Par Edouard Broussalian, cours ENH du 20 mai 2001

Introduction

 

Préparé à partir de macérat de la plante entière juste au début de la floraison, Atropa Belladonna est considéré comme l’un des plus grands remèdes d’états aigus par excellence. Dans la mesure où cette drogue possède tous les points cardinaux de l’inflammation, et qu’elle développe rapidement ses symptômes, on la trouve prescrite abusivement dans n’importe quel cas ou existe quelque fièvre ou rougeur. Nous allons tenter de décrire précisément ses indication aiguës, sans omettre non plus de dégager les états chroniques dans lesquels le remède est souvent oublié.

Teste souligne l’action de Belladonna sur le cerveau, son organe cible électif. En effet, la drogue ne produit aucun effet sur les lapins, affecte modérément les carnivores, mais touche énormément l’homme. Un très grand nombre de symptômes de Belladonna sont développés non seulement dans la tête mais depuis la tête et le sensorium (Clarke). On se souvient ainsi de la caractéristique des douleurs de Belladone d’irradier vers le bas.

  • Silicea et Gelsemium présentent exactement le contraire, leurs douleurs remontant du rachis vers le haut (douleurs cervicales irradiant à la tête par exemple).

Les signes mentaux du remède sont légion, et s’observent lorsque des états inflammatoires violents ont eu assez de temps pour se développer. La congestion du cerveau entraîne une excitation (parfois jusqu’à la furie) du système nerveux générant une grande hypersensibilité, et à
l’extrême des spasmes et des convulsions. Bien entendu une telle excitation produit du délire, des hallucinations (environ 150 recensées dans le répertoire), et de l’insomnie. Dans les cas chroniques, les signes n’atteignent pas cette intensité, mais on retrouve toujours la congestion chronique du visage, le tempérament sanguin et pléthorique.

Par suite de son action sur le système nerveux, Belladonna agit sur l’appareil cardio-vasculaire. L’atropine agit comme si le pneumogastrique avait été sectionné : tachycardie, palpitations, battement des carotides. Il existe une stase sanguine qui se produit secondairement à la
vasoconstriction, de sorte que tous les vaisseaux de faible calibre sont hyperémiés. Nous en retiendrons deux points essentiels :

-Congestion, accumulation de sang, chaleurs localisées

-Erythème scarlatiniforme : qui met Belladonna au premier rang du traitement de cette affection, lorsque l’éruption est lisse. Belladonna se donne aussi en prévention dans les cas épidémiques.

  • Le grand rival de Belladonna dans la scarlatine est Apis, qui est indiqué lorsque l’érythème est rugueux. Belladonna est souvent angoissé, conscient que son état est potentiellement grave, alors que le malade Apis déclare volontiers qu’il n’a rien.

Apis est aggravé par la chaleur sous toutes ses formes, et ressent volontiers une douleur comme une écharde ou une brûlure. Outre l’aspect œdémateux de la muqueuse, Apis affecte aussi spécialement la luette qui pend volontiers comme gorgée d’eau. La gorge est très sèche et le malade n’a pas spécialement soif comme on pourrait s’y attendre. Comme la plupart des venins, Apis présente de la constriction, avec éventuellement une sensation de suffocation. La muqueuse paraît brillante et comme enduite d’un vernis, ce qui n’est pas spécifique d’Apis, Belladonna pouvant avoir lui aussi le même aspect. Enfin, il faut se souvenir que Apis est volontiers le remède aigu de Natrum muriaticum, et il faut penser à rechercher des signes chroniques pouvant être cohérents avec ce dernier remède : désir de sel chez un sujet maigre, ayant connu des chagrins, etc.

Belladonna se reconnaît souvent en entrant dans la pièce ou repose le petit malade. Son visage rouge et brûlant, ses yeux fiévreux et le regard particulier que confèrent les pupilles dilatées orientent le diagnostic. La couleur rouge se retrouve jusque dans la gorge. Si parfois le malade est trop faible pour que la soif se manifeste, en général le patient réclame à boire et on le voit saisir le verre à côté de lui pour avaler souvent de petites quantités d’eau, qu’il préfère froide. Ce dernier cas de figure rend le diagnostic serré avec Apis qui peut présenter aussi une soif par petites quantités. Il est classique mais peu fréquent de rencontrer des cas de sécheresse de la bouche sans soif. En général, la soif de Belladonna est brûlante, le malade se plaignant de sa gorge desséchée. Il n’est pas si rare de rencontrer le désir de citronnade qui signe alors le cas. La sécheresse de la gorge est parfois telle que le malade doit boire pour faire passer les aliments. La douleur est souvent très vive, avec le sentiment que la gorge se déchire en avalant ; ou bien il y a des élancements douloureux, qui vont volontiers dans l’oreille. Souvent l’inflammation est telle que le patient a mal rien qu’en tournant la tête. Le sujet Belladonna est volontiers costaud, pléthorique, tombé malade d’un coup, à la suite d’une exposition au froid. Il faut penser à dépister l’indication sous-jacente de Calcarea carbonica : sueurs de la tête en dormant, peurs, désir d’œufs, de viande ou de sel, dentition ou marche tardive, etc.

L’action de Belladonna sur la peau le rend très indiqué dans l’érysipèle, où il rivalise avec Apis, Rhus toxicodendron, Anthracinum, etc.

Sur les muqueuses, et les glandes, l’atropine entraîne une sécheresse et de la rougeur.

  • C’est un état qui permet de différentier facilement Belladonna de Mercurius. Le teint est pâle et terreux, souvent l’odeur en entrant dans la pièce est caractéristique. C’est une odeur douceâtre, vaguement sucrée si l’on préfère, qui imprègne le malade. Cette odeur provient de la sueur (abondante la nuit), et de la bouche. La bouche est très humide, tant par la difficulté à déglutir que par la sécrétion accrue de salive, le malade doit souvent cracher pour ne pas avaler, et il y a souvent de la salivation en dormant. La langue est toute flasque, molle, là où celle de Belladonna est raide et difficile à bouger. En s’approchant, l’odeur devient carrément difficile à supporter, soulève le cœur, et l’on découvre une langue toute enduite de blanc, et qui porte l’empreinte des dents. Il y a souvent toutes sortes de distorsions du goût : amer, pâteux, d’œufs pourris. Les deux remèdes peuvent présenter de la sécheresse des muqueuses, mais souvent il y a alors une tendance à l’ulcération qui est moins courante dans Belladonna. La suppuration apparaît rapidement dans un cas de Mercurius.

La gorge présente une coloration rouge, plus sombre que celle écarlate de Belladonna. Comme la plupart du temps avec ses signes opposés, Merc est sensible au trop chaud ou au trop froid en buvant. Ses signes, souvent aggravés la nuit, sont occasionnés par le fait d’avoir eu les pieds mouillés, alors que Bell tombe souvent malade d’avoir eu la tête mouillée. Le ganglions sont vite impliqués dans un cas de Mercure, les glandes sous maxillaires sont très sensibles et la douleur de la gorge y irradie volontiers. Comme les venins, Apis et Lach par exemple, Mercurius a la sensation d’un corps étranger dans la gorge, volontiers quelque chose de dur et piquant comme un trognon de pomme ou une écharde (cette dernière sensation est plus fréquente chez Apis). Les douleurs sont souvent du côté droit, comme Belladonna, et irradient souvent à l’oreille en avalant. La soif est souvent importante, pour des boissons froides (qui aggravent néanmoins la gorge).

Tendance aux spasmes et aux contractions n’importe où dans l’organisme. C’est un remède de convulsions fébriles, il y a souvent la sensation de constriction de la gorge, de contraction de l’œsophage, decontraction spasmodique de l’anus, d’une main qui serre les intestins.

  • Belladonna est un immense remède chez les enfants, non moins fréquent que Pulsatilla ou Chamomilla. Les troubles surviennent soudainement, le visage est rouge, l’enfant est dans une demi stupeur il y a souvent des petits sursauts ou des sauts dans le sommeil. Dans les coliques, l’enfant hurle d’un coup de douleur, se tord, et se calme un peu si on le porte le ventre appuyé sur l’épaule.

Chaleur et fièvre très intenses. Une fois de plus, je ne vois rien de mieux que de vous citer Kent. Nous retiendrons de cet important passage que la caractéristique de la chaleur de Belladonna est d’être d’installation soudaine et rémittente. Le remède n’est pas indiqué dans les cas de fièvres continues s’étant développées progressivement mais sûrement, pour aboutir à un tableau qui ressemble à celui de Belladonna C’est alors Stramonium qui couvrira le cas.

« Parmi les symptômes les plus précoces à étudier il y a la chaleur. Belladonna peut présenter de l’inflammation de tous les organes, surtout du cerveau, des poumons et du foie. L’intestin peut être également atteint, aussi bien que les autres organes. Ces inflammations sont toujours accompagnées d’une chaleur intense c’est une chaleur tout à fait inhabituelle. Elle est plus marquée chez Belladonna que chez la plupart des autres remèdes. Quand vous poserez la main sur un malade Belladonna, vous la retirerez brusquement si forte est la chaleur. Le souvenir de la chaleur reste fixé sur la main et les doigts pendant un bon moment. Douleurs, inflammations, malaises divers, crises nocturnes de délire, crises violentes de caractère inflammatoire, sont accompagnés d’une chaleur de cette sorte. Là où il y a inflammation -peu importe où – il y a cette même chaleur intense.

Certains cas présentant cette intense chaleur ne relèvent pourtant pas de Belladonna : ce sont les cas où la fièvre revêt un type continu. Belladonna n’a pas dans sa nature la fièvre continue. Il est vrai que les anciens livres vous parlent de Belladonna pour la fièvre violente de la
typhoïde et de quelques autres fièvres continues, mais si vous examinez Belladonna du début jusqu’à la fin, vous ne trouverez rien de continu dans sa fièvre. Sa fièvre est rémittente. Elle ne monte jamais graduellement au cours de ses maladies, comme cela a lieu pour la typhoïde. Elle n’a pas l’ascension progressive ni la chute progressive comme une fièvre continue. Je ne mentionne ce fait que pour vous éviter de vous égarer.

Notre regretté Hering, l’un des professeurs d’homéopathie les plus compétents que le monde ait jamais connus, range Belladonna dans les remèdes de typhoïde quand le délire et la chaleur ressemblent en quelque façon à Belladonna, mais il faut que je vous dise ce qui arrivera dans ce cas-là. Quand vous donnerez Belladonna pour le délire dans une fièvre typhoïde — pour un délire qui ressemble à Belladonna — vous pourrez à la rigueur maîtriser le délire, mais d’autres manifestations de la maladie empireront. Vous ne maîtriserez pas la fièvre, mais vous réduirez la résistance du malade. Il sera malade plus longtemps et tombera dans un état de prostration plus profond que si vous n’aviez pas combattu le délire. Mais Stramonium s’accorde parfaitement à la description donnée par Hering d’un cas où, dit-il, Belladonna devait être
prescrit. Le caractère de cette chaleur doit être bien fixé dans votre esprit : chaleur, chaleur intense, chaleur violente. »

Enfin, pour terminer la présentation générale du remède, il faut noter la grande sensibilité au froid de Belladonna. C’est un remède frileux, sensible aux changements du chaud au froid, aux courants d’air, au temps humide, au fait de s’être refroidi en se découvrant la tête ou après s’être fait couper les cheveux. Amélioré enveloppé chaudement, dans une pièce chauffée.

Ce ne sont jamais des sujets affaiblis, maigrichons, qui ont été exposés au froid et qui développent lentement leur état fébrile, après que le nez se soit mis à couler clair pendant des jours qui ont besoin de Belladonna Ne pensez même pas au remède devant de tels cas, même si la fièvre finit pas être très élevée : Belladonna s’empare de l’organisme avec une grande violence, il convient aux cas évoluant très vite vers quelque chose d’intense. Ce sont dont des sujets pléthoriques, vigoureux, et Kent ajoute aussi les intellectuels ; en d’autres termes ceux qui ont l’habitude d’un travail cérébral, condition qui va favoriser l’action de Belladonna. Pensez toujours plus loin que le remède de l’état aigu, cherchez les signes pouvant indiquer Calcarea carbonica sur le plan chronique.

Les mots clés à retenir sont les suivants :

Sensibilité,
hypersensibilité : le patient est sensible à la lumière, au bruit, au moindre toucher, à la moindre secousse qui ébranle le lit ;

Intensité :
Les douleurs, la fièvre, tous les symptômes ont une forte intensité. Ce sont des douleurs très variées mais souvent brûlantes ou en coup de poignard (souvent pendant la fièvre, céphalée comme si un couteau était planté en travers de la tête) ou battantes (Bell provoque des congestions localisées) ;

Rapidité,
soudaineté : les douleurs surviennent et s’en vont soudainement, les mouvements sont accélérés, les yeux bougent rapidement ;

Congestion,
rougeur, chaleur congestive : accompagnent la plupart des états de Belladonna. Le visage est rouge éclatant, très chaud, que ce soit pendant la fièvre, avec l’odontalgie, ou à cause d’une colère. Le signes classique est le suivant : la chaleur est telle que la main en garde encore l’impression après avoir touché le malade.

Chaleur rémittente, paroxysmes :

une fièvre de début progressif et qui reste en plateau contre indique formellement Belladonna. Suivant l’allure de la fièvre, qui est rémittente, les douleurs de Belladonna sont typiquement paroxystiques.

Contractions, spasmes,
présents dans la plupart des manifestations. Bell possède ainsi une affinité particulière pour les sphincters où il provoque une constriction.

Aggravation par le froid,

notamment après s’être fait couper les cheveux. Grande sensibilité à l’exposition de la tête au froid.

 

Les signes céphaliques : Belladonna agit de la tête aux pieds

 

Comme nous l’avons dit en préambule, l’action de Belladonna est telle sur le cerveau que l’on ne peut déroger, comme tous les auteurs qui en ont fait l’étude depuis le début de la matière médicale, à l’étude des signes de la tête. Kent, Nash, Lathoud, appellent Belladonna un médicament de la tête par excellence.

Les signes de Belladonna se propagent de la tête aux pieds, volontiers après une exposition de la tête au froid.

  • Pulsatilla (et bien plus rarement Aconit) sont aggravés après avoir eu les pieds mouillés et leurs signes évoluent de bas en haut.
  • Les troubles de Belladonna vont depuis la tête vers le bas, se localisent parfois à la tête, parfois au thorax, parfois à l’estomac, l’abdomen, l’utérus.
  • Rhus toxicodendron tombe malade après avoir été mouillé mais les malaises sont localisés aux parties mouillées. Si le malade a eu les jambes mouillées c’est le rhumatisme des jambes qui se déclenchera.

La plupart des affections qui appellent le remède présentent en effet des signes de la tête, à commencer par les céphalées, et au pire par le délire. Bien entendu, il ne faut pas attendre que le patient délire pour prescrire Belladonna.

Lathoud, paraphrasant Kent, écrit « le sang semble s’être porté tout entier à la tête qui est très chaude, pendant que les extrémités sont froides. Les yeux sont rouges, injectés de sang, la face aussi est rouge, presque pourpre, les carotides battent violemment; il y a une sensation douloureuse de plénitude, de congestion pléthorique dans la tête; enfin le tout peut s’accompagner d’un état de stupeur marqué ».

  • Glonoinum est très comparable ici avec Belladonna. Ce sont tous deux des médicaments d’insolation, avec de violents maux de tête. Dans Glonoine, la douleur est intense, et monte par vagues. Les deux remèdes ont pour modalité d’être < en s’allongeant, chez Glon le malade ne supporte tout simplement pas d’avoir la tête à l’horizontale, et se cale la tête surélevée pour supporter les vagues de pulsations, comme si la tête allait éclater. Souvent le patient se tient la tête et son regard est fixe. Glon est à mon avis bien plus spécifique que Bell dans le coup de soleil, et présente une face plutôt pâle comme l’indique Dewey.

Belladonna est indiqué dans toute affection qui s’accompagne d’un afflux de sang à la tête et au visage. Ceci est parfois discret : une pommette rouge, une petite dilatation de la pupille s’avèrent suffisants dans certains cas encore non développés.

Cette tête est décidément le point de départ de nombreux troubles chez Belladonna, un simple refroidissement de la tête ou un courant d’air, comme par exemple de se faire couper les cheveux, suffit à déclencher les troubles quels qu’ils soient. L’hypersensibilité du remède rend compte facilement de l’aggravation par la lumière, le toucher, le bruit, le mouvement, le simple fait de parler ; qui sont autant de caractéristiques de la céphalée de Belladonna. La céphalée typique est du côté droit, battante, > allongé dans une pièce obscure, > par la chaleur (enveloppements chauds), la pression.

Quand le cerveau est trop irrité, du délire survient. Nash dit que Belladone forme avec Hyosciamus et Stramonium le trio du délire. Il va sans dire que nous ne voyons guère de tels cas en pratique de ville, mais j’ai eu la chance lors de mon stage en psychiatrie de me rendre compte des effets de nos médicaments. Dans une bouffée délirante, on n’a guère de signes caractéristique et à chaque fois j’ai trouvé très indiqué l’un des médicaments du trio de Nash. On calme ainsi les gros symptômes, au moins aussi bien qu’avec des neuroleptiques, et il devient possible ensuite de trouver un médicament mieux ciblé.

  • Le délire de Belladonna est violent, avec dois-je encore l’ajouter, la face rouge écarlate. Le malade veut frapper, mordre, donner des coups de pied, et il ne faut pas trop de plusieurs personnes pour arriver à le maîtriser. Belladonna cherche volontiers à arracher ses cheveux, ou ceux des gens autour, se frappe la tête ou le ventre.

J’ai encore en tête une scène épique d’un patient péniblement tenu par 3 ou 4 infirmiers tandis que je bondissais dessus pour saupoudrer quelques graines de Belladonna 200 dan sa bouche, entre deux hurlements. L’action du remède a été quasi instantanée, amenant une sédation dans les minutes qui suivaient.

L’enfant voit volontiers des chiens (noirs) qui lui font peur quand la fièvre monte un peu haut, et grince des dents en dormant.

  • Le gros diagnostic différentiel reste Stramonium, que je ne suis pas encore sûr aujourd’hui de distinguer de Belladonna. Si c’est possible, Stram est encore plus violent que Belladonna. Souvent le malade déchire avec les dents son oreiller ou tout tissu à portée. Théoriquement le délire de Stramonium est plus loquace que celui de Belladonna, mais ceci ne peut servir à les séparer. Les cas de Stram sont volontiers exhibitionnistes, les malades rient et l’instant d’après deviennent très violents. Cette alternance de rire et de violence est très manifeste.
  • Hyosciamus enfin, se distingue facilement de part la faiblesse qui va croissant avec le temps, le malade s’enfonçant de plus en plus dans un état stuporeux, avec une sorte de marmonnement.

 

Inflammation congestive

 

Belladonna frappe n’importe quel région de l’organisme, souvent après une exposition au froid (tête, gorge, poumons, sein, peau, etc.) en provoquant une inflammation localisée, soudaine, d’évolution rapide. La région atteinte est rouge, très douloureuse, avec la typique douleur battante due à la congestion sanguine. Comme on l’a vu en préambule, Belladonna couvre les signes cardinaux de l’inflammation :

 

Chaleur intense

 

Belladonna n’est certainement pas le seul remède indiqué dans les chaleurs localisées aux parties atteintes, mais lorsque la chaleur est intense et qu’elle accompagne une fièvre de type rémittente, il faut penser au remède. Répétons le : il ne faut pas penser à Bell dans les cas qui ont
mis des jours à parvenir à l’inflammation, et encore moins si cet état stagne en plateau depuis un moment.

  • Arnica présente une telle chaleur des parties souffrantes. C’est un remède indiqué dans des états septiques, le patient n’est pas très conscient de son état et dit volontiers qu’il va bien. Il existe une sensation de meurtrissure généralisée, qui fait bouger le malade dans son lit sans trouver de bonne place. Arnica est adapté à des formes de fièvres continues, comme la typhoïde. C’est aussi un grand remède de coqueluche, qui manifeste alors volontiers sa tendance hémorragique par des sugillations à cause de la toux.
  • Aconit rivalise avec Belladonna pour ce qui est de la soudaineté et de la violence. Il est indiqué dans les suites d’une exposition au froid sec. N’y pensez même pas si le patient a été mouillé à moins qu’il ne s’agisse des pieds. Le malade Aconit est très agité, de part son angoisse de mort. Il n’est pas rare dans les états inflammatoires avancés demandant le remède d’entendre le patient dire « alors docteur, cette fois je suis foutu ! ». Ceci peut être dit sur le ton de la boutade, mais parfois très gravement. L’aggravation est typiquement minuit, le patient se réveillant soudainement en proie à l’anxiété la plus extrême, avec des signes très violents. Contrairement à Belladonna, le patient ne transpire pas, la soif est brûlante.
  • Bryonia est souvent indiqué dans les suites d’exposition au froid quand on était surchauffé. Ce genre de situation se rencontre souvent au début de l’été avec des journées assez chaudes mais des soirées fraîches. Sans autre notion que cette exposition particulière dans des cas sans grands signes caractéristiques, Bryonia fait souvent merveille. La sécheresse des muqueuses, la soif excessive (parfois absente), et la céphalée < par le mouvement se rencontrent dans les deux remèdes. Mais Bryonia est souvent très grognon, veut qu’on le laisse tranquille. Les état de Bryonia se développent progressivement là où Belladonna éclate d’un coup. Enfin, Bryonia est > par la pression, et < par la chaleur ;alors que Belladonna est > par la chaleur.
  • Guajacum est surtout un remède d’arthrite, toujours > par les applications froides. La partie atteinte est souvent extrêmement chaude et gonflée. Cela ressemble beaucoup à Pulsatilla mais Puls est en outre > par le mouvement ce qui est le contraire dans Guaj. C’est un remède auquel on pense rarement dans l’angine, lorsque la chaleur < la douleur, dans un contexte d’angines à répétition, souvent associées ou suivies de signes articulaires. Une suppuration de l’amygdale (d) se développe précocement dans ce genre de cas.
  • Sulfur est souvent oublié dans les troubles aigus. Il possède à un haut degré le pouvoir de provoquer des congestions localisées. Les modalités thermiques sont en général une < par la chaleur, parfois une amélioration. On retrouve presque toujours l’aggravation par la chaleur du lit. L’absence de modalités locales doit vous obliger à prendre du recul et trouver un remède cohérent avec les signes généraux du patient. Il faut penser à Sulph dans les crises de goutte.

 

Rougeur écarlate

 

Les parties enflammées sont rouge écarlate, ce rouge pouvant devenir plus foncé à mesure que l’état du patient persiste depuis un moment. Le visage est rouge écarlate, ce qui fait discuter quelques autres remèdes que Belladonna, dont je ne décrirais que quelques uns :

  • Astacus fluviatilis justifie la lecture du Hering à lui seul, tant ces « petits » remèdes sont bien décrits dans l’Encyclopédie. L’écrevisse donne une rougeur écarlate du visage est l’un des signes les pus caractéristiques du remède, ses états fébriles sont associés à une extrême sensibilité pour se découvrir. Il y a une grande frilosité ressentie à l’intérieur du cors et des frissons dès que l’on se découvre. Les états fébriles se développent plus lentement que Bell, il n’y a pas dans Astac la violence de Belladonna C’est un grand remède de réactions allergiques à type d’urticaire qui survient soudainement, accompagné de cette rougeur du visage. La rougeur associée à la fièvre en plateau en fait un remède d’érysipèle qui rivalise avec Apis.
  • Cina est très proche de Bell dans certaines manifestations fébriles. Bien sûr Cina couvre théoriquement mieux que Belladonna les affections vermineuses, et le tempérament de l’enfant Cina est facile à reconnaître : irritable, donne des coups de pieds, se cabre quand on le prend dans les bras. La distinction peut être difficile à faire avec un enfant Belladonna énervé et qui a tendance à mordre. Les deux remèdes grincent des dents en dormant. Un signe aide beaucoup : les petits Cina présentent souvent des particules blanches dans les selles, comme des petits morceaux de craie. Clarke donne un cas qui illustre bien la relation entre les deux remèdes :

« On rencontre parfois une image frappante de Bell dans les cas de fièvres liées aux verminoses. Un cas (âgé de 3 ans, enfant faible et pâle), rapporté par Lutze présentait les symptômes suivants : réveillé ou tout au moins s’assied dans son lit la nuit, en pleurant, impossible à calmer ; mouille le lit la nuit ; élimine des vers de temps à autre ; joues et lobes des oreilles rouge écarlate, les autres parties du visage notamment le tour de la bouche sont blanc comme neige ; les yeux sont brillants, fixes ; les pupilles dilatées. Peau sèche et chaude comme du feu. Se met en rage dès qu’on lui adresse la parole. Cina 200 améliora le tableau, guérison permanente avec Bell CM »

  • Hepar sulfur est souvent oublié chez les enfants et confondu avec Belladonna. Hering dit que ce sont des bébés « chubby and flabby », ce qui veut dire mous et bien en chair, qui répondent bien au remède. Hepar est très indiqué dans les bronchiolites ou les bronchites avec des gros râles bruyants que l’enfant a parfois de la peine à expectorer.
  • Sabadilla, est un autre remède de verminoses comme Cina. L’enfant Sabad est souvent plein de drôles d’idées, avec d’étranges imaginations sur l’école, sur lui même, etc. Dans un cas récent, un petit garçon de 8 ans disait qu’il ne voulait pas retourner à l’école car il y a avait plein de monstres dans les couloirs, lui même se sentait plus petit que ses camarades et se fixait obsessionnellement sur le fait qu’il devait grandir, ce qui n’allait  pas sans inquiéter sa mère. La rougeur de Sabad se rencontre dans les état inflammatoires comme le rhume des foins et la pneumonie. J’ai eu à traiter il y a quelques années une pneumonie franche lobaire aiguë du lobe inférieur gauche. Phosphorus avait rapidement maîtrisé le gros des symptômes dont la fièvre, la douleur et la toux, mais en un peu plus de 2 jours, le remède n’agissait plus du tout. Il y avait une douleur à type de brûlure de la région inférieure gauche du thorax, < au mouvement, < en toussant ou en inspirant. Les joues étaientfranchement écarlates. Sabadilla 200 traita le tout en 24 heures.
  • J’ouvre une parenthèse pour vous rappeler un autre médicament qui présente selon moi des rougeurs écarlates de la face, il s’agit de Sanguinaria. On confond souvent ce remède avec Sulfur : bouffées de chaleur, angines récurrentes,besoin de sortir les pieds du lit, etc. C’est aussi un remède de pneumonie notamment quand il y a la douleur du côté droit du thorax qui irradie au bras.
  • Tabacum est habituellement décrit comme ayant le visage d’une extrême pâleur. Ceci est vrai dans la nausée, où le sang semble se retirer du visage. Mais Tabacum est indiqué dans bien d’autres troubles, dont les coliques néphrétiques. Dans ces état inflammatoires, le visage est rouge écarlate, fébrile, la rougeur s’intensifie avec la douleur qui est paroxystique. On peut alors confondre Tabacum avec Belladonna car les douleurs sont très soudaines et violentes. Seulement Tabacum présente des sécrétions accrues : vomissements abondants, larmoiement, salivation, sueurs. La sueur froide soudaine doit faire immédiatement évoquer Tabacum. Il y a de la nausée bien sûr, avec du vertige et des sueurs froides abondantes. Enfin, il n’est pas rare de voir une accumulation de salive dans la bouche, ce qui contraste fort avec Belladonna de sorte que le malade crache souvent.

 

Tuméfaction

 

Très rapidement, les parties atteintes se mettent à gonfler, devenant très sensibles au toucher et aussi spontanément douloureuses. La sensation comme si cela allait éclater est fréquent, avec les battements, souvent synchrones du pouls. Cette sensation peut aussi s’intensifier sous
forme d’élancements douloureux.
 

Brûlure

 

Cette sensation est évidemment très souvent présente, que ce soit une sensation ou un signe objectif en approchant la main, elle n’a en soi rien de caractéristique.

Aconit présente la même douleur brûlante, mais avec l’agitation et l’angoisse que l’on a déjà décrites.

Arsenicum album présente la grande caractéristique de voir ses douleurs brûlantes améliorées par la chaleur. C’est un médicament beaucoup plus prostré que Belladonna, avec une langue blanche, qui garde l’empreinte des dents, une soif fréquente par petites quantités (mais d’autres types de soif se rencontrent).

Phosphorus, formant avec Staphysagria et Arsenicum album un indissociable trio, brûle tout autant. La soif pour de l’eau froide, souvent vomie après qu’elle ait eu le temps de se réchauffer dans l’estomac est très caractéristique. Il y a souvent un appétit conservé, voire augmenté, malgré la fièvre. La rougeur du visage de Phosphorus est typiquement circonscrite, deux taches bien brillantes sur les joues pendant la toux suffisent à signer son indication dans une toux sèche et hachée par exemple.

 

Battements

 

Les congestion inflammatoires de Belladonna s’accompagnent fort logiquement de battements, sensation caractéristique s’il en est du remède.

Cas clinique :

M. Gérard L. Consulte pour des ulcères des deux jambes qui ne cicatrisent pas et lui occasionnent de fortes douleurs depuis des mois. Il a été opéré de la saphène interne droite. Voici 6 mois qu’il passe presque sans dormir à couse de la douleur. Celle ci s’est un peu atténuée à force de traitements, mais c’était surtout une douleur battante, il montre un mouvement du poing pour illustrer ce qu’il ressent.

C’est un homme anxieux, qui n’a jamais eu confiance en lui. Pourtant quand on regarde ce sexagénaire, il a tout de l’homme robuste, carré, le visage rougeaud et pléthorique.

Il a été opéré des amygdales pour angines répétées.

Il a pris de l’Optalidon pendant 10 ans, pour des migraines en rapport avec des sinusites. C’était une douleur très violente, il ne pouvait rien faire de ses journées. Lors de sa première crise à l’armée il a perdu 10 kg… Les violentes douleurs avaient aussi un caractère battant. Il se demande si cela n’a pas débuté avec les vaccination massives pratiquées par l’armée.

Magnétiseur renommé, il a fait des poussée d’HTA. Il voyait 100 personnes par jour, il a monté une société, bref, ne s’est guère ménagé. Il ne supporte rien de serré autour du cou. Pour rien au monde il ne mettrait de col roulé.

  • Lachesis et les autres serpents comme Crotalus horridus ou cascavella, Cenchris Elaps et Naja, sont bien entendu les premiers remèdes à évoquer devant cette < par les cols serrés. Chez Lachesis, la loquacité, le comportement critique, méfiant, les ecchymoses, parfois les mouvements de la langue en parlant et bien d’autres symptômes permettent de faire la différence avec Belladonna.
  • D’autre venins présentent ce signe comme Apis, et Tarentula. Apis se présente parfois sous la forme d’un Lachesis mais sans la loquacité, ni les ecchymoses mais plutôt un tempérament très autoritaire, chez des patients de type pléthorique.

Tarentula est agité, ce sont volontiers des enfants très destructeurs, calmés par la musique. On retrouve souvent l’envie de chocolat. Souvent ces enfants mettent les doigts dans la bouche.

  • Deux autres remèdes congestifs comme Amyl nitrosum et Glonoine sont présents dans cette rubrique importante. Le nitrite d’amyle possède une affinité particulière pour le haut du corps, il y a des bouffées de chaleur intenses et des pulsations ressenties dans tout le corps. Les congestions sont d’apparition soudaine, et circonscrites; le patient rougit intensément à la moindre émotion. Le besoin d’air est très intense, ainsi que l’amélioration en plein air. La ressemblance est grande avec Lachesis et la trinitrine, mais dans Aml-n on retrouve rarement des céphalées alors que c’est vraiment la norme dans Glon. Enfin, Aml-n présente un besoin de s’étirer qui lui est très caractéristique.
  • Calcarea carbonica, le complémentaire de Belladonna présente aussi une forte < enayant le cou serré. Le signes généraux du remède sont trop connus pour que je m’étende dessus.
  • Autre remède possédant du calcaire, Kalium carbonicum, est souvent méconnu à propos des vêtements serrés. Il faut s’en souvenir dans les suites d’accouchement difficile ; mal au dos, sueurs abondantes. L’aggravation à 3 h est typique. Les douleurs à type d’élancements aussi. Il y a une grande flatulence qui le fait ressembler à Lycopodium, d’autant que Kali-c aime beaucoup les choses sucrées. Tendance à sursauter. Bouffées de chaleur et autres rougissement en mangeant chaud. Tuméfaction des paupières.
  • Toujours dans la même famille, Causticum est parfois confondu avec Sepia à cause du caractère autoritaire, de la façon d’être catégorique, < par la contradiction, le tout associé à une certaine compassion. La peur de l’obscurité, le fort goût de la justice, qui confine avec un tempérament révolutionnaire permettent cependant de séparer ces remèdes, d’autant que Sepia présente très souvent une > par l’effort physique que Caust ne présente pas.
  • Je termine ce petit tour d’horizon par Sepia, chez qui l’on rencontre très souvent ce signe. Ici encore, les signes généraux du remède sont bien connus, je ne les développerai pas. On pourra développer Agar, Ambr, Arg-n, Carb-an, Chel, Kali-bi pour être exhaustif.

 

Symptômes et douleurs qui apparaissent et
disparaissent soudainement

 

Les signes qui indiquent Belladonna sont aigus, soudains et violents (Lathoud). Il est important d’apprendre à utiliser le répertoire à la façon de Boenninghausen, c’est à dire en utilisant les rubrique générales. Il est non moins important de parcourir ainsi la rubrique douleur qui est riche de rubriques qui permettent d’oriente rapidement vers un diagnostic sans rentrer dans les particularités locales.

Belladonna est ainsi en bonne place dans la rubrique Douleur apparaît soudainement pour disparaître soudainement. La rémittence des symptômes est la marque caractéristique du remède.

  • Kalium bichromicum présente ce genre de douleurs violente et soudaines, notamment dans les sinusites, la caractéristique étant que la douleur est localisée en des endroits très limités sur lesquels on peut mettre un doigt.
  • Nitric acidum présente une affinité élective pour les endroits où la peau et les muqueuses se rejoignent, c’est un médicament classique de fissure anale. Ses douleurs sont typiquement en écharde, chez des patients hypersensibles à la douleur.
  • Argentum nitricum, est aussi un remède de douleur en échardes plantées, son désir de sucré qui l’aggrave, ses dissensions abdominales, ses impulsions, son anticipation le caractérisent.
  • Ignatia, avec ses signes nerveux paradoxaux répond présent dans la rubrique. Ses signes changent sans arrêt, l’étiologie nerveuse des troubles, le refoulement, les manifestations spastiques, la boule dans la gorge ou l’estomac permettent de le diagnostiquer. Je persiste à croire qu’Ignatia est l’un des remèdes les plus difficiles à prescrire du fait de sa facilité à la rétention.

 

Hyperesthésie

 

Comme nous l’avons vu en préambule, le système nerveux est directement excité par Belladonna, ce qui en fait un contraste classique avec Opium chez lequel plus le cerveau est affecté, plus le malade s’enfonce dans la torpeur et l’absence de réponse à la douleur. Chez Belladonna, plus il y a de la congestion plus il y a de l’excitabilité. L’une des marques les plus manifestes de cette sensibilité est celle liée au bruit, voici ce que dit Kent :

« Il y a quelques remèdes qui correspondent à une extrême irritation chez des natures très sensibles comme Hepar qui défaille de douleur ; comme Nitric acidum. qui ne peut pas supporter le bruit des voitures circulant dans la rue, parce qu’il provoque de très violentes douleurs ; comme Coffea dont tous les troubles sont aggravés par le bruit des pas (il était si sensible à la douleur que le bruit de quelqu’un entrant par la porte de la maison alors qu’il était lui-même au troisième étage aggravait intensément ses souffrances, quoique personne d’autre ne l’ait entendu). Chez Nux vomica, même un bruit de pas aggrave la douleur dans tout le corps. Belladonna a dans se nature tous ces genres de sensibilité à la douleur. Cela fait partie de l’état de son sensorium en général, qui est intensifié dans le corps entier. Le malade Chamomilla hypersensible à la douleur, combattra jusqu’au bout lui-même : il est inutile de lui manifester de la sympathie ; mais vous aurez pitié du malade Belladonna, vous aurez pitié du malade Pulsatilla et du malade Nitric acidum. »

Le malade est hypersensible. Je ne puis faire autrement que de citer Kent qui décrit mieux que personne le tableau caractéristique. « C’est un des remèdes les plus douloureux. Il est terriblement sensible à la douleur, si sensible qu’il souffre plus de la douleur que la moyenne des gens. Et, souvenez vous en, les douleurs apparaissent brusquement, persistent plus ou moins longtemps et disparaissent brusquement. Ainsi les douleurs font-elles dans les névralgies, ainsi font-elles dans les états inflammatoires, ainsi font-elles au niveau des organes enflammés, ainsi font-elles où qu’elles apparaissent. Douleurs, déchirements, élancements, brûlures, piqûres, pression, cuisson, tout cela à la fois, tout cela lié en une seule gerbe pour faire souffrir le malade. Toutes ses douleurs sont aggravées par le mouvement, aggravées par la lumière, aggravées par les secousses, aggravées par le froid. Il veut être chaudement emmitouflé et il se sent plus mal à chaque exposition au froid ou à un courant d’air.

Ses maux de tête sont comme beaucoup de ses autres douleurs : c’est comme si le cerveau montait et descendait, c’est comme un déchirement, une brûlure à chaque pas qu’il fait, à chaque mouvement des yeux, en tournant les globes oculaires, en montant les escaliers, en se levant de son siège ou en s’asseyant ; tout mouvement provoque de violentes douleurs ; le malade a l’impression que sa tête va éclater, que ses yeux vont sortir de leurs orbites. S’il bouge, les pulsations cardiaques commencent à se transmettre dans les parties douloureuses et il les définit comme des douleurs en coups de marteau. Partout où il y a cette douleur, il ne peut supporter qu’on le touche. Si on le touche, on provoquera des battements. Si on le découvre, on aggravera la douleur. Si quelqu’un marche sur le plancher à travers la pièce, la secousse l’aggravera. »

L’aggravation par les moindres secousses est très caractéristique du remède. Je me souviens d’une patiente qui venait d’accoucher, et dont l’état allait en empirant dans les suites immédiates d’une hémorragie. Son ventre était très chaud, ses pupilles dilatées, la moindre secousse au lit la faisait gémir. Bell 200 fit disparaître cela en quelques minutes. Kent décrit cela avec sa compétence habituelle :

« Une secousse donnée au lit provoque habituellement une aggravation chez Belladonna. S’il est assez malade pour être au lit, les chocs donnés au lit aggraveront toutes ses souffrances. Si vous vous approchez du lit d’un malade présentant une inflammation hépatique, il ne vous laissera pas poser la main sur le lit, car la secousse l’aggrave. Que la douleur soit située au niveau de l’abdomen, qu’il s’agisse d’une inflammation utérine ou bien d’un accouchement, c’est la même chose. Cette aggravation par les secousses est un caractère si marqué qu il ne se confine pas toujours aux inflammations. C’est souvent un des aspects d’une hyperesthésie nerveuse. Une femme au moment de la parturition, en l’absence de toute inflammation et de toute menace d’inflammation, peut être dans un tel état d’hyperesthésie qu’elle veut avoir les fenêtres fermées pour ne pas laisser entrer l’air ; elle ne veut pas qu on la touche ; elle ne veut pas qu’on bouge le lit, car le moindre ébranlement l’aggrave elle est tellement sensible aux secousses, même quand il n’y a de douleur nulle part. Vous voilà devant un tel cas… vous réalisez à temps que vous allez avoir un travail long et difficile, sans Belladonna. Mais avec une dose de Belladonna tous ces troubles s’évanouissent promptement, si rapide est l’action de ce remède. La secousse du lit vous révélera souvent la nature du remède. Si vous arrivez au chevet d’un malade souffrant de colique hépatique avec violentes douleurs, il ne supportera pas que vous touchiez son lit. Il a le visage rouge, la peau brûlante, on ne peut le toucher, il est en proie à des douleurs atroces et il vous en avertit avant que vous n’ayez traversé sa chambre -vous voyez tout cela – il vous dit: « Ne touchez pas mon lit, docteur ».C’est là une caractéristique bien particulière l’aggravation franche par une secousse. »

Pour nous résumer, il faut retenir la sensibilité :

·         au bruit : un craquement du plancher, le bruit des pas sur le sol.

Kent raconte « j’ai vu des femmes avec une inflammation de l’utérus ou des ovaires ou de l’intestin se priver de parler parce que leur voix produisait un écho douloureux dans la région malade ; ceci montre le point extrême de l’hypersensibilité de Belladonna…».

·         à la lumière : la sensibilité est telle que la lumière brillante peut entraîner des convulsions.

·         au toucher : le simple contact de la main suffit à déclencher des douleurs.

  • La place nous manque pour discuter de la rubrique Généralité, Toucher, moindre agg. Citons China, Lachesis, Mercurius, Nux vomica qui rivalisent avec Belladonna.

·         à l’air froid : le patient ne supporte pas le mouvement de l’air sous les couvertures, et encore moins une porte ou nue fenêtre ouverte.

·         aux secousses : il suffit de heurter un tant soit peu le lit du malade Belladonna pour se souvenir de ce dont nous parlons.

  • Hypericum présente cette caractéristique qui permet de le prescrire facilement en post opératoire et d’éviter presque systématiquement le recours à la morphine.

Enfin, les patients de type Bell sont hyper réactifs aux médicaments, ils répondent souvent très vite à une simple dose. Le grand remède de ce type d’hyper réactivité aux remèdes est Cuprum. Kent écrit :

« Une curieuse modalité de cette hypersensibilité est aussi la promptitude de ce malade à réagir. La réaction au remède est si rapide et si soudaine que j’ai bien souvent entendu un malade dire, avant que j’aie le dos tourné: « Ce remède m’a soulagé », si rapide est la réaction. Chez beaucoup de remèdes la réaction est ralentie, mais chez Belladonna elle est intensifiée. Ainsi en est-il chez Nux vomica et chez Zincum. Cette sensibilité est marquée quand le cas est très aigu, mais parfois aussi quand le cas est plus ou moins chronique. Cuprum est également très sensible partout. Il a des verrues sensibles ; il a une peau sensible, des polypes sensibles ; tout chez lui est sensible; et il est si sensible dans sa réaction que, s’il est le remède approprié, des remèdes partiellement indiqués n’agiront pas tellement le malade est hypersensible à tout que tout agit trop. La dose la plus petite, la plus bénigne, la plus simple agit trop fort et tout provoque une aggravation. Les odeurs provoquent une aggravation, les remèdes bien choisis dérangent au lieu de guérir. Cuprum atténue calme cette sensibilité, de sorte que les remèdes bien choisis agiront de manière curative et longtemps. Cuprum ne convient pas dans cet état de congestion violente, tel que nous venons de le décrire ; il ne ressemble pas à Belladonna en cela ; Cuprum n’a pas cette sensibilité associée à une fièvre et à une congestion actives, aux battements et aux troubles circulatoires mais il la possède dans un état chronique. »

 

Spasmes

 

Belladonna excite la contraction des muscles des vaisseaux sanguins et des sphincters. Pour ne pas réinventer la roue, je pense qu’un morceau choisi de Kent conviendra :

« Spasmes : spasmes généraux et spasmes locaux. Spasmes des petits canaux, des fibres circulaires des organes tubulaires, comme ceux dont j’ai parlé au sujet de la colique hépatique. Il y a une crispation du canal cholédoque ; ou c’est au niveau du canal cystique que les fibres circulaires enserrent un petit calcul et l’empêchent de passer. La lumière du canal est suffisamment large pour admettre le calcul et celui-ci a commencé d’y cheminer, mais l’irritation des tissus provoque un spasme qui retient le calcul dans sa griffe. Vous déposez une dose de Belladonna sur la langue du malade, le spasme se relâche, le calcul passe et les troubles cessent ; en quinze minutes la colique hépatique a cédé. »

 

Modalités

 

La latéralité du remède est nettement droite.

Aggravation :

Par le froid : courant d’air, air froid, applications froides, coupe de cheveux, etc.

Par tout ce qui est en rapport avec l’hyperesthésie : toucher, secousses, bruit, lumière brillante.

En buvant (notamment cela < les spasmes de l’œsophage).

En étant allongé. C’est une grande modalité du remède. Le patient doit diminuer la tension musculaire en remontant ses jambes.

En étant allongé sur les parties affectées (ce qui le distingue de Bryonia).

Par le mouvement : cette modalité est aussi marquée que dans Bryonia, les deux remèdes sont < mouvement et > au repos.

Horaires : < l’après midi, notamment à 15 h. Aggravation aussi la nuit, vers 23 h ; pendant la nuit et pas du tout dans la journée.

Amélioration :

Par la chaleur

Etant debout

En appuyant la tête contre quelque chose

En se pliant en avant ou en arrière, en remontant les jambes.

Les symptômes de la tête sont > par les applications froides et une pression progressive.

Causalités : Tête mouillée. Coupe de cheveux. Saucisses avariées. Soleil. Après avoir marché au vent.

 

Signes par région

 

Notre étude a pour but d’être pragmatique, et je n’ai pas voulu la rallonger trop : la lecture de Kent s’impose pour détailler ce grand polychreste. Je ne reprendrai donc que l’essentiel des signes plus locaux du remède.

 

Psychisme

 

Nous avons déjà longuement parlé des signes mentaux plus haut. Kent dit qu’ils sont ravissants à étudier mais terribles à observer. On retrouvera partout l’excitation et la violence. Kent recommande de penser à Bell dans les cas de délire où sont associés chaleur, rougeur et brûlure.

Les enfants Belladonna ont souvent peur des chiens et sont très mordeurs et violents (souvent le patient mord sa cuiller ou son verre), avec une nette tendance à frapper.

Les rêves sont violents, de vrais cauchemars, de sorte que le malade ne se repose jamais vraiment la nuit. Il s’agit d’une sorte de demi sommeil, le malade est plongé dans ses rêves et il pousse des cris et veut fuir ses visions. Il y a de nombreuses hallucinations, les chiens sont un sujet électif. Tous ces signes sont accompagnés de sursauts, comme un choc électrique en s’endormant.

L’autre versant des signes mentaux est constitué par la stupeur. Bell est adapté à la profonde stupeur de l’encéphalite, la peau très sèche, le visage rouge, les carotides battantes.

 

Tête

 

L’exagération de la sensibilité s’applique particulièrement au cuir chevelu. On remarque cela surtout chez la femme : elle ne peut pas supporter le chignon. C’est souvent le cas chez les malades Belladonna : ils ne tolèrent pas qu’on leur peigne ou brosse les cheveux. Laisse flotter ses
cheveux dans le dos tellement elle a le cuir chevelu sensible. « C’est comme si on lui tirait les cheveux ». Ne veut pas qu’on lui touche les cheveux [Kent].

Céphalée congestive avec douleurs battantes et chaleur. Sensation de plénitude, surtout au front, à l’occiput et aux tempes. Battements et élancements douloureux. Sensation de soulèvement et d’enfoncement de la tête (vrel 3 points). Les vaisseaux des temps sont distendus (vrel 3). Il y a des exceptions aux céphalées congestives : il existe des maux de tête plus sourds, pressifs, notamment après avoir lu.

Les modalités générales du remède s’appliquent à la tête mais avec quelques particularités. Le touche fait mal, par contre la pression soulage au bout d’un moment. De même le froid peut soulager la douleur (l’exposition au froid provoque la céphalée puis le froid soulage un peu la
congestion). A noter les vertiges avec battements.
 

Visage

 

Le visage est d’une rougeur congestive, écarlate. Mais cet état peut alterner (ou bien ces états se succéder) avec une peau pâle et froide. Belladonna a guéri nombre de névralgies faciales, et aussi des paralysies a frigore (bien que Caust soit le remède le plus classique).

 

Yeux

 

Toute inflammation de l’œil avec une congestion intense fait envisager Belladonna. Les pupilles sont dilatées.

 

Bouche

 

Soif avec sécheresse de la bouche parfois pour de grandes quantités d’eau soit pour très peu et souvent. Ceci rappelle énormément Arsenicum album. Langue framboisée.

 

Gorge

 

L’atteinte se fait en général du côté droit, le remède présentant une forte affinité pour la gorge. Amygdales enflées, déglutition difficile, forte douleur en avalant, sensation de boule dans la gorge produite par la tuméfaction des amygdales. Contractions, crispations, spasmes de la
gorge, sécheresse de l’œsophage. Les aliments ou les boissons remontent par le nez. Le bol alimentaire est rejeté violemment. Voici les magnifiques commentaires de Kent :

« Cette constriction qui apparaît au cours du mal de gorge survient exactement au moment de la déglutition des liquides ou des solides ; elle forcera les aliments et les boissons à monter vers le haut jusque dans le nez, et parfois les fera ressortir par le nez. Certains remèdes possèdent ce symptôme en raison d’un état paralytique, parce que les muscles de la déglutition sont paralysés et ne facilitent pas la contraction normale qui entraîne les aliments en bas vers l’œsophage ; c’est ainsi que les aliments sont poussés dans le nez et provoquent un étranglement.
Belladonna, dans ses états aigus, se distinguera, par son type d’inflammation et ses spasmes, de Lachesis où les symptômes ci-dessus sont la conséquence d’une paralysie post-diphtérique, et d’Alumina, qui a un spasme de l’œsophage. Chez Lach. et Alumina, ils sont lents à se développer, tandis qu’ils sont précoces chez Belladonna Le début de la fièvre est le moment de l’irritation. Le décours est le temps de la détente ».
 

Estomac

 

On rencontre très souvent le désir de citronnade, ou de boissons froides. Parfois on observe le désir de boissons qui d’ordinaire ne conviennent pas au patient, une envie de bière ou de certains yogourts mélangés à du lait, etc.

 

Abdomen

 

Grande sensibilité, le malade ne supporte rien comme contact. Distension, le colon transverse fait un bourrelet. Les douleurs sont violentes et spasmodiques.

« Il y a des coliques violentes, une intense douleur crampoïde chez les enfants. Figure rouge et chaude; douleur améliorée seulement en se penchant en avant. Dans certaines circonstances exceptionnelles, la colique est améliorée en se penchant en arrière; Belladonna ressemble alors à Dioscorea. La mère découvre qu’en tenant l’enfant sur sa main elle calme la colique. C’est comme Colocynthis : mais Coloc. n’a pas beaucoup de fièvre, n’a pas très soif; une douleur en un point limité, une intense colique abdominale améliorée en se pliant en deux, améliorée en se penchant sur quelque chose de dur, tel est Colocynthis. Dans ce cas, on peut prescrire Coloc. sur ce seul groupe de symptômes.

« Grande douleur dans la région iléo-cœcale ; ne peut pas supporter le moindre attouchement, même le contact des couvertures. » Il y a des cas où Belladonna est le remède dans l’appendicite. ». Kent

Hémorroïdes, plus ou moins avec du prolapsus, très rouges, enflammées, le malade ne supporte aucun contact, au point parfois d’avoir à garder les fesses écartées ; il y a souvent une contraction spasmodique du sphincter.

 

Vessie

 

Le besoin d’uriner violent et soudain fait de Bell un grand médicament de cystite. L’urine sort goutte à goutte, on retrouve l’état d’hypersensibilité générale du remède, avec le ténesme, les contractions, etc. Rêves d’uriner et miction involontaire. Les troubles sont de nature spasmodiques.

On retrouve l’aggravation suite d’exposition au froid, qui peut entraîner une incontinence (Caust., Dulc.)

 

Génitaux féminins

 

Belladonna est un immense remède de cette sphère, incluant les glandes mammaires. On retrouve la congestion de l’utérus et des ovaires, la sensibilité au choc, les douleurs paroxystiques, l’état d’hypersensibilité.

Belladonna est un des plus grands remèdes d’hémorragie utérine. Le sang est chaud, avec des contractions spasmodiques de l’utérus. Il s’écoule abondamment du sang rouge vif, brillant, entremêlé de caillots.

La ressemblance est grande avec Sabina. Souvent chez Sabina on a des douleurs du dos qui irradient en ceinture vers les organes génitaux. Bien qu’aggravée pareillement par le mouvement et le toucher, Sabina a trop chaud, suffoque dans une pièce
fermée, ce qui permet de séparer facilement Belladonna.

Hémorragies du post partum, Bell présente des contractions spasmodiques du col pendant le travail ; Belladonna est adapté aux contractions en sablier tant redoutées.

Inutile de préciser que Belladonna est un puissant remède de dysménorrhée. Douleurs comme un accouchement. Contractions violentes, sensation d’une corde qui enserre l’utérus. Le tout accompagné bien entendu de l’état hypersensible de Belladonna. C’est en général l’ovaire droit qui est affecté, dès l’apparition des règles. Les douleurs sont en général paroxystiques.

La congestion plus ou moins chronique de l’utérus peut entraîner un relâchement des ligaments. On trouve alors Belladonna indiqué dans les prolapsus. La grande modalité < allongée s’observe alors car les femmes supportent mal de rester en décubitus, souvent elles ont besoin de remonter les jambes. Dans les Lesser Writings, Kent traite un cas de prolapsus utérin avec Belladonna chez une femme qui avait fait d’important efforts de levage. Une fois que Belladonna ait fini d’améliorer la malade, ce fut Calc. qui termina le cas.

Inflammation des seins chez les femmes qui allaitent, les seins sont très chauds, très sensibles au contact, les femmes ne peut se tourner sur le ventre, ne supporte pas les secousses données au lit, etc.

  • Phytolacca convient aux inflammations sans autre signe généraux.
  • Bryonia est très souvent indiqué dans les suites d’une exposition au froid. La caractéristique est d’être > par la pression, ce qui permet de distinguer facilement de Belladonna.

 

Respiration, toux, larynx

 

Au niveau du larynx, on retrouve la crispation, avec de la suffocation. La voix est changeante d’une minute à l’autre, enrouement passager. Laryngite aiguë, spasmes, survenue brusque des symptômes.

Bell est le remède souvent indiqué des toux sèches sans autre manifestation que le son discret de constriction que fait l’air en sortant de la gorge du malade qui tousse. Une petite rougeur de la joue peut être présente et suffit à prescrire Belladonna avec succès.

La toux se produit par suite de constriction du larynx, comme si un grain de quelque chose s’y était logé. Toux spasmodique, aboyante, courte. Bell convient à la coqueluche, avec des spasmes du larynx. Après une quinte violente, le malade finit par remonter un peu de mucus, ce qui calme la toux pour un petit moment, pendant cet intervalle de calme, les voies aériennes deviennent de plus en plus sèches ce qui entraîne une sensation de chatouillement et ensuite survient un spasme puis à nouveau l’accès de toux. La toux est < allongé, comme on peut s’y attendre.

Clarke raconte le cas d’un malade atteint de pleurésie où il avait donné Bryonia, tant la douleur était grande, le faciès du patient vultueux, avec l’aggravation au moindre mouvement et le désir qu’on lui fiche la paix. Devant l’échec de Bryonia, notre médecin réalisa que le patient n’avait pas besoin de se coucher sur le côté droit endolori, mais qu’au contraire il ne pouvait pas rester couché sur le côté malade et qu’il avait une grande sensibilité aux secousses. Belladonna nettoya cela très vite.

 

Belladonna dans les états chroniques

 

Belladonna doit être envisagé chez des gens qui ont des congestions chroniques de la face, solidement bâtis, pléthoriques. Nous avons vu plus haut un cas chronique d’ulcères de jambe guéris par la remède. Cette circonstance est très fréquente chez les sujets pléthoriques, dont les ulcères sont environnés d’un halo très inflammatoire, avec des douleurs battantes. Belladonna, contrairement à ce que l’on peut trouver dans la littérature, convient à des états suppuratifs, y compris certains abcès (avant toutefois que la suppuration ne soit franche).

Les sujets Belladonna sont prompts à s’emporter, ils deviennent vite rouge sous le coup de la colère ; et alors le diagnostic différentiel reste Bryonia.

Souvent Belladonna sera suivi par Calcarea carbonica, une fois que l’on ne pourra plus obtenir de bien avec.

 

Un cas clinique

 

Le Dr Jean Claude Ravalard m’a relaté le cas suivant qui vous démontre à quel point sont erronées les idées de l’école française sur les limitations de Belladonna en cas de suppuration.

J’ai eu en partant un cas un peu étonnant: une femme est venue me voir pour son traitement de fond pour une anxiété? Des problèmes d’entente avec son mari… et elle me dit qu’elle avait mal à la gorge à droite, rien à l’examen clinique de notable, aucun symptôme fébrile, etc… mis
à part une petite tuméfaction sur la gencive au niveau d’une pré-molaire à droite.

Mal de gorge à droite également. Je donne Silicea 6CH… Deux jours après, résultat négatif. Par tél., une irradiation vers l’oreille droite: Phytolacca… 0+++, deux jours après, toujours par téléphone, (elle habite loin.. et ne veut pas voir de généraliste) beaucoup de salive, beaucoup
de mal à déglutir, toujours douleurs à droite, langue chargée: Merc. sol 12C, et elle vient finalement me revoir parce que Merc. n’a pas d’effet non plus…

Un peu fatiguée, ne mange quasiment plus, se contente de boire de l’eau avec des citrons dedans, il y a un véritable trismus, la langue est blanche, assez étalée, il y a manifestement un phlegmon de l’amygdale droite, des adénopathies sous-maxillaires douloureuses, j’hésite, je manifeste mon hésitation entre allopathie et homœopathie, elle refuse les ATB, je recherche et en prenant comme rubriques:

Généralités, Côté droit

Inflammation Phlegmon gorge

Visage Trismus

Désir de citronnade

2 remèdes Bell et Calc.

Je lui donne Bell 200 Kent, c’est tout ce que j’avais.. Le surlendemain, elle me rappelle, la voix est tout à fait différente au téléphone, pour me dire que cela va beaucoup mieux, et qu’elle a ressenti le mieux dès la deuxième prise de Belladonna…

 

Relations et comparaisons

 

Acon. [fièvre intense soudaine et inflammation]; Arn. [coqueluche]; Ars. [douleurs cancéreuses]; Bry. [rhumatisme < par le mouvement; dans la pneumonie et la pleurésie, Bell se
distingue de Bry en étant < allongé sur le côté douloureux alors que c’est
le contraire dans Bry]; Calc.; Cham.; Cic.; Coff.; Cupr.; Eup-pur. [diurèse et irritation vésicale, mais Eup-pur. présente plus d’hyperémie et
d’inflammation vésicale]; Gels.; Hep.; Hyos. [plus d’agitation et moins
de fièvre]; Lach. [congestions et pulsations; < vêtements autour du
cou]; Lil-t. [Lil-t. > par le mouvement alors que Bell est < par
le mouvement]; Merc.; Nux-v.; Op.; Puls.; Rhus-t.; Stram. [rage, possède
plus d’excitation sensorielle]; Ter.; Verat.; Glon.; Aml-n.; Ferr-p.; Meli.;
Verat-v.; Coloc.; Phos.; Atro.

Suit bien: Ars.; Cham.; Cupr.; Hep.; Lach.; Merc.;
Nit-ac.; Phos.

Bien suivie par: Cham.; Chin.; Con.; Dulc.; Hep.;
Hyos.; Lach.; Rhus-t.; Seneg.; Stram.; Valer.; Verat.

Complémentaire: Calc.; Bor.; Hep.; Merc.;
Nat-m.

Antidote de: Acon.; Arum-t.; Atro-s.; Chin.; Cupr.; Ferr.;
Hyos.; Jab.; Merc.; Op.; Plat.; Plb.;
empoisonnement par des saucisses avariée; huile de térébenthine.

Antidoté par: Camph.; Coff.; Hep.; Hyos.; Op.; Puls.; Sabad. [salivation]; le vin;acides
végétaux en trop grande quantité, infusion de thé vert, Coff., Hyos
.;
le café fort; Op.; Acon.

Incompatible: Acet-ac. [vinaigre].

A répéter fréquemment dans les affections aiguës.

 
 

Tags: , , ,

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour poster un commentaire.