L’exception médicale

Dans toutes les disciplines scientifiques comme la chimie ou la physique, l’étudiant forge ses connaissances grâce à l’étude assidue des travaux des pionniers et des grands chercheurs qui l’ont précédé. Il découvre les principes et les lois déduits par l’observation de la nature. Nul ne cherche –sous peine de ridicule– à les contester ou à les remettre en cause sans avoir derrière soi un sérieux bagage de connaissance.

C’est juste le contraire qui se passe habituellement en médecine, et surtout dans l’homéopathie : tout un chacun se proclame homéopathe et se sent autorisé à prescrire des petites billes blanches au bout de quelques week-ends de « formation. » Le niveau d’étude moyen, médiocre, pour ne pas dire balbutiant, nous semble incompatible avec l’éthique médicale quand on songe au nombre de patients qui se trouvent ainsi abusés alors qu’ils viennent chercher un secours que pourtant aucune autre thérapeutique ne pourra jamais leur apporter. Homéopathie mal apprise, mal comprise, et mal appliquée, pourquoi procurerait-elle les brillants résultats auxquels on est en droit de s’attendre si l’on voulait bien suivre les principes et les lois thérapeutiques au lieu de bricoler avec la santé d’autrui ?

Rendre à César…
L’homéopathie ayant été découverte par Samuel Hahnemann, la logique voudrait qu’on commence par étudier ses travaux, notamment son ouvrage princeps intitulé l’Organon. A travers six éditions successives, Hahnemann y collige le fruit de 55 années de recherche clinique et de réflexions réparties en quelques 300 aphorismes.

A ce stade de la discussion, on m’objectera que Hahnemann étant décédé en 1843, que pourrait nous apporter un livre aussi vieux sur la médecine, au vu des progrès titanesques du siècle écoulé ? La réponse tient dans le fait que la médecine actuelle, contrairement à toutes les autres sciences,  ne repose aucunement sur l’observance de lois déduites de l’expérimentation. La pompeuse Evidence Based Medicine –médecine basée sur des preuves– n’existe et ne se maintient que par une propagande tapageuse et frauduleuse.

La fraude organisée en guise de système médical
On aimerait plus de vérité et moins de « preuves » fabriquées sur mesure par les laboratoires. Mark Twain ne disait-il pas avec son humour génial qu’il existe trois niveaux de tromperie : le mensonge habituel, le sacré mensonge et la statistique. Humour britannique oblige, Churchill déclarait qu’il n’accordait de crédit qu’aux statistiques qu’il avait lui-même manipulées ! Nous ne contestons en rien ni la chirurgie, ni la biologie médicale, ni les moyens d’exploration comme l’IRM ou la radiologie, mais « seulement » la thérapeutique actuelle ! Si l’on peut se permettre de taxer de « seulement », l’art et la manière d’intoxiquer chroniquement et d’empoisonner la quasi-totalité de l’humanité…

Nous dénonçons la statistique, pilier du système, arme de manipulation massive, symbole du détournement et de la confiscation de l’esprit scientifique par une clique industrielle. En effet, au lieu d’admettre une fois pour toutes que le mécanisme de la maladie dépend exclusivement de susceptibilités propres à chaque individu, on affecte de croire –et on inculque aux jeunes médecins– que tout le monde puisse tomber malade à cause des mêmes facteurs et développer la même pathologie… à laquelle on peut appliquer les statistiques et la médecine de masse. Faut-il rappeler que la véritable science consiste à adapter nos mesures aux phénomènes observés et non pas à formater les phénomènes pour les faire cadrer avec nos outils !

Et depuis un siècle, la démarche thérapeutique reste la même, fût-elle nimbée d’une aura pseudo-scientifique à l’aide des statistiques : les réunions de consensus où les spécialistes se réunissent une fois l’an –de préférence dans de somptueux complexes hôteliers, aux frais des laboratoires– pour décider ce que sera la thérapeutique de l’année à venir. Cette décision sera finalement relayée à tous les médecins par les démarcheuses médicales dont le décolleté représente en somme ce qui existe de plus profond dans la médecine.

Ce tâtonnement clinique institutionnalisé que l’on appelle le « progrès » médical n’est donc rien d’autre qu’une mode que les médecins s’efforcent de suivre pour se sentir « à la pointe. » Année après année, on se moque des malades en leur faisant croire que la toute dernière découverte, « grand espoir » pour telle ou telle affection, leur apportera enfin la solution si ardemment attendue.

L’homéopathie: faire enfin de la médecine une science
L’homéopathie se situe à des années-lumière de ce chaos médiatiquement orchestré, et de ces egos boursouflés. Pour comprendre, prenez les Principia de Newton. Dans son ouvrage immortel publié en 1687, le savant décrit toutes les équations nécessaires encore aujourd’hui pour comprendre le mouvement des corps célestes, placer un satellite en orbite, ou poser une sonde à la surface de Titan. Vieux de plus de 3 siècles, le livre n’a jamais pris une seule ride. Pourquoi ? Parce qu’il décrit des lois, patiemment déduites de l’observation et qu’il n’y a aucune spéculation ni interprétation de la part du savant.

Ce que Newton a fait pour la physique, Hahnemann l’a réalisé pour la médecine. C’est pourquoi l’Organon n’a pas vieilli non plus. Ce qu’il décrit de la compréhension des phénomènes morbides restera éternellement vrai.

Et quel régal de se plonger dans cette lecture, où chaque mot est pesé, chaque tournure tellement logique et complète qu’il serait difficile de changer la moindre ponctuation de peur d’en altérer la profondeur du sens et d’en amoindrir la portée, à l’instar d’une partition de Mozart.

L’Organon, pilier de l’homéopathie
L’Organon ne se comporte pas comme un système fermé composé de règles rigides, c’est juste le contraire : chaque aphorisme représente le début d’un nouvel horizon de connaissance. Chaque nouvelle lecture nous propulse un peu plus haut, à la découverte de nouveaux sommets. Je confesse que le moindre passage de l’Organon me donne des frissons dans l’échine. Sans doute est-ce partiellement attribuable à une sensibilité exagérée, affûtée par l’entraînement à l’écoute des patients depuis trente ans. Et pourtant, il ne s’agit pas que de cela, et encore moins d’idolâtrie de ma part après avoir passé tant d’années à essayer de prendre Hahnemann en défaut. Non, ces frissons proviennent de l’émerveillement que l’on ressent en découvrant une réalité qui nous dépasse, devant cette beauté mathématique qu’Einstein attribue à la présence de Dieu.

Quelle merveille de constater qu’à chaque progrès dans notre compréhension de l’Organon, nous touchons à de nouveaux sommets dans la thérapeutique ! Et chacune de nos progressions nous éloigne toujours un peu plus des rivages de l’allopathie et de son arbitraire, pour nous rapprocher de la nature véritable des pathologies afin de mieux les percevoir et les détruire.

Arrêtons-nous un instant sur le verbe percevoir que nous employons ici, au lieu de comprendre qui serait plus habituel. Les tenants de l’ancienne médecine proclament continuellement qu’ils comprennent les pathologies, et diagrammes à l’appui, ils vous exposent de magnifiques théories censées vous expliquer pourquoi vous souffrez. Mais curieusement, jamais les résultats ne sont au rendez-vous : la montagne accouche toujours de la même ridicule petite souris.

L’Organon nous enseigne dès le Premier Aphorisme qu’il faut renoncer à l’approche réductionniste, qui ne fonctionne pas en médecine. Tous ceux qui s’acharnent dans cette voie courent après une illusion, en croyant naïvement « comprendre » ce qui se dérobe toujours –chaque nouvelle réponse suscitant cent nouvelles questions. Si le réductionnisme a porté des fruits dans les sciences du monde inerte c’est parce qu’on peut supposer que les atomes n’ont pas changé depuis la création de l’Univers, alors que les entités biologiques n’ont pas cessé d’évoluer depuis au moins 3 milliards d’années.

La médecine basée sur des faits et non plus des hypothèses
Par conséquent, le traitement classique basé sur des hypothèses réductionnistes –qui s’avèrent donc toujours fausses au bout d’un certain temps– peut d’autant moins être efficace qu’il ne vise qu’un seul symptôme tout en ignorant superbement la réalité clinique d’un patient qui produit une totalité de symptômes.

Paradoxalement, la médecine classique qui prétend traiter l’étiologie des maladies n’est finalement rien d’autre que symptomatique, alors que l’homéopathie qui se contente d’observer les symptômes, unique expression de l’intérieur invisible « désaccordé » procure la seule véritable guérison possible.

On pourrait s’amuser à dénombrer un grand nombre de paradoxes à mesure que l’on étudie l’homéopathie, le moindre n’étant pas que la médecine classique présente toujours aussi peu de résultats malgré le recours à des traitements de plus en plus onéreux, de plus en plus toxiques, tandis que l’homéopathie guérit pour un coût dérisoire à l’aide de médicaments que tout un chacun pourrait préparer lui-même. C’est probablement là qu’il faut chercher les raisons de la guerre incessante menée contre nous et qui va s’intensifier à mesure que plus rien ne pourra empêcher l’effondrement du système classique.

Pour prendre conscience de cette guerre à la fois idéologique, conceptuelle, financière et industrielle, aux enjeux incalculables, il faut réaliser que vraiment tout oppose l’ancienne conception médicale et la nouvelle. Notamment, dans une société basée sur l’image –et à vrai dire le voyeurisme– plus personne ou presque n’est entraîné à percevoir avec la pensée. Tout doit être mis immédiatement sous les yeux, et bien souvent, il n’existe plus de profondeur, ni de réflexion. Comment Hahnemann, avec la seule observation et la réflexion est parvenu à une telle perfection conceptuelle nous laisse encore béats d’étonnement aujourd’hui. Toute la nouvelle médecine repose sur la constatation que le monde matériel pesant, mesurable et inerte, est mis en mouvement par la force vitale.

Au terme d’un développement logique imparable conduit par Hahnemann dès les premiers aphorismes de l’Organon, nous sommes conduits à quitter une médecine issue de la pensée matérialiste pour découvrir que toute maladie ne repose que sur le désaccordement de l’énergie vitale.

Une révolution qui dérange les intérêts en place
Cette révolution conceptuelle a engendré dès les débuts de l’homéopathie une opposition féroce de la part des matérialistes, pour qui tout doit pouvoir être mesuré, palpé, soupesé, objectivé. On aimerait demander à l’un de ces messieurs de nous mesurer et nous produire des preuves de l’amour qu’ils portent à leur conjoint ou à leurs enfants. Cette présence d’amour existe pourtant, avec souvent une rare intensité ; est-elle mesurable pour autant ? Et si elle n’est pas mesurable peut-on la nier ?

Ainsi, on a facilement tourné en ridicule l’homéopathie et ses petites doses : l’ancienne médecine continue à prescrire le maximum supportable, tandis que l’homéopathie démontre qu’il faut traiter avec le minimum nécessaire. Trop révolutionnaire, et gênant trop d’intérêts, l’homéopathie est l’objet d’incessantes attaques de la part du lobby industriel. Il n’existe il est vrai que deux stratégies possibles pour tenter de discréditer l’homéopathie à travers les médias largement à la solde du système.

La première, très ancienne comme nous l’avons vu, consiste à tourner en ridicule l’usage des doses infinitésimales tout en persistant d’ignorer les études de plus en plus nombreuses qui montrent leur activité in vitro et in vivo. On réduit ainsi la discussion sur l’édifice homéopathique composé de 300 aphorismes à un seul détail : les dynamisations. Ce procédé classique dans la publicité ou la politique n’est autre que de la manipulation mentale basée sur trois points classiques : –la répétition du message –la focalisation sur une seule question –et l’abstraction du contexte. A son époque, Galilée dut faire face à de tels pseudo-arguments, brillants aux yeux des ignorants, mais parfaitement ineptes auprès des personnes cultivées : « si la terre tournait, les oiseaux voleraient plus vite vers l’est ! » Pour couper court à toute discussion il suffit par exemple de ne parler que d’une homéopathie où l’on ne prescrirait que des doses où il reste des traces matérielles comme 9 ou 12 c. Et ensuite ? Comment faire pour détruire tout le reste de l’immense Organon, tandis qu’il nous est si facile de souligner les inepties de la médecine classique ?

C’est le second axe de la guerre anti-homéopathie : empêcher une éducation correcte de l’homéopathie, favoriser la prolifération de nombreux homéopathes auto-proclamés, ridiculiser les incompétents, les illuminés, les farfelus, etc. Il est ainsi facile de montrer du doigt ces traitements prétendument homéopathiques aux résultats catastrophiques et réclamer l’interdiction d’une si funeste médecine ! Un des meilleurs exemples de réussite de cette stratégie se trouve aux USA où l’American Medical Association comportait pour second article dans sa constitution « l’éradication de l’homéopathie du sol des États Unis » Dès le début du XXème siècle, de plus en plus de praticiens médiocrement formés se sont dits homéopathes, par le seul fait qu’ils prescrivaient aussi des doses parmi d’autres traitements. Leurs échecs thérapeutiques retentissants ont été médiatisés. Sous le fallacieux prétexte des normes de sécurité, les industriels du pétrole ont fait fermer les 27 hôpitaux homéopathiques dont la mortalité était pourtant 10 fois moindre que celle des hôpitaux classiques. La transmission de la connaissance a été rompue, et l’homéopathie a bien failli disparaître.

Magna est veritas, et praevalebit !
Mais on dit en latin « Magna est veritas, et praevalebit ! » Une fois découverte, la vérité peut être retardée mais plus jamais étouffée. Aujourd’hui tout le monde constate l’échec de la thérapeutique classique et la dégradation du niveau de santé de toute la population (100.000 enfants autistes en France pour ne citer que cet exemple), et l’intérêt renaît pour l’homéopathie.

Nous devons intégrer les leçons du passé, lutter contre le chaos et faire en sorte que l’homéopathie soit correctement enseignée et donc clairement définie. En 1877, face aux mêmes périls, le Dr. Adolph Lippe –surnommé le Prince des prescripteurs– a publié une Déclaration des Principes Homéopathiques qui constitue aujourd’hui le pilier de notre site Planète Homéo.

La légitimité de notre discours et de notre enseignement découle ainsi uniquement de l’Organon et des autres travaux du Fondateur, que nous nous efforçons de comprendre et de pratiquer. Chacun est libre de penser à sa manière ou de traiter ses patients comme il l’entend, libre de suivre ou non les lois de la nature, mais dans ce cas nous demandons à ceux qui exercent cette liberté de bien vouloir reconnaître que l’homéopathie se définit selon des critères bien précis et dans ce cas ne pas appeler homéopathie leur pratique.

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