Bryone blanche. Synonyme: Vitis Alba. Vitis diaboli. Plante vivace de la famille des CUCURBITACÉES qui croît principalement dans les haies.

On prépare la teinture-mère avec la racine fraîche déterrée avant la floraison. Les triturations se font avec cette même racine séchée et pulvérisée avec soin.

La pathogénésie de Bryonia a été établie par Hahnemann et se trouve dans sa Matière Médicale Pure. De nouvelles expérimentation ont été faites par la Société autrichienne qui en a publié les résultats dans le 3ème volume de l’Oestereichische Zeitschrift für homoeopathie.

 

Action Physiologique

 

La Bryone agit plus puissamment qu’aucun autre remède sur les séreuses, sur les organes qu’elles contiennent et sur leurs dépendances, les synoviales. La séreuse la plus affectée est la plèvre et le viscère, le poumon.

La Bryone enflamme la muqueuse respiratoire, mais l’inflammation ne paraît pas s’étendre plus loin que les premières divisions bronchiques. Curie, le père de l’illustre savant, qui fut homéopathe, a démontré par des expériences et par des observations cliniques, la propriété de la Bryone de produire des fausses membranes et des exsudations plastiques au larynx, dans la bouche et ailleurs, ce qui avait été déjà affirmé par le Dr Teste, et qu’Orfila avait constaté pour le rectum.

La Bryone enflamme le tube digestif. Trousseau se contentait de la placer parmi les évacuants à côté de l’elaterium et de la coloquinte, mais les symptômes essentiels de la Bryone dans la sphère gastro-intestinale sont dus, non à l’irritation, mais à la sécheresse des muqueuses. La bryone a produit de l’ictère et de la congestion du foie..

La Bryone est un des rares médicaments qui produisent l’inflammation du tissu musculaire, d’où son emploi dans le rhumatisme qui l’affecte.

 

Type

 

Le malade de Bryonia est souvent un cholémique au teint bilieux, facilement irritable. Généralement maigre, sec, nerveux, aux cheveux noirs. Il prend facilement froid et est surtout sensible au froid humide qui survient dans les jours chauds après la pluie ou un changement atmosphérique brusque.

Dans le délire des fièvres, il parle surtout de ses occupations professionnelles et se croyant éloigné de son domicile, demande à y retourner.

Toujours amélioré par le repos, le sujet de Bryonia est immédiatement aggravé par tout ce qui peut troubler sa quiétude physique et mentale, choc nerveux, accès de colère, vexation, mouvement quelconque.

Ne pas oublier que, dans ses effets alternants elle peut provoquer des douleurs que le mouvement soulage (Hahnemann).

 

Modalités

 

Aggravation:

  • Par le mouvement (se lever de la position allongée, se pencher);

  • Par l’effort;

  • Par la toux, la respiration profonde, en éternuant, en avalant, par le simple mouvement des yeux;

  • Par la chaleur (en s’échauffant, par la chaleur d’une pièce, l’été);

  • En prenant froid (sur une transpiration++);

  • Par la suppression d’une éruption;

  • Par le toucher;

  • Suite de vexations;

  • A 3 heures et à 21 heures.

Amélioration:

  • Par le repos;

  • Par la pression forte; en étant couché sur le côté douloureux, le bandage, en remontant les genoux;

  • Par les boissons et les applications froides.

Latéralité prédominante: droite.

 

Caractéristiques

 

Aggravation par le mouvement, amélioration par le repos, telle est la plus grande caractéristique de Bryonia.

Extrême sécheresse des muqueuses ayant pour conséquences: lèvres grillées, sèches, craquelées; selles dures, comme brûlées; sensation de poids à l’estomac; besoin de boire de l ‘eau par grandes quantités.

– Soif pour de petites quantités fréquemment répétées : Arsenic et Belladona.

– Soif pour de grandes quantités à de longs intervalles: Bryonia, Natrum mur, Phosphorus, Sulfur.

Epanchements dans les séreuses avec douleurs piquantes à leur niveau.

Gonflement inflammatoire des articulations avec pâleur des tissus.

Appétence pour le vin et pour le café.

Apathie allant de la langueur à la torpeur.

La chaleur aggrave tous les symptômes, sauf certaines céphalées.

Le siège de toute irritation ou inflammation est très sensible au toucher et soulagé par la pression forte.

Sensation de douleur au creux de l’estomac que le malade expriment disant qu’il y sent une pierre.

Douleurs d’indurations dans les seins au moment des règles.

Symptôme singulier: on transpire à grosses gouttes en marchant à l’air froid.

DOULEURS: aiguës, piquantes, rapides, et souvent intermittentes, parfois fulgurantes le long des troncs nerveux.

Elles affectent surtout le côté droit du corps et sont toujours aggravées par le mouvement, même le plus minime; c’est ainsi que le déplacement des globes oculaires augmente terriblement la céphalée de Bryonia.

Elles sont aggravées la nuit, vers 3 heures du matin, et par la chaleur sous toutes ses formes.

Elles sont toujours améliorées par le repos, la pression forte (le malade de Bryonia se couche toujours sur le côté douloureux) et par les applications froides et les boissons. Ne pas oublier que le froid est la cause occasionnelle, sinon déterminante, des douleurs du sujet à Bryonia.

SELLES: constipation, sans aucun besoin selles dures, sèches, noires, comme brûlées, mais elles semblent toujours trop volumineuses. Constipation aggravée par le voyage en mer.

Diarrhée, le matin, dès que le malade commence à remuer dans son lit ou aussitôt qu’il est levé, à son premier mouvement: les selles sont bilieuses, brunes, quelquefois mélangées de sang.

RÈGLES: trop en avance et trop abondantes. Elles peuvent être supprimées et remplacées par des épistaxis vicariantes ou bien leur suppression a pour conséquence un mal de tête fendant.

 

Indications Principales

 

Si l’on veut bien se souvenir que la Bryone a une véritable prédilection pour les séreuses et les parties des viscères qui les avoisinent, qu’elle produit une inflammation congestive sèche des muqueuses et qu’elle est tout à fait adaptée à la diathèse rhumatismale, on ne manquera jamais de penser à elle dans les affections suivantes:

Point de côté et pleurodynie. Pleurésie sèche, surtout à droite, la douleur est aggravée par le moindre mouvement, la pression du doigt sur l’endroit lésé est douloureuse, mais le malade se couche sur ce côté pour l’immobiliser, car la pression forte et large améliore toujours.

Pleurésie à épanchement.
Bryonia est indiquée par la violence du point de côté, par la nature rhumatismale ou goutteuse de la pleurésie, par l’abondance de l’épanchement, quelquefois par l’insuccès de Cantharis. En présence d’une pleurésie double, on peut affirmer le rhumatisme, et c’est une raison de plus de penser à Bryonia.

Pleuro-pneumonie et Pneumonie.
Dans la pleuro-pneumonie, Bryonia est presque spécifique. Dans la pneumonie, elle sera toujours indiquée par les caractères du point de côté donnés plus haut et la localisation de l’inflammation à la partie externe, près de la plèvre. Peut suffire seule à la guérison. On peut avoir à l’alterner avec Phosphorus la nuit; avec Ipéca, si la bronchite est dominante; avec Arsenicum, si la faiblesse est menaçante.

Rhume et bronchite simple.
A la période de crudité, Bryonia est tout à fait indiquée, puisqu’elle produit la congestion et la rougeur de la trachée et des premières ramifications bronchiques. Elle convient particulièrement, aux bronchites « a frigore ». Le chatouillement au niveau du sternum, à la bifurcation de la trachée, est absolument caractéristique de son indication.

Bronchite rhumatismale et bronchite pseudo-membraneuse ont presque leur spécifique dans Bryonia.

Broncho-pneumonie. Pour Jousset, Ipeca 6eet
Bryonia 6ealternés, constituent son véritable traitement.

Asthme qui s’accompagne de vomissements et de points de côté (Jousset).

Inflammations des séreuses articulaires; synovites. Bryonia est le remède souverain de toutes les inflammations des membranes séreuses arrivées au stade d’épanchement. Elle est aussi utile dans la synovite idiopathique, causée par un refroidissement ou une contusions, que lorsque l’affection est la manifestation locale du rhumatisme.

Rhumatisme. Après Aconit, Bryonia est incontestablement le meilleur remède du rhumatisme aigu. Elle parait également efficace dans le rhumatisme articulaire et dans le rhumatisme musculaire elle est moins appropriée aux affections du tissu fibreux proprement dit. Les articulations peuvent être rouges, luisantes ou pâles. Elles sont toujours raides à cause de la douleur, car le moindre mouvement réveille des douleurs aiguës, piquantes et déchirantes, mais si on serre fortement avec les deux mains l’articulation atteinte, le malade peut la mouvoir, car la douleur est alors considérablement diminuée. C’est un médicament de premier ordre quand le rhumatisme affecte les muscles particuliers des lombes: lumbago; du cou : torticolis, ou le diaphragme.

Affections digestives: crampes d’estomac, gastralgies, dues au refroidissement ou au rhumatisme, dyspepsie goutteuse ou rhumatismale. Coliques intestinales, dues au froid ou au rhumatisme.

Péritonite, lorsque les symptômes caractéristiques de la douleur de Bryone existent, et surtout dans l’appendicite. C’est l’alternance de Bryone et de Belladone qui paraît le mieux agir pendant les crises d’intensité moyenne.

Névralgies et névrites. Dans la névralgie cervico-brachiale, la Bryone est, indiquée par la raideur des muscles de la nuque et du cou.

Dans les névralgies intercostales, elle est, avec Ranunculus bulbosus, le principal médicament.

Dans la sciatique , on lui doit de fort beaux résultats. Même dans les cas chroniques avec amaigrissement du membre malade.

Mastites surtout chez la nourrice dont le lait se tarit et dont la glande s’enflamme. Les seins sont pâles, chauds et durs, d’une dureté de pierre. L’impression de pesanteur est si douloureuse et le moindre mouvement si pénible que les seins doivent être soutenus et immobilisés.

Vertiges le matin en se levant, avec défaillances dès le premier mouvement. Le même vertige se répète dans la journée, quand le sujet « se lève de sa chaise » c’est-à-dire quand il passe du repos au mouvement. Bryone, ne l’oublions pas, est un remède du matin (aggravation de 3 h) et un remède toujours pire par le mouvement, ce qui nous expliquera les vertiges et céphalées qui apparaissent dès le matin, après le repos de la nuit, à l’occasion du moindre mouvement.

Céphalées « congestives ». Le premier et le moindre mouvement matinal, tel que le déplacement des globes oculaires ou la marche, fait apparaître la migraine qui augmente jusqu’au soir. Sensation de pression de dedans au dehors « comme si le cerveau allait éclater » exaspérée par les moindres mouvements, toux, éternuement, en respirant profondément, après avoir mangé, par la chaleur.

Toux.: grasse, facile, fréquente, causée par un grattement dans la gorge et provoquant un point de côté. Toux sèche avec des crachats striés de sang, plus forte après les repas, se terminant quelquefois par un vomissement, et amenant un point de côté que le malade comprime avec la main pendant la toux. Toux du matin en s’éveillant, en se remuant, avec des expectorations quelquefois sanguinolentes, toux sèche augmentant en entrant dans une pièce chaude et s’accompagnant de douleurs piquantes. Expectoration rare, parfois légèrement teintée de sang; les crachats sont visqueux, collants.

Fièvre: elle rappelle celle des phlegmasies et en particulier de la pneumonie; frissons secouant avec chaleur et rougeur des joues, nausées pendant les frissons, chaleur brûlante avec rougeur du visage plus marquée à une joue, grande soif. Les sueurs sont abondantes, générales, chaudes, d’une odeur aigre.

 

Répertoire de Kent et valorisations relatives de 2° et 3°

 

  • PSYCHISME: Calme, fièvre, pendant (2,2) –  Délire, matin, aube, à l’ (3,2) – Illusions,chez-lui, loin de, il est (3,2), spectres, fantômes, esprits, etc., voit des, fermant les yeux, en (2,2), visages, voit des, fermant les yeux, en (2,2), visions, fermant les yeux, en (2,2).
  • VERTIGE: – Chute, arrière, en (2,2). – Objets semblent, bouger, tournoient, tourbillonnent (2,2).
  • TETE: – Douleur, allongé, agg étant, obscurité, dans l’, amél (2,2), vertex, matin, réveil, au (2,2), éclater, comme si la tête allait, matin, ouvre les yeux, dès qu’on (2,2), forante, creusante, vrillante, etc., front, matin, réveil, au (2,2), tiraillante, midi, amél (3,3), occiput, extension, cou, endormir, avant de s’ (2,2). – Froideur, vertex (2,2). – Mains, soutient la tête, de ses, toussant, en (3,3). – Pulsation, matin, réveil, au (2,2). – Transpiration du cuir chevelu, huileuse (2,2), odeur, acide (2,2), sommeil, pendant (2,2).
  • YEUX: – Eruptions région des yeux, paupières (2,2). – Inflammation iris, rhumatismale (2,2).
  • OREILLES: – Prurit dans l’oreille, brûlant (3,3).
  • VISAGE: – Douleur, froid, applications froides, amél (2,2). – Eruptions, lèvres, inférieure (3,2). – Inflammation, parotide, suppuration, avec (2,2). – Tics, bouche, commissures (2,2). – Ulcères, lèvres (2,2).
  • BOUCHE: – Aphtes, langue, pointe (2,2). – Rugosité, langue (2,2).
  • GORGE: – Déglutition, gêne à la déglutition, solides, pour les (2,2).
  • COU: – Douleur, déchirante, côtés (3,3), tiraillante, côtés (2,2).
  • ESTOMAC: – Indigestion, froid, après avoir pris (2,2).  – Nausée, buvant, après, amél (3,2).
  • ABDOMEN: – Douleur, foie, allongé, côté droit, sur le, amél (3,3), rate, frisson, pendant (2,2). – Spasmes musculaires, hystériques, chez les femmes (2,2).
  • RECTUM: – Constipation, nourrissons, chez les, au sein (2,2). – Diarrhée, matin, lever, après,

et avoir un peu marché (3,2).

  • URINES: – Epaisses, reposer, en les laissant (2,2). – Sédiment, rose (3,2).
  • GENITAUX MASCULINS: – Douleur, piquante lancinante, cordons spermatiques (2,2). – Eruptions, pénis, gland (2,2).
  • GENITAUX FEMININS – Douleur, ovaires (2,2), accouchement, douleurs du travail, spasmodiques (2,2), utérus (2,2).
  • THORAX: – Douleur, sternum, derrière le, toussant, en (3,3), brûlante, côtés, droit (3,3), côtés, mouvement, bras, agg (2,2), contuse, comme une meurtrissure, sensibilité au toucher, cour, mouvement, agg (2,2), sternum, derrière le, toussant, en (3,3), crampe, comme une, cour, dans le (2,2), piquante lancinante, point de côté, côtés, gauche, extension, droite, à, inspiration, agg (2,2). – Eruptions, rash (2,2). – Oppression, côtés, droit (2,2). – Transpiration, axillaire (3,3). – Tuberculose pulmonaire, aiguë(2,2), débutante(2,2),  – Tuméfaction, seins (2,2).
  • DOS: – Douleur, dorsale, omoplates, entre les (2,2), omoplates, rhumatismale (2,2). – Douleur, contuse, comme une meurtrissure, sensibilité au toucher, lombaire (3,3), sacrée (2,2), déchirante, sacrum (2,2), lombaire (2,2), piquante lancinante, élancements, dorsale, omoplates, gauche, sous l’, extension, cour, traverse jusqu’au (2,2), tiraillante, sacrée, marchant, vite, en (2,2). – Pulsation, lombaire (2,2).
  • MEMBRES: –  Chaleur, membres sup, main, paume (3,3). – Crampes, articulations (2,2). – Douleur, membres inf, genou, rhumatismale (3,2), jambe, goutte (2,2), pied, articulations du (2,2), orteils, gros orteil, articulations du, goutte (2,2), contuse, comme une meurtrissure, sensibilité à la pression, membres inf, genou (2,2), membres inf, orteils, gros orteil (2,2), coupante, membres inf, hanche (2,2), déchirante, membres inf, mouvement, agg au (2,2), entorse, comme une, articulations (2,2), membres sup, poignet (2,2), membres sup, main (2,2), membres inf, pied (2,2), indéfinie, membres inf, jambe (2,2), luxation, comme une, membres sup, poignet, mouvement, au (2,2), membres inf, cheville (2,2), pressive, membres sup, épaule (2,2). – Engourdissement, membres inf, jambe, mollet (2,2). – Eruptions, membres sup, boutons (3,2). – Faiblesse, membres inf, jambe, nuit, montant, escalier, un (2,2). – Froideur, membres inf, jambe, droite, frisson, pendant (2,2). – Inflammation, articulations (2,2), membres sup, main (2,2), membres inf, genou (3,3).- Inflammation, membres inf, pied (3,3). – Tension, membres sup, épaule (2,2), membres inf, pied, assis, étant (3,2), pied, pas, en faisant un(3,2). – Tuméfaction, membres sup (2,2), membres inf, genou (3,2), pied (3,2). – Ulcères, membres sup, doigts (2,2), membres inf, fétides (2,2), orteils (2,2).
  • FRISSON: – Commence dans pour s’étendre depuis là, pieds, orteils (2,2). – Frilosité, après-midi, sieste, après (2,2).
  • FIEVRE: – Soir, lit, au, allongé, après s’être (3,3). – Interne, brûlante, vaisseaux sanguins, dans les (2,2).
  • TRANSPIRATION: – Nuit, 22 h, à 10 h (2,2/1), froid, en ayant (2,2).
  • PEAU:  – Taches, couleur, bleuâtre (2,2), rouge (2,2).
  • GENERALITES: – Aliments, froides, boissons, agg, échauffé quand on est (2,2), agg, temps chaud, par (2,2). – Chaleur, vitale, manque de, et pourtant la chaleur agg (3,3). – Convulsions, épileptiques, aura, nuque, secousses dans (2,2). – Evanouissements, matin, levant, en se (3,3), diarrhée, pendant, lever, au (2,2). – Lassitude, matin, après-midi, et l’ (2,2).

 

Résumé

 

La Bryone enflamme les séreuses et les viscères qu’elles contiennent, produisant des épanchements (pleurésies, synovites, etc.) et des congestions (pneumonies), tandis que les muqueuses restent sèches. Les douleurs sont piquantes, déchirantes, aggravées par le mouvement et diminuées par le repos. C’est la plus grande caractéristique de Bryone.

Observation n°30: rhumatisme articulaire aigu grave

S. est âgé de 31 ans; c’est un individu grand, brun, fort bien constitué. Il a toujours été très bien portant jusqu’à l’âge de 27 ans. A cette époque, il eut un rhumatisme articulaire aigu qui dura trois mois, de janvier à mars 1909. Le malade fut soigné à l’Hôtel-Dieu. Cette crise détermina des lésions d’endocardite et un souffle persistant d’insuffisance à l’orifice mitral.

En décembre 1910, deuxième crise de rhumatisme articulaire qui dura jusqu’ à la fin de janvier 1911. Dans l’intervalle de ces crises, S. va bien et, après la deuxième crise, il est en très bonne santé jusqu’ en août 1913, époque à laquelle il est atteint pour la troisième fois.

S. commence à être souffrant le 19 août et du 19 au 24 août, il a de l’angine, de la fièvre, des douleurs articulaires avec gonflement qui atteignent tantôt les genoux, tantôt les coudes, tantôt les épaules et tantôt les extrémités, pieds et mains. S. sent très bien qu’il va être atteint sérieusement, mais il a peur de se mettre au lit et il redoute surtout le Salicylate de soude. Ce médicament dont il prit de larges doses, lors de ses deux premières crises, détermine chez lui des bourdonnements, des vertiges qui l’effraient et l’incommodent énormément. Le 24 août, il se met au lit, et se fait faire des applications de Salicylate de méthyle sur les articulations atteintes. Il reste ainsi sans consulter jusqu’au 27; l’état s’aggravant chaque jour, il me fait demander le 27 août au matin. Je trouve S. dans l’état suivant: il reste assis sur son lit, soutenu par une pile d’oreillers, car il ne peut rester allongé tant il est oppressé. La dyspnée est, en effet, intense. Il peut à peine parler. La face est anxieuse, pâle; le front est couvert de sueurs. Le malade est immobile, il ne peut remuer, car la plupart des articulations sont atteintes: épaules, coudes, mains, surtout la droite, et nous remarquons que les petites articulations des doigts sont douloureuses; le malade a les doigts écartés en légère flexion. Au niveau des memembres inférieurs, les genoux, les chevilles, les orteils sont touchés.

Examen. Toutes ces articulations sont chaudes, distendues et sont le siège de douleurs intenses. Ce sont des douleurs piquantes réveillées et aggravées par le plus léger mouvement, le malade est immobile et le contact le plus léger du doigt ou des couvertures est insupportable. Au contraire, si j’appuie largement la main sur une articulation, celle du genou par exemple, le malade éprouve un certain soulagement et peut même essayer l’ébauche de quelques mouvements de flexion.

Appareil respiratoire. Auscultation normale.

Appareil circulatoire. Bruits du cour faibles, mous. Le souffle mitral du premier temps est à peine perceptible. Pouls petit et dépressible à 124 .Température 39°5.

Appareil digestif. Langue sèche, recouverte d’un enduit saburral jaunâtre, lèvres sèches, fendillées; gorge sèche, le malade a une soif intense et désire boire de grandes quantités de liquide froid.

Peau. Enfin, en examinant la peau, on observe, au niveau des memembres inférieurs et surtout des jambes, la présence de nombreuses pétéchies apparues depuis 3 ou 4 jours.

Traitement. Le malade a la phobie du salicylate de soude il me dit qu’il n’a pas voulu consulter plus tôt dans la crainte qu’on ne lui prescrive ce remède et il me supplie de ne pas lui en donner. Je le rassure et lui apporte moi-même son médicament.

Bryonia 6e ………………………XXX gouttes

Eau…………………………………180

1 cuillerée à soupe toutes les deux heures.

28 août. Le malade a pu reposer environ 3 heures dans la nuits L’anxiété est un peu moins vive. Temp. matinale 39°2. Pouls 130. Même état général et cardiaque. Il semble cependant au malade que les douleurs articulaires sont un peu moins vives.

Bryonia 6e à continuer.

29 août. La température qui était encore la veillé au soir de 39°,4 est tombée ce matin à 38°5. Les articulations sont moins tendues, à l’exception de la main et du pied gauches qui ont augmenté de volume pendant la nuit. Le malade a cependant pu reposer et n’a pas souffert.

Les bruits du cour sont mieux frappés. Le pouls plus fort, beaucoup moins dépressible, est à 100. Soif toujours vive. Le malade boit à la fois un grand verre d’eau, d’eau d’Evian. Appétit nul. Constipation selles dures, sèches, noirâtres.

Il y a beaucoup moins de dyspnée, d’anxiété et d’angoisse. Toujours beaucoup de sueurs.

Le malade souffre beaucoup moins de ses articulations; il commence à détacher les bras du corps et esquisse quelques mouvements: mais la douleur reparaît alors bien vite.

Bryonia 6e , 1 cuillerée à soupe toutes les deux heures.

30 août. Nuit très bonne. Moins de sueurs. Température 37°8. Pouls, 84, plus fort.

Les battements cardiaques sont également plus intenses, le souffle mitral ancien est peu net.

Même traitement

1er septembre. Très grande amélioration. Nuit excellente. Température 37°. Pouls 80.

Toutes les articulations sauf celles de la main droite sont dégonflées; elles sont beaucoup moins douloureuses.

Cour et pouls redeviennent normaux, mais le malade se plaint toujours de soif vive.

Bryonia 6e .

Toutes les 2 heures 1/2.

3 septembre. Je trouve le malade debout, tout à fait bien. Il n’a plus de douleurs, il dort bien, il commence à manger. Il se sent seulement un peu faible et se plaint d’une sensation de froid généralisée.

Silicea 30.

S. commence à s’occuper de ses affaires. Il est encore faible pendant une quinzaine, mais prend des forces chaque jour.

Je le revois un mois après très bien portant. Il m’exprime encore une fois son étonnement et son contentement d’avoir été si vite rétabli sans Salicylate de soude. D’après lui, cette 3ième crise s’annonçait aussi grave que les deux premières qui durèrent deux et trois mois; il fut délivré après 8 jours de traitement (27 août, 8 septembre).

Commentaire: Cet étonnement du malade, le praticien non prévenu peut aussi le partager. Car, à n’en pas douter, nous sommes bien en présence d’un cas de rhumatisme articulaire aigu qui s’annonçait comme devant être particulièrement sévère. Le malade, dont l’opinion ici peut compter, puisqu’il a déjà eu deux crises antérieures, se sent aussi fortement touché que précédemment. Et lorsque nous sommes devant lui, notre appréhension est vive. La situation paraît critique. La dyspnée intense, l’anxiété, le visage angoissé du patient, l’état du cour qui commence à faiblir, les pétéchies nombreuses sur les jambes, etc.. constituent un ensemble inquiétant pour le présent; la généralisation des localisations articulaires semble bien indiquer pour l’avenir une évolution qui sera assez longue.

Cependant un médicament s’impose. La soif vive, intense, avec désir de boire de grandes quantités de liquide froid; la sécheresse des lèvres et de la gorge; la localisation aux séreuses articulaires, les douleurs piquantes, intolérables, et surtout les modalités si caractéristiques: l’aggravation par le plus léger mouvement et par le contact, et l’ amélioration par la pression large et profonde; voilà autant de symptômes qui appellent Bryonia. Ce remède est donc prescrit à l’exclusion de tout autre traitement externe ou interne. Et sans ennui pour le malade, sans qu’il ait à supporter les bourdonnements d’oreille et les vertiges qu’il redoute, Bryonia calme les douleurs et termine la crise en huit jours.

L. Philippe-Nadeau (de Paris)

Cas clinique n°31: une histoire d’eau

Je fus appelé en visite, il y a quelques années, pour « remonter » le moral d’une mamie, que j’appellerais C. qui était quasi-agonisante, car il n’était pas question ici de soigner mais de réconforter cette patiente. Je me souviens très bien ce soir là l’impression que j’ai eu en entrant dans cette petite cuisine où je découvrais, gisante sur une chaise de paille, une grand-mère octogénaire à l’allure complètement hébétée, immobile, la mâchoire pendante. Un scanner que je prenais sur la table, m’indiquait l’origine du mal: que d’eau, que d’eau ! ! !
Cette hydrocéphalie n’était pas opérable d’après le neurochirurgien et seul un traitement palliatif anti-douleur était possible. Les maux de tête commençaient dès le matin, aux premiers mouvements, et persistaient jusqu’au coucher. La nuit était parfaitement calme. C. n’avait pratiquement jamais vu de médecin de sa vie sinon pour une périarthrite de l’épaule quelques années auparavant. A ces âges fort avancés, il n’est pas toujours facile de repérer précisément les symptômes généraux et c’est uniquement sur cette notion de maux de tête aggravés par tout mouvement et soulagé par l’immobilité, ainsi que sur l’aspect abattu de ma malade que je prescrivais Bryonia. Je prenais congé de la famille en ayant la précaution de réserver le pronostic mais de me prévenir en cas d’un quelconque changement. Je n’eus aucune nouvelle dans les jours qui suivirent et je pensais que C. était décédée quand j’eus l’incroyable surprise d’apprendre par une parente que son l’état général s’était amélioré de jour en jour, que les douleurs avaient complètement disparu en deux semaines en dépit de l’arrêt de tout traitement allopathique ! ! ! Quelle joie pour moi ! Les semaines qui suivirent furent difficiles.pour la famille car C. voulait rattraper tout ce temps perdu et il fallut l’accompagner de-ci, de-là. J’appris, bien plus tard, que M. le Curé passait tous les deux jours quand j’avais le dos tourné ! Mon cher confrère généraliste, qui s’occupait précédemment de C., octroya d’un air dubitatif la guérison pour moitié à l’homéopathie et pour moitié à la Sainte Église ! Je m’en contentais et C. aussi à n’en pas douter ! Aujourd’hui, presque trois ans après, il n’y a pas eu de récidive.

R.Beau

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