je vous remercie pour ces informations qui m’ont d’une très grande aide.
    Ma fille a 7 ans. Elle est douce, calme, brillante dans ces études mais elle a toujours peur de faire des erreurs. Elle veut que tous le monde la félicitent.
    Elle n’a jamais vu son père. Je sais qu’elle a envie de le voir mais je n’ai aucun contact avec lui depuis sa naissance.
    Son bégaiement a commencé à l’âge de 5 ans mais à chaque fois elle revient à son état normal. Mais ça fait 6 mois qu’elle a commencé à bégaier d’une façon continue. Après discussion avec elle, j’ai constaté que sa maitresse à aggraver sa situation car à chaque fois qu’elle bégaie, sa maitresse pose la question à un autre élève, et la menace de lui enlever un point à chaque bégaiement. Elle ne m’a rien dit, j’ai eu cette information que par hazard en discutant avec elle. Elle pense que sa maitresse a raison de lui faire ça car elle bégaie.
    Actuellement l’année scolaire à terminer, elle est la première dans toute l’école mais le bégaiement continue toujours. Je ne sais pas quoi faire, nous avons consulté un psychiatre mais sans résultat.
    Pouviez-vous m’aider ou m’orienter !
    Merci

    • Edouard Broussalian 20/07/2012 at 12:02 #

      Bonjour
      Il bous faut trouver un médecin homéopathe dans votre région. Vous avez les critères pour le choisir grâce à notre site.
      Sachez que vous pouvez dès la rentrée être suivi gratuitement par moi même en échange de quoi les consultations seront suivies par mes étudiants.
      Cordialement
      EB

  8. Georges Broussalian 20/07/2012 at 14:35 #

    Bonjour Madame Souad

  9. JC.Thielemans 05/08/2012 at 15:31 #

    Je ne mets pas en doute cette guérison de bégaiement par stramonium.Mais je me pose cependant des questions.D’abord,je croyais qu’il y avait des symptomes éliminateurs.Et pour moi,le fait d’avoir un caractère doux,de type pulsatilla contre indique formellement stramonium.De meme que le caractere doux contre indique formellement nux vomica ou lycopodium,par exemple,qu’etre corpulent ou aimer la chaleur contre indique iodum.Meme si ces signes appartiennent seulement à la constitution du patient,je pensais qu’il fallait aussi en tenir compte.Ne lis t’on pas dans les matières médicales par exemple remède indiqué surtout chez les sycotiques,chez les carboniques,chez les vieillards,chez les femmes,chez les enfants?
    D’autre part,ces symptomes singuliers,personnels,frappants,dont on parle souvent tels que illusion d’agrandissement,impression que les objets sont obliques,sensation de toile d’araignée sur le visage,etc,ils sont très rares.Je ne les ai jamais rencontrés depuis 35 ans que je m’intéresse à l’homéopathie,à part impression d’avoir qulque chose de vivant dans le ventre.Mais après avoir donné à la personne concernée les 2 remèdes correspont à ce symptome(thuya qui pourtant semblait par ailleurs fort indiqué,et crocus sativa),le résultat a été nul.J’ai donc l’impression qu’il ne faut pas trop compter sur ce genre de symptomes pour trouver les remèdes.Pour moi,j’ai l’impression qu’il faut essayer tout remède présentant une certaine similitude, sans se décourager,jusqu’à trouver les bons.Donc,énormément de tatonnements.C’est ce que j’ai fait dans mon cas personnel.Mais cela peut prendre des mois et il faut un malade ou son entourage sachant bien observer.De plus,cela peut etre remis en question,car le terrain(donc les remèdes)peut changer.

    • Edouard Broussalian 06/08/2012 at 07:20 #

      Bonjour,
      Je réponds à la place de mon père qui est occupé en ce moment.
      Permettez moi de vous dire avec franchise et sans vouloir vous blesser vous devriez étudier l’Organon qui vous aurait apporté des réponses à vos questions et vous vous aurait évité les errances que vous nous affichez ici, car on peut continuer à prescrire à tâtons durant 70 ans sans progresser plus…
      Il n’existe pas de symptôme éliminateur, ce serait trop simple. La plupart des sujets Stram sont d’un caractère doux, et ne supportent aucune violence (c’est un symptôme car ces personnes sont vraiment malades à l’idée de voir de la violence à a TV par exemple).
      Le caractère d’ailleurs n’est pas un symptôme. Ce qui compte c’est le changement de la disposition mentale durant la maladie. Faites entrer les signes de la constitution seulement après avoir étudié ce qui est réellement morbide et à traiter (voir Organon 5 etc).
      Les matières médicales sont de valeur très inégales. Les françaises ont une piètre valeur dans l’ensemble, malheureusement. Avez vous Hering? et Allen? Ou le Concordant de Vermeulen? Ne serait ce que le Boericke est plein d’infos utiles, hélas sa traduction française contient tous les faux amis….
      Les signes rares existent, c’est à nous de les chercher et de les trouver. Plus la pathologie est avancée cependant, moins ils sont présents. Les expressions utilisées par les patients sont le reflets direct de ces sensations. Je me réveille « en mille morceaux a un sens »
      La notion de terrain doit être précisée… En fait l’organisme s « souvient » de ses états antérieurs, et à mesure des progrès accomplis par une prescription, on assiste à la modification du tableau, ce qui nécessite de changer le traitement.

  10. JC.Thielemans 09/08/2012 at 11:00 #

    Merci d’avoir répondu,Monsieur Broussalian.
    Je travaille principalement avec les matières médicales de Voisin et Vannier,mais aussi avec les matières médicales que je trouve sur le site homéopathe international.Après avoir réétudié stramonium,je suis d’accord:la violence de stramonium apparait surtout en cas de délire.Et ici,ce n’était pas le cas.Cependant pour d’autres remèdes,j’ai du mal à croire qu’il n’existe pas de symptomes éliminateurs.Par exemple,je pense que lycopodium a vraiment peu de chances de réussir chez quelqu’un qui ne se mets jamais en colère!La similitude doit marcher dans les 2 sens,cad que non seulement les symptomes importants du malade doivent se retrouver dans le remède,mais les symptomes importants du remède doivent se retrouver chez le malade.Avec votre systeme de points,ne pourrait t’on pas donner des points négatifs au remède quand ce n’est pas le cas?
    Pour ce qui est de tatonner,il arrive qu’on trouve les bons remèdes du premier coup,mais bien souvent,ce n’est pas le cas.Mais je ne tatonne pas au hasard.J’essaie en premier le remède qui me parait présenter le plus de similitude.Mais s’il ne donne pas de réaction satisfaisante,il faut bien essayer les autres!L’homéopathie n’est pas une science exacte.Vu sa difficulté,on a toujours beaucoup de chances de se tromper.Je suis certain que devant un cas difficile,il doit vous arriver aussi de tatonner pendant des mois.Il vaut mieux faire ça plutot que de baisser les bras.
    Bien que non médecin,j’ai soigné des cas très graves.J’ai meme sauvé in extrémis des personnes de ma famille.Dans ces cas,on n’a pas droit à l’erreur car l’homéopathie peut déclencher des aggravations foudroyantes.Mais on peut prendre le risque quand de toute manière la personne va mourir,mais qu’il reste une chance de la sauver.
    Actuellement,je soigne un cas très difficile.C’est une dame de 53 ans,hérédité chargée(père alcoolique,et ayant eu la tuberculose).Cette dame est malade depuis sa naissance.Actuellement,elle a bien une dizaine de maladies qui se superposent,dont certaines graves(leucopathie vasculaire cérébrale,elle a fait déja des mini AVC,des parésies,grave arthrose vertébrale,condylomes au col de l’utérus,insomnie rebelle,etc,etc,je n’ai cité que le plus grave).Elle a des symptomes de beaucoup de remèdes(gelsemium,sulfur,thuya,baryta carb,calcarea carb,capsicum,cortisone(homéo bien entendu),etc,etc).Certains de ces remèdes ont déja donné des réactions favorables:amèliorations,crises d’éliminations,réactions favorables selon lois de Héring.Mais franchement dans ce cas,le simillimum n’existe pas.Il n’y a que des similes,et il faut tatonner énormément(en marchant sur des oeufs à cause du risque d’AVC,des condylomes,de paralysie,etc).D’autre part,il est impossible de ne la soigner que par homéopathie pure.Les meilleures réactions,je les ai obtenues avec l’organothérapie diluée.Hépatine 4 ch donné selon les principes de l’homéo liquide)a déclenché une diarrhée qui a duré un mois.Et artère cérébrale 5 ch a donné la réapparition d’un ancien psoriasis du cuir chevelu.
    J’aimerais savoir ce que ferait Hahnemann dans un cas pareil!

    • Edouard Broussalian 12/08/2012 at 07:05 #

      C’est un plaisir d’évoquer ces point et de vous aider.
      Non, vous pouvez très bien avoir des Lycopodium qui ne se mettent pas en colère et même des Pulsatilla qui ne pleurent pas!
      Si vous suivez la formation, ceci vous apparaîtra clairement. Il n’est pas obligatoire en effet qu’il existe une atteinte sur le plan émotionnel. Le patient peut très bien n’avoir que des signes physiques. Par exemple une angine qui débute le matin au réveil, du côté droit, aura toutes les chances de répondre à Lycopodium, ces seuls signes suffisent.
      Je vous vois donc un peu perdu car on vous a donné des images fragmentaires, voire caricaturales des médicaments et de plus aucune vue générale sur la notion d’état de santé, ni de principes comme l’Organon les décrits. Et malgré tout vous vous en sortez! Cela indique un excellent potentiel et c’est une bonne nouvelle !
      Vous ne parviendrez a soulager la patiente que vous décrivez que si vous avez étudié correctement l’Organon, c’est la charpente même de toute prescription. Vous devez commencer par les signes les plus récents et passer une couche après l’autre selon la façon dont le tableau évolue. Vous pouvez toujours déclencher des tas de choses avec des produits exotiques, et même si cette patiente est dans un groupe C profond, lui procurer quelque soulagement, mais cela ne sera que du tâtonnement sans stratégie générale. Bien amicalement
      EB

  11. JC.Thielemans 21/08/2012 at 16:40 #

    Monsieur Broussalian,
    Cette discussion dépasse le cadre de cet article.Mais puisqu’elle a été commencée ici,poursuivons la.Je suis d’accord avec vous sur beaucoup de points depuis que je lis planete homeo(par exemple j’ai découvert l’homéo liquide,olfactive(hahnnemann a eu tort de l’abandonner,j’ai l’impression sans en etre sur,qu’elle est plus douce),j’ai découvert aussi l’unicisme(que j’appliquais déja en pratique,mais maintenant,je l’applique mieux)).Je suis d’accord aussi sur le fait qu’il faut commencer par soigner selon les symptomes les plus récents(qui sont en général les plus graves,mais n’y a t’il,pas d’exceptions?Dans ce cas,je trouve qu’il faut soigner d’abord le plus grave)Cependant,je ne suis pas d’accord avec vous sur certains points.Par exemple,je trouve le site trop exclusif concernant toutes les autres thérapeutiques de terrain(ce que vous appelez des produits exotiques dans votre réponse).Je pense avoir compris que dans le cas ou l’homéopathie est dépassée,vous acceptez la médecine officielle.Cependant,entre les 2,il existe d’autres médecines autres que l’homéopathie qui modifient le terrain.Par exemple en cas de cancer,que faites vous?

    Je pense que l’homéopathie est insuffisante(en général) à elle seule en cas de cancer(ce qui ne signifie pas qu’elle est inutile!)Je pense meme qu’on a déja pu observer des cas de cancer guéris uniquement par homéopathie.J’ai déja dit dans d’autres articles que mon père a été guéri dans les années 80 d’un cancer de la prostate,principalement par cancéromètrie de Vernes et appareil à ionocinèse du docteur Janet de Bordeaux.Lequel a produit dès la 4ème séance un abcès au bas ventre.Donc réaction très favorable selon lois de Hering,vous ne direz pas le contraire!Je pense que tout remède(meme de medecine officielle,mais c’est rare!) produisant des réactions favorables selon Hering,est bon pour le malade.

    Ce que vous appelez des produits exotiques peut très bien s’intégrer dans une stratégie générale.

    En particulier,l’organothérapie diluée et dynamisée du docteur Bergeret,je sais que beaucoup d’homéopathes sont contre.Mais dans ce cas,ne montrent t’ils pas le meme sectarisme dont la médecine officielle fait preuve envers eux?Ils disent toute maladie est générale.N’empèche que pour le moment,elle peut etre localisée surtout à un organe!Et si on tient ce raisonnement,on peut alors jeter à la poubelle tout remède homéo à action locale,cad les 3/4 des remèdes homéo!

    Que faites vous en cas d’insuffisance rénale constatée uniquement par analyse,sans aucun symptome?Moi,je donne rénine 4 ch,eventuellement sérocytol rein!

    Dans mon cas personnel,quand je constate que mes remèdes habituels ne marchent plus,que je n’ai plus de gout à rien,je sais que c’est le moment que je prenne tissu réticulo endothélial 5ch,et cela marche à chaque fois!C’est ce que j’ai fait aujourd’hui vers 11 h,et à 17 h,j’en ressens déja les effets:j’ai plus d’énergie.
    Pour en revenir à lycopodium,dans un cas aigu,d’accord,l’irritabilité de lycopodium peut étre absente.Mais dans un cas chronique,je persiste à dire que s’il n’y a pas irritabilité,le remède a peu de chances de marcher.

    D’autre part,je trouve très risqué de donner lycopodium(et d’une manière générale tout remède d’action profonde),dans un cas aigu,meme(et surtout!),s’il est indiqué,particulièrement s’il est remède de fond.En effet,le remède de fond risque de déclencher une crise d’élimination,que le malade,étant en état aigu ne peut pas assumer.Et je pense dans le cas de lycopodium,l’angine étant à ce moment abcès de fixation,va s’aggraver de façon foudroyante.Lycopodium est un remède très dangereux.Je connais 2 cas de pneumonie déclenchée par lycopodium,nécessitant hospitalisation,dont un déclenché par moi,et l’autre déclenché chez mon père par un homéopathe pourtant réputé.Mon père avait pourtant déja pris lycopodium sans problème.Mais là,il avait pris Aviaire avant.Malgré les antibiotiques,mon père a failli mourir,car il ne récupérait pas.J’ai réussi à rétablir la situation avec arum triphyllum,qui aurait été indiqué dès le début de la pneumonie,mais que je n’ai vu qu’avec retard.

    Donc:
    /L’homéopathie est une médecine beaucoup plus dangereuse qu’on ne croit,mais surtout chez les malades graves,vieillards,personnes affaiblies,etc.Il ne faut pas confondre non toxicité et innocuité.Pourtant,lors des émissions télévisées,le seul point sur lequel partisans et opposants sont d’accord,c’est que ce n’est pas dangereux(à part le risque d’abandonner traitement classique).Et ils se trompent tous!Il serait souhaitable de faire sur le site planète homéo un article sur les dangers de l’homéopathie,car c’est un sujet pratiquement jamais abordé.Pourtant Kent en parle.
    /L’homéopathie est capable de soigner quelquefois avec succès des gens qui sont en train de mourir.
    /Dans les cas d’aggravation après prise d’un remède,le meilleur moyen de soigner cette aggravation est de prendre un autre remède indiqué par le nouveau tableau symptomatique.Malheureusement,on n’en a pas toujours la possibilité,car le malade ou la famille,affolés,refusent tout remède homéo,s’ils soupconnent que l’aggravation est due au premier remède.

    • Edouard Broussalian 23/08/2012 at 10:11 #

      Bonjour
      J’essaye quand même de vous répondre brièvement, sachant que la plupart des points que vous soulevez ont déjà été évoqués et résolus … en 1878 par Lippe et ses amis. Voir ici http://planete-homeo.org/2011/05/05/the-organon-introductory-address-by-the-british-editors/

      Permettez-moi en toute franchise de souligner que vous utilisez des expressions qui n’ont pas cours, ou ne devraient pas avoir cours en homéopathie: « j’ai l’impression, sans en être sûr », « je suis d’accord », « je trouve », « je pense que »… « moi je donne ». Ces tournures sont la marque même de l’enseignement que vous avez reçu, il suffit de lire les publications de l’homéopathie à la française pour s’en convaincre.
      La médecine classique toute entière est basée sur des opinions et des théories, toujours fluctuantes.
      L’homéopathie est basée sur les faits et des lois, il ne peut être question de croyance ni d’opinion.
      Il est étrange d’ailleurs que le corps médical ait tant de peine à admettre qu’il existe des lois et qu’il faille s’y plier. On a vraiment l’impression que dans notre partie seuls les égos comptent.
      Vous ne verrez jamais aucun physicien ni aucun chimiste émettre des opinions, tous admettent et suivent les lois qui ont été découvertes, même si elles sont très anciennes dans leur formulation. La loi de Mariotte, les lois de Kepler, de Newton, etc. sont des exemples.
      Si nous admettons que l’organisme perturbé crée dans la maladie une totalité indissociable de symptômes alors il n’existe en théorie que deux façons de s’adresser à ce problème. Soit en administrant une substance « énantiomère » qui présente la capacité de produire juste le contraire de l’image relevée chez le patient, soit juste l’opposé, en administrant une substance qui ressemble de près au tableau morbide. Hahnemann a montré que c’est la seconde voie qui fonctionne, cela s’appelle l’homéopathie.

      Je ne doute pas une seule seconde que la prescription de telle substance plus ou moins organothérapique « fasse du bien », mais nous sommes dans le tâtonnement, j’ose dire « le coup de bol », sans démarche réellement scientifique. De plus, il est important de comprendre et de connaître les niveaux de santé tels que Vithoulkas les a définis en les dérivant de la loi de Hering. C’est très important de savoir si le niveau de santé du patient s’est réellement amélioré suite à la prescription ou si on a réalisé une suppression. Quels sont maintenant les signes sur le plan mental, émotionnels ou physique ? La pathologie a elle évolué vers des plans plus superficiels ? L’irritabilité succède à la dépression, est-ce favorable ? Des arthralgies surviennent après avoir traité un asthme, est ce favorable ? Ces questions doivent trouver dans l’esprit du praticien des réponses claires, il doit être préparé. Sinon c’est naviguer sans repère ni boussole.
      Si le patient va réellement mieux, il doit être maintenant capable de développer des épisodes aigus fébriles. De quand date sa dernière fièvre à 39 ?, etc. Tous ces points de repère doivent être familiers.

      De nombreuses publications, notamment indiennes, montrent toute l’efficacité de l’homéopathie dans le cancer, que ce soit à titre curatif ou palliatif. Tout dépend du niveau de santé du patient lorsque son cancer s’est développé.
      Plus le niveau est bas, moins la symptomatologie sera claire et plus on sera obligé de s’adresser à l’organe dans un premier temps pour améliorer le niveau d’énergie vitale et voir enfin survenir un médicament plus général. Mais ceci doit faire partie d’une stratégie claire et indiscutable, jamais basée sur une opinion mais bien sur l’estimation selon des critères précis, du niveau de santé.

      Votre insuffisant rénal NE PEUT PAS ne pas avoir de symptômes généraux. Sa pathologie représente l’aboutissement d’années de suppressions et vous aurez forcément dans l’anamnèse une succession de pathologies qui sera très révélatrice du médicament à choisir. A ce stade de pathologie physique, il est certain aussi que vous trouverez des perturbations mentales et émotionnelles. Les maladies réellement défectives sont très rares, Hahnemann décrit la stratégie à adopter dans l’Organon pour traiter ces situations.
      Le fameux « Lycopodium risqué » dont l’école française nous rabat les oreilles représente le résultat d’une incapacité à évaluer le cas et de s’adapter à la posologie liquide ou olfactive pour limiter les réactions du patient.

      Bref, j’ai grand plaisir de vous lire, mais en effet nous n’avons pas assez de place ici. Si le cœur vous en dit je vous invite à vous inscrire aux cours qui commencent cette année, tentez de mettre de côté ce qu’on vous a appris, pour voir tout d’un œil neuf et noter si vos résultats progressent radicalement. Ce serait une belle expérience.
      Bien amicalement
      EB

  12. MARIA MAUGERI 01/09/2012 at 12:26 #

    Bonjour Docteur Broussalian,

    Depuis que j’ai découvert votre site je passe des heure à vous lire.

    J’ai découvert l’homéopathie en 1979. Guérie d’une dépression, d’angines à répétition et aussi de difficultés a être enceinte.
    Pour moi cela a été un miracle et une nouvelle naissance.
    Je me suis donc lancée dans l’étude de l’homéopathie en autodidacte.
    Avec les conseils de mes homéopathes successifs et les dialogues que j’entretenais avec eux j’ai appris des tas de choses.
    Ce qui m’as permis de soigner mes proches avec grand succès.
    Cependant il arrive un moment donné que les remède pourtant bien choisis par mes homéopathe ne fonctionnent pas, ou on arrive à un amélioration partielle sans arriver a une guérison ce qui est le principe même de l’homeo.
    A ce jour je n’ai plus d’homéopathe, je lis sur ce fil que vous soignez si on est d’accord que le cas soit suivis par vos étudiant, pouvez vous me dire comment je dois faire, j’habite en Belgique.
    Je vous remercie et merci encore pour votre générosité de partage de vos connaissance et expérience.
    Cordialement,

    Maria Maugeri
    [message édité par la rédaction en ce qui cerne l’orthographe]

    • Edouard Broussalian 02/09/2012 at 09:49 #

      Bonjour
      Merci pour vos commentaires trop indulgents.
      Dès que les cours commenceront, nous pourrons nous occuper de votre cas avec plaisir. L’idéal, j’ose dire l’indispensable, serait que vous fassiez le voyage à Genève pour nous permettre de vous examiner et de prendre votre cas dans les meilleurs conditions. Bien sûr, vous serez traitée gracieusement, les étudiants vous en remercient d’avance.
      A travers cette démarche, vous voyez que nous allons constituer un véritable volontariat pour faire progresser la médecine. J’espère que les patients vont se mobiliser comme vous et inciter leur médecin à en faire autant. C’est sur les patients que nous comptons.
      Bien cordialement
      EB

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